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Crédit d'impôt recherche : c'est moins ! - Armindo Dias, JournalAuto.com, 30 octobre 2014

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Mais oui, le CIR est bien une niche fiscale pour les grandes entreprises, même le portail du Journal pour l'automobile en convient : les grandes entreprises (plus de 5000 salairiés) bénéficient de 34% des sommes distribuées !

Sur le site JournalAuto.com

Le nombre de sociétés bénéficiant de ce dispositif a baissé, d'après les dernières données du Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MENESR).

Le Crédit d'Impôt Recherche est semble-t-il arrivé à maturité en 2012. En effet, sur cet exercice, moins d'entreprises en ont bénéficié et il y a eu une très légère hausse du montant total de l'enveloppe distribuée. D'après les dernières données de Ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, il y a eu 20400 entreprises déclarantes en 2012, contre 20800 en 2011, et le montant de l'enveloppe distribuée s'est élevé à 5,3 milliards d'euros en 2012, contre 5,2 milliards d'euros en 2011. Le profil des entreprises qui ont le plus bénéficié du dispositif n'a en revanche pas changé : les grandes entreprises (plus de 5000 salariés) ont représenté 0,6% du nombre de déclarants et 34% des sommes distribuées (33% en 2011).

Plus d'implication des directions financières

Autre phénomène important : l'implication toujours plus forte des directions financières dans les projets CIR. Et ici, c'est le cabinet de consulting Lowendalmasaï qui l'a constaté, via la 5e édition de son enquête annuelle sur le CIR ("Réalité et perception du CIR"). Il y apparaît que les pilotages de projets CIR ont été menés à hauteur de 47% par des directions financières en 2013, contre 19% en 2012. "Les raisons sont pour nous techniques et contextuelles, analyse Lowendalmasaï. Le CIR est techniquement une créance. Comptabilisée sur l‘exercice concerné, son risque porte sur les exercices extérieurs. Et le contexte est à l'incertitude sur ces créances, incitant à une grande prudence". Et avec raison.

Plus de contrôles avec des experts du fisc

L'étude du cabinet de consulting souligne aussi que les experts du fisc et du MENESR jouent un rôle croissant dans les contrôles. "Les contrôles du CIR sont lancés et menés de façon indépendante par le MENESR ou la DRTT à 19%", indique Florent Chapus, vice-président industrie et services de Lowendalmasaï. Les autres contrôles ont lieu dans le cadre d'une vérification générale de la comptabilité. L'issue de l'ensemble des contrôles d'après l'étude du cabinet de consulting ? Ils ont donné lieu dans 66% des cas à un redressement représentant moins de 5% du montant du CIR, soit à peu près les mêmes données qu'en 2013.

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C'est le pourcentage d'entreprises éligibles ne connaissant pas le Crédit d'Impôt Innovation, d'après l'étude de Lowendalmasaï. Complémentaire du CIR, le CII permet de bénéficier d'un crédit d'impôt à hauteur de 20% des montants investis avec un plafond de 80000 euros. Ce plafond correspond à un investissement en innovation éligible de 400000 euros.

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Éducation nationale : le casse-tête du recrutement - Caroline Beyer, Le Figaro, 30 octobre 2014

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Lire sur le site du Figaro

60.000 postes dans l'Éducation nationale. La promesse de François Hollande pendant la campagne de 2012. Une promesse qui a du plomb dans l'aile. Car le métier d'enseignant, à l'image dévalorisée, n'attire plus les étudiants.

Depuis le début du quinquennat Hollande, plus de 22.200 postes (1) ont été créés dans l'Éducation nationale. Quelque 9500 sont programmés au budget 2015. Il n'en restera donc « plus » que 22 300, les deux années suivantes, pour parvenir aux fameux 54.000 postes annoncés (2).

Mais, depuis 2012, l'éclatante promesse de campagne de François Hollande a du plomb dans l'aile. Dénoncés comme une « folie » et un choix purement « quantitatif » par la droite - laquelle avait fait le choix pendant le mandat de Nicolas Sarkozy de supprimer 80.000 postes, avec le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux -, ces créations de postes ont suscité des critiques au-delà des clivages traditionnels. « L'Éducation nationale ne souffre pas d'un manque de moyens ou d'un nombre trop faible d'enseignants, mais d'une utilisation défaillante des moyens existants », pointait avec fracas la Cour des comptes en mai 2013, soulignant que les professeurs pesaient lourd dans les comptes publics (17 % du budget de l'État en 2011). Entre autres propositions chocs, les magistrats de la rue Cambon proposaient d'annualiser les emplois du temps des enseignants, soumis jusqu'alors à une logique hebdomadaire.

Plus récemment, c'est le think tank Terra Nova, proche du PS, qui passait à l'attaque, critiquant le choix de consacrer la moitié de ces postes à la formation en alternance des enseignants stagiaires, au sein des nouvelles écoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) qui ont succédé en 2013 aux IUFM. « Sans efficacité sur l'amélioration de notre système éducatif, (ce choix) réduit considérablement les marges de manœuvre budgétaires », estimait Terra Nova, décrivant une formation continue « réduite à peau de chagrin ».

Pas de revalorisation salariale

À la rentrée dernière, les moyens supplémentaires dégagés ont été absorbés par cette réorganisation de la formation des enseignants ainsi que par la croissance démographique des élèves. L'amélioration des conditions de travail a été peu perceptible sur le terrain. Faute de revalorisation salariale - impossible en effet de créer des postes tout en augmentant les fonctionnaires - le métier souffre d'un manque d'attractivité et de reconnaissance sociale. L'Éducation nationale est confrontée à une véritable crise du recrutement, comme en témoignent les résultats aux concours 2014. Le concours de professeurs des écoles, pourtant épargné jusqu'alors, n'a pas fait le plein dans toutes les académies, notamment à Créteil. Cas particulier, mais préoccupant, la Seine-Saint-Denis a eu recours au recrutement de 300 contractuels lors de cette rentrée. Dans le second degré, plus de 12 % des postes n'ont pas été pourvus au Capes. Une proportion qui atteint 33 % en mathématiques. Peu étonnant au vu des carrières qui s'offrent aux titulaires d'un master en maths, autrement plus rémunératrices que « le plus beau métier du monde ». Un enseignant stagiaire débute, lui, à 1600 euros net. À la session 2014, des postes sont également restés vacants en lettres classiques (17 %). En 2015, le ministère a ouvert 25.000 postes aux concours. Puis, en 2016 et 2017, pas moins de 53.000 seront proposés. Feront-ils le plein ?

(1) Équivalent temps plein (ETP).
(2) Les 60.000 postes couvrent aussi l'enseignement supérieur et agricole.

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Geneviève Fioraso milite pour la fin des bourses au mérite - Pauline Chambonnet, DigiSchool, 30 octobre 2014

Sauvons l'université - fai 3 horas 21 min

Sciences Po n'est pas la seule institution à avoir sa saga en cette rentrée 2014 ! Les bourses au mérite sont elles aussi sujettes à bien des rebondissements depuis que le gouvernement a émis le souhait de les supprimer en 2013.

sur le site de DigiSchool

Les bourses au mérite ont été supprimées une première fois, face à la levée de bouclier le gouvernement avait annoncé la suppression pour 2014. La suppression a ainsi été effective à la dernière rentrée des classes mais voilà, le Conseil d'Etat en a décidé autrement en annulant la décision du gouvernement.

Trop peu d'effet pour une grosse dépense

Mardi 28 octobre, la secrétaire d'Etat en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche s'est exprimée sur le sujet devant l'Assemblée nationale en réponse à une interrogation d'un député. Pour Geneviève Fioraso, l'effet de levier espéré avec les bourses au mérite n'aura finalement pas été si bénéfique que prévu pour le nombre d'élèves ayant obtenu le Baccalauréat avec une mention très bien.

Si l'on attend toujours la décision finale suite à la suspension de la suppression des bourses au mérite par le Conseil d'Etat, le député UMP de Haute-Saône Alain Chrétien n'a pas hésité à marteler sa volonté de défendre la récompense de l'excellence.

Geneviève Fioraso a rappelé que si le nombre de mentions très bien a très largement augmenté, les élèves boursiers n'ont pas pour autant bénéficié du tremplin.

L'égalité des chances, dès le CP

« C'est dès le CP que se décide l'avenir scolaire d'un enfant. (…) Nous avons donc mis en place 60 000 postes pour aider les élèves dès les premières années d'école, quel que soit le territoire, quelle que soit la classe sociale, pour que chacun ait toutes les chances de réussir, à l'instar de ceux qui ont réussi leur baccalauréat avec la mention très bien. » a déclaré Geneviève Fioraso, exprimant ainsi sa volonté d'égalité des chances dès le plus jeune âge.

De plus, si les bourses au mérite ont été supprimées, le budget a été reporté sur les différentes couches sociales. Ainsi, l'allongement budgétaire sur les bourses devrait concerner 135 000 étudiants à hauteur de 1 000€ par mois.

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Sciences-Po Aix : le directeur tente d'étouffer le scandale - Louise Fessard et Jean-Marie Leforestier, Mediapart, 30 octobre 2014

Sauvons l'université - fai 3 horas 41 min

Accusé de « brader » un diplôme d'État via des « masters illégaux », le directeur de Sciences-Po Aix Christian Duval rencontre ce jeudi le ministère et ses pairs des autres IEP régionaux. Après notre première enquête, il a résilié 14 partenariats avec des organismes privés et a publié sur l'intranet des documents confirmant l'ampleur de ce marchandage tous azimuts.

Lire sur le site de Mediapart

Une centaine d'étudiants ont réclamé, mardi 28 octobre, le départ de Christian Duval, directeur de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, en allant scander sous ses fenêtres son mot d'ordre favori : « Rigueur, respect, responsabilité ». Depuis les révélations de Marsactu et Mediapart sur la politique de développement et d'externalisation des masters de Sciences-Po Aix, les interrogations sur sa gestion ne cessent de grandir.

Pour Christian Duval, qui dirige Sciences-Po Aix depuis 2006, le grand oral aura lieu ce jeudi 30 octobre à Paris. Il doit rencontrer Simone Bonnafous, la directrice générale de l'enseignement supérieur, avant de s'expliquer devant les directeurs des six autres IEP régionaux qui ont menacé d'exclure Aix du concours commun d'entrée en première année. À la veille de ce rendez-vous, Christian Duval a fini par admettre sur le site intranet de l'IEP l'ampleur des partenariats noués avec des organismes de formation privés, confirmant point par point nos informations.

Plusieurs documents internes ont été publiés in extremis mercredi soir sur cet espace numérique à destination des étudiants et du personnel, dont 14 lettres de résiliations de partenariat, pour certaines envoyées le jour même. Selon les chiffres ainsi dévoilés, c'est bien autour du master de management de l'information stratégique (MIS), décliné en de multiples parcours non soumis à habilitation, que s'est développé un système exponentiel de marchandage et de sous-traitance de diplômes d'État.

D'après le bilan social déjà en notre possession, le nombre d'étudiants inscrits en master 2 à l'IEP aurait plus que triplé entre la rentrée 2011 et 2013, passant de 174 à 618 étudiants. Cette progression fulgurante est essentiellement due à ce master MIS, jusqu'alors dirigé par Stéphane Boudrandi, un consultant nommé directeur adjoint de l'IEP en 2013 (il a depuis été rétrogradé).

Selon les chiffres dévoilés mercredi soir, sur 534 étudiants inscrits en 2013-2014 dans ce master, 389 ont en fait été formés « hors les murs » dans des organismes privés, dont les tarifs annuels peuvent grimper jusqu'à 23 700 euros (pour Wesford Université Genève). À lui seul, le groupe IGS, qui fédère plusieurs écoles privées, a commercialisé le label « Science-Po Aix » auprès de 316 étudiants en 2013-2014.

Lors de notre rencontre, le 19 septembre, Christian Duval, dont l'épouse est responsable administrative et financière de l'IEP, avait minimisé ces externalisations. Il préférait citer le nombre de diplômés en 2014 : « 200 étudiants extérieurs pour 280 étudiants en interne ».

Les documents publiés mercredi soir confirment également que la plupart des étudiants du master MIS n'ont jamais croisé un seul enseignant-chercheur de Sciences-Po Aix. Selon le détail des enseignements délivrés, seules 18 heures de cours ont été assurées par un universitaire “permanent” de l'IEP en 2013-2014. Et zéro en 2012-2013… Ce au mépris des exigences de l'université d'Aix-Marseille (AMU) qui délivre les diplômes de l'Institut. Une charte adoptée en octobre 2013 prévoit qu'a minima « 50 % des heures étudiantes seront assurés par des enseignants d'AMU dans le cadre de chaque année de formation délocalisée ».

Certaines lettres de résiliation concernent des partenariats dont le directeur de l'IEP niait jusqu'alors l'existence. Le 19 septembre, il nous avait par exemple assuré qu'il n'y avait jamais eu de convention avec l'université professionnelle d'Afrique (UPA), pas plus qu'avec un réseau d'écoles de management dépendant du groupe IGS, l'institut Masnaoui au Maroc ou encore avec la chambre de commerce de l'île Maurice.

Ces lettres de résiliation mettent également au jour des accords jusqu'ici méconnus avec la Chine, l'Arménie et une myriade d'organismes privés en France pour certains récemment créés. Le master MIS a été décliné à toutes les sauces, très loin de son habilitation et du cœur de métier de l'IEP. On découvre ainsi qu'un centre de formation privé parisien, l'EFE, commercialise ce diplôme avec le label « Sciences-Po Aix » sous le nom de « master en gestion fiscale de l'entreprise » (dirigé par Christian Duval lui-même selon sa plaquette). Véritable couteau suisse, le master MIS sert également à l'IEP pour diplômer des élèves de l'école des officiers de la gendarmerie nationale (EOGN) de Melun, après des cours de « correspondance », « renseignement », « gestion de crise », ou « commandement et exercice de l'autorité ». En interne, étudiants et personnels sont stupéfaits par l'ampleur du développement tous azimuts de l'institut.

Le directeur de Sciences-Po Aix a donc partiellement mis fin à la logique de mensonge et de dénégation dans laquelle il s'était enfermé depuis des semaines. À plusieurs reprises depuis fin septembre, les directeurs des autres IEP régionaux ont réclamé à Christian Duval des données aussi basiques que la liste des partenariats privés de l'Institut ou le nombre d'étudiants extérieurs inscrits en master, sans les obtenir. Dans un courrier du 23 octobre 2014, ils accusent par ailleurs Christian Duval d'avoir distillé des « informations erronées » en interne et auprès des médias.

Cette opacité a aussi fait capoter l'audit interne confié cet été à deux professeurs de l'IEP, le démissionnaire André Cartapanis et Guy Scoffoni, un soutien de Christian Duval. Les deux universitaires avaient listé les documents nécessaires. Le 30 septembre, ils ont déchanté quand il leur a été remis des cartons en pagaille avec des chemises numérotées mais pour beaucoup vides. Manquaient la plupart des pièces les plus importantes dont les conventions avec des organismes privés à l'étranger. Les deux enseignants-chercheurs ont alors refusé de poursuivre l'inspection qui a depuis été confiée au service d'audit interne de l'université d'Aix-Marseille.

Composée d'un inspecteur de l'éducation nationale, un chef de service d'audit d'université, une responsable du crédit municipal de Marseille et un ancien agent comptable d'université, c'est cette commission qui a finalement contraint Christian Duval à produire la documentation nécessaire. La pression interne a également joué son rôle au cours de plusieurs semaines marquées par les protestations des enseignants-chercheurs démissionnaires, puis d'anciens et d'actuels étudiants ainsi que des doctorants, dont le point d'orgue aura été la manifestation du 28 octobre.

Duval soutenu par Lagarde et Vallaud-Belkacem

Entre-temps, Christian Duval a trouvé des soutiens de poids, embarqués de fait aujourd'hui dans ses mensonges. En visite à Marseille le 28 octobre, la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem l'a plutôt encouragé. « Il y a un équilibre à trouver pour ne pas être trop tiré vers la privatisation. Mais le directeur de Sciences-Po Aix en a conscience et est en train de travailler sur le sujet, donc je lui laisse le temps d'y travailler pour rééquilibrer si besoin », a-t-elle déclaré en conférence de presse.

Christine Lagarde, qui préside le conseil d'administration de Sciences-Po Aix, a mis tout son poids de directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) dans la balance. Devant témoins, elle a apporté son soutien à Christian Duval le 23 octobre lors d'une visite dans ses locaux. Le vice-président Patrick Ollier, député-maire UMP de Rueil-Malmaison, est lui aussi monté au créneau, dans Le Monde, pour défendre Duval : « Le directeur a pris les décisions rapides et pertinentes qui s'imposaient », a-t-il affirmé le 11 octobre.

L'exercice soudain de transparence entrepris par Duval a ses limites. D'abord parce que l'accord avec les écoles du groupe IGS n'est pas encore tombé. C'est pourtant le plus gros avec 316 étudiants inscrits pour la seule année 2013-2014. Le courrier de résiliation envoyé par Christian Duval évoque un arrêt au 1er septembre 2015. Mais sa valeur pourrait bien être nulle. Faute d'avoir arrêté les frais avant le 27 septembre, date anniversaire de la convention, Christian Duval a selon les termes de celle-ci laissé se relancer un accord pour trois années supplémentaires, engageant l'IEP jusqu'en 2018 !

Le maintien du partenariat avec IGS n'a rien d'anodin puisqu'il s'agit en fait d'une convention à tiroirs, l'IGS regroupant de nombreuses écoles de management à travers toute la France. Le plus grand flou entoure ces partenariats. Leurs étudiants, laissés sans information, en sont les premières victimes. « Nous sommes 60 à avoir terminé notre formation, on est sur le marché de l'emploi mais nous n'avons reçu aucun diplôme, détaille un étudiant de l'ICD International School of Business, une des antennes de l'IGS. On ne nous dit rien. On a une carte d'étudiant de Sciences-Po, la formation en alternance a coûté à nos entreprises 11 000 euros dont 1 000 versés à Sciences-Po et on n'a aucune nouvelle. On est très inquiets. »

Certaines structures éconduites risquent fort de s'estimer lésées et de se retourner contre l'IEP. « Les rentrées ont lieu le 21 octobre prochain et concernent près de 80 stagiaires, a réagi le 13 octobre dans un communiqué le Cesi. Si, comme il est dit dans la presse, Sciences-Po Aix envisage de mettre un terme à ce partenariat, les conséquences seront extrêmement dommageables pour l'ensemble de ces stagiaires et leurs entreprises. » La menace de poursuites est à peine voilée. « Toute convention peut être arrêtée pour un motif d'intérêt général », veut rassurer Didier del Prête, maître de conférences en droit à Sciences-Po et avocat dans un cabinet aixois où le professeur de droit public Christian Duval intervient comme « consultant universitaire ».

Au fil de nos investigations, c'est un véritable « IEP bis » dénoncé en juillet dans sa lettre de démission par l'un des enseignants qui semble se dessiner. On découvre ainsi que l'IEP d'Aix avait prévu de créer un cursus complet en Chine sous la houlette de Stéphane Boudrandi. Aix s'accaparait au passage l'étiquette « Sciences-Po Chine » au nez et à la barbe des autres IEP. Ce qui a rendu leurs directeurs furieux. Ce partenariat « au delà de son intérêt financier sans doute indéniable porte en effet très directement atteinte aux démarches engagées par ailleurs de sécurisation de la marque commune et fragilise les discussions conduites dans ce cadre avec Sciences-Po Paris », écrivent-ils dans un courrier adressé le 23 octobre 2014 à Christian Duval.

Sur le papier, tel que présenté au conseil d'administration en avril 2014, le projet est ambitieux et semble plutôt valoriser l'institution aixoise : il est alors évoqué « un partenariat avec les plus grandes universités chinoises ». En coulisses pourtant, ce sont des organismes de formation privés qui sont à la manœuvre dont l'IEAM (Bac +3), une école de management créée par Jean-Marie Peretti, un professeur d'université partie prenante de nombreux partenariats déjà connus. Richard Delaye, cadre à l'IGS avec lequel Christian Duval avait juré lors de notre entretien ne plus travailler, opère lui aussi dans cette aventure asiatique.

Dans une lettre de mission visant à développer à Pékin des "doctorate in business administration" (DBA) à 43 000 euros l'année, Richard Delaye apparaît comme le représentant désigné de "Sciences-Po Chine". L'adresse de cette antenne, indiquée en bas du courrier, n'est autre que celle de l'IEAM, l'institut des études d'administration et de management basé à Paris. Mais, s'il entretient sciemment la confusion avec un doctorat français et ses thèses consistantes, ce "DBA" en deux ans n'a que l'apparence d'un diplôme d'État.

Sur son site (aujourd'hui inaccessible), le centre de formation en intelligence économique et sociale de Sciences-Po Aix, créé par Stéphane Boudrandi, l'admettait lui-même en 2008 : « Le label britannique AMBA (Association of MBA's) est un label qui concerne les Doctorates in Business Administration (DBA), il évalue les programmes selon des critères précis de qualité pédagogique et de gouvernance. (...) Ces labels n'ont aucune valeur officielle. Ce sont des accréditations accordées par des organisations non-gouvernementales et indépendantes dont l'unique but est de valoriser les écoles de commerce et les programmes qui répondent à des critères de qualité bien définis. » À la manœuvre en Chine, Delaye est également présent dans de nombreux partenariats à l'étranger de l'IEP, de l'université professionnelle d'Afrique à Kinshasa dont il est le doyen, au groupe IGS où il dirige la recherche.

Le site Internet de l'IEP nettoyé

On peut s'interroger sur la manière dont cet IEP parallèle a pu prospérer aussi longtemps. L'enseignante-chercheuse en charge du master MIS à sa création, avec qui nous nous sommes entretenus, dit avoir été écartée après s'être étonnée d'inscriptions parallèles dans sa formation.

En interne, de nombreuses questions restent en suspens. Elles visent notamment la considérable enveloppe de primes (passée de 234 000 à 296 000 euros en 2013), la multiplication récente d'embauches et l'augmentation de certains frais. Les doutes concernent la sincérité de Christian Duval dont les versions n'ont cessé d'évoluer. Avant l'audit d'AMU, un toilettage a ainsi été effectué sur le site de l'IEP. Plusieurs plaquettes des masters de l'IEP dirigés par des non-universitaires ont été modifiées dans la nuit du 22 au 23 octobre. Le nom de Stéphane Boudrandi, jusqu'alors responsable du master MIS, a ainsi disparu de la plaquette du master star de l'IEP pour être remplacé par celui de Christian Duval. Voici la version avant et après..

Lors de notre rencontre, Christian Duval nous avait affirmé que le responsable scientifique du master était Pierre Dantin, un professeur de la faculté de sports de l'université Aix-Marseille. Ce dernier avait démenti. Dans les documents remis à la commission d'audit d'AMU, la direction de l'IEP sort de son chapeau une troisième version. Le master serait coordonné « gratuitement » depuis 2012 par un « maître de conférences en sciences de gestion, titulaire d'une habilitation à diriger les recherches, et chercheur publiant au centre d'études et de recherche en gestion d'Aix-Marseille » qui a fondé en 2009 « l'observatoire des pratiques et usages d'intelligence économique dans les administrations et les entreprises françaises ». Le document ne cite aucun nom, mais il s'agit vraisemblablement de Serge Amabile. Ce maître de conférences a publié plusieurs articles scientifiques avec Stéphane Boudrandi.

Au cours de cette grande révision, Sciences-Po Aix a publié un nouvel organigramme où Stéphane Boudrandi n'occupe plus ni les fonctions de directeur adjoint, ni celles de directeur du développement. Mais il apparaît toujours comme responsable du master en management de l'information stratégique...

Ce nettoyage du réseau n'efface pourtant pas la réalité des dérives. Dans son courrier aux étudiants publié sur l'intranet mercredi soir, Christian Duval écarte sa propre démission. « Nous avons des partenaires puissants et attentifs et de hautes personnalités ont le souci de notre devenir, justifie-t-il. Il serait trop simple et injuste de balayer ce que nous avons construit ensemble, dont une large partie n'est pas en cause dans les événements récents. Il est de ma responsabilité de préserver les intérêts de l'IEP et je ne peux quitter ce navire à l'heure actuelle car je n'imagine pas l'IEP placé sous tutelle. Elle porterait atteinte à sa réputation et laisserait, pour de longs mois, notre institution dans l'incertitude et nos diplômes interrogés. Ma trajectoire, mes combats, mes engagements s'y refusent. »

Son entourage s'attache à minimiser son rôle. « Il est paumé, sur les rotules. Il a été dépassé parce qu'il n'a su dire non à personne », assure son directeur de la communication, l'ex-journaliste Hervé Nédélec, qui nous a soigneusement tenus à l'écart d'une conférence de presse de Christian Duval, ce 28 octobre.

L'argumentaire suffira-t-il à convaincre le ministère et les autres patrons d'IEP ce jeudi ? Au-delà de la responsabilité du directeur de l'IEP, qui avait été alerté sur la prolifération de ces partenariats, pourquoi aucun des garde-fous n'a-t-il fonctionné ? Le conseil d'administration et sa présidente Christine Lagarde n'ont-ils pas fait preuve de négligence ? Pourquoi l'université d'Aix-Marseille, seule entité habilitée à délivrer des diplômes – un droit délégué à l'IEP –, ne s'est-elle pas inquiétée de leur soudaine démultiplication ? Le prochain rapport de la Cour des comptes, qui examine la gestion de l'IEP depuis plusieurs mois, pourrait apporter quelques réponses.

Mediapart a mené cette enquête en partenariat avec le site d'information marseillais Marsactu (Jean-Marie Leforestier est journaliste à Marsactu)

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Italia: Atenei in rivolta - Xov, 30/10/2014 - 19:15
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Students Support Kobane!

Beth Redmond, NCAFC National Committee

Student and youth activists will be taking part in the London rally in support of Kobane and Kurdistan on 1 November – to show our support for democratic and left forces, including student and youth movements, in the region fighting ISIS.

We also want to show solidarity with the thousands of students and school students in Turkey who have taken action, against their own government, to support the Kurdish struggle.

The struggle is one of international significance from a feminist’s perspective; whilst fighting for basic and fundamental human rights for women, such as not being sold as objects into slavery, the people on the battlefield at the forefront of the fighting are inspiring women.

They need our support. It is a crying shame how little solidarity the British left is showing the Kurdish people, but we can begin to change that this Saturday.

Please meet us 2pm (1 November) in Trafalgar Square, by the bottom of the steps in front of the National Gallery. Look out for the National Campaign Against Fees and Cuts banner.

For more information, ring 07891 714 146 or email bethredmond93@gmail.com

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The SWP, the Socialist Party & the Free Education Demo

Concerns have been raised with us about the involvement of the Socialist Workers Party (SWP) and Socialist Party (SP) in the organising of the Free Education Demonstration. We want to be clear that neither organisation has substantially contributed to the organisation of the demonstration. Moreover, NCAFC would strongly oppose inviting representatives of either organisation to speak at the demonstration rally or on a panel at any event leading up to the demo, although we are not currently aware of any such proposals. If participants in organising meetings for the demo promote misogyny or rape apologism, we would challenge them, and ultimately we would ask them to leave.

There are many people new to student activism who have no idea why many have severe disagreements with the SWP, and we urge you to read the links below which detail what has happened within their organisation. These people include new members or associates of the SWP: if this is you, we urge you to read about what has happened and speak to others outside the group, and we hope that you will then choose to join us in challenging the SWP’s behaviour. We also note that, though most have left by now, there are some members who stayed in the SWP to fight for transparency and womens’ rights.

NCAFC members will continue to challenge members of the SP and the SWP for their organisations’ terrible track records with respect to sexism and abuse.

For more information about the two organisations please see below.

Information on events within the SWP:

Information on events within the SP:

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Revue de presse du jeudi 30 octobre 2014

Cahiers Pédagogiques - Xov, 30/10/2014 - 18:32

Une revue sans doute un peu longue aujourd'hui en période de vacance basée sur une récolte sur quelques jours, l'actualité est un peu courte, mais il y a tout de même quelques petites choses pas inintéressantes qu'il serait dommage de rater.

Politique

5+5 Éducation : discours d'ouverture de Najat Vallaud-Belkacem, mardi 28 octobre 2014. “La réunion "5+5 Éducation" réunit les ministres en charge de ces dossiers représentant les cinq États de l'Union du Maghreb Arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq États de l'Union européenne (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal).” Le journal marocain Au fait, en rend compte : Euro-Méditerranée : Vers un plan d'action pour l'employabilité des jeunes. “Ledit plan s'articule autour de trois objectifs : le développement de la qualité et l'attractivité de l'enseignement et de la formation professionnelle, l'accès égal aux formations professionnelles pour les filles et les garçons et la réduction du décrochage des jeunes en formation initiale. Il vise aussi à sécuriser et rendre plus fluides les parcours de formation par le soutien à la mobilité des jeunes, la comparabilité des systèmes nationaux et l'instauration d'une démarche partagée d'assurance qualité.
Pour la mise en œuvre de ces actions, les ministres ont décidé de créer un groupe de suivi, composé d'experts des 10 pays, chargé de mettre en place ces recommandations. Il aura pour première mission de proposer une stratégie, d'élaborer un calendrier et d'identifier les moyens nécessaires à la mise en œuvre du plan d'action.
Ils ont également confié à ce groupe de suivi l'identification et la mobilisation d'entreprises des deux rives de la Méditerranée qui constitueront un réseau étroitement associé à ses travaux.

Pendant ce temps, François Bayrou déclare, entre autre qu' "Un tiers des enfants ne savent pas lire", ce qui donne l'occasion à Antoine Krempf dans son émission Le vrai du faux de faire le tri. Donc, “C'est donc plutôt vrai si l'on parle des élèves en début de CE2.” Mais “Pas de lien entre montant du budget et réussite scolaire. Par contre, François Bayrou a tort de lier ces mauvais résultats au budget de l'Education, qui représente le premier poste de dépenses dans le prochain budget de l'Etat. Pour, Eric Charbonnier, expert sur les questions d'éducation à l'OCDE, "la Finlande et la France dont l'investissement est à peu près similaire et pourtant les jeunes Finlandais s'en sortent beaucoup mieux. On se rend compte que le pays a beaucoup plus misé sur une formation de qualité des enseignants que la Farnce".
La Belgique qui dépense une part plus importante de son PIB dans l'Education que la France a, au contraire de moins bon résultats. Les élèves irlandais ont une meilleure maîtrise que les jeunes Français alors que Dublin consacre moins d'argent public dans leur éducation.
Et puis, sur le blog Profencampagne, Christophe Chartreux fait la liste des “non”. aux réformes, et conclue A force de dire toujours non à tout, on n'a que l'Ecole qu'on mérite...

Ortografe

L'affaire de la startup Kartable. Une présentation du Buzz et contre-buzz tout d'abord : “La fin de l'année et la rentrée 2014 passent. Le 28 octobre 2014, c'est à FrenchWeb que les deux entrepreneurs révèlent, en exclusivité disent-ils, leur nouveau grand succès : la levée d'1,2 million d'euros auprès de Bpifrance, du fonds Partech Ventures et de différents business angels.
L'article, qui rappelle les « succès » de Digischool en France, revient sur l'histoire de Kartable et précise la raison de la levée de fonds : recruter « 8 développeurs » pour développer ce qui est aujourd'hui la tarte à la crème et la grande promesse de ces plateformes : « la personnalisation des parcours d'apprentissage ». En ce qui concerne la monétisation, « le modèle économique reste à définir précisément » : ils réfléchissent à « une version freemium avec des services complémentaires payants », sont « en contact avec Samsung pour monétiser l'audience » ; prévoient de poursuivre « leurs discussions avec les représentants académiques de l'Éducation nationale » et de « se financer en démarchant des chefs d'établissements scolaires ».

Ce qui a mis très en colère notre amie Mila Saint Anne sur son blog C'est au pied du mur... : Mordioux les gougnafiers !

Ouest-France de son côté s'indignait : Éducation. Kartable.fr propose des cours en ligne… avec des fautes !
Savoirs & Connaissance s'interroge et répond Kartable : une encyclopédie scolaire mais pour quoi faire ? Le numérique ouvre la porte à de nombreuses sociétés qui lorgnent sur l'énorme gâteau que constitue l'Education nationale.. “Avec l'arrivée du numérique dans les écoles, depuis maintenant déjà plusieurs décennies, les sociétés privées font la queue à la porte d'entrée du ministère de l'Education nationale. Il faut dire que les budgets mis en œuvre sont faramineux et aiguisent sans cesse l'appétit de nouvelles firmes. Et quand on n'arrive pas à passer par la grande porte, on essaie de taper à celles des académies ou, encore plus bas, en démarchant chaque établissement scolaire.
Heureusement : Orthographe : faut-il évaluer l'orthographe dans l'enseignement supérieur ?. "La chasse au zéro pointé - Pour lutter contre le zéro pointé en orthographe, grandes écoles ont multiplié les initiatives.
Afin de faire progresser leurs étudiants en grammaire et conjugaison sur ordinateur, ils ont recours à des logiciels baptisés Projet Voltaire ou Orthodidacte."

De leur côté, Les facs s'attaquent aux fautes d'orthographe. “C'est un constat unanime : trop d'étudiants sont fâchés avec l'orthographe et, plus globalement, avec le français.

Numérique

Le 28 octobre on apprenait que Sous la pression, le prof d'histoire-géo efface son blog. Sa critique du numérique à l'école lui a valu un rappel à l'ordre. “C'est un hara-kiri virtuel. Depuis trois jours, Ghislain Dominé n'existe plus sur Internet. Ce professeur d'histoire-géographie de Tourcoing (Nord), spécialiste reconnu du numérique à l'école, a supprimé son compte Twitter et jeté aux oubliettes le journal...
L'Information est reprise par l'Express Un prof supprime son blog sous la pression du rectorat.
Et Véronique Soulé dans Libération écrit : Numérique : les profs priés de ne pas critiquer. Elle termine son article ainsi : “Pour justifier la menace d'un blâme, le rectorat aurait évoqué un manquement au « devoir de réserve » du fonctionnaire, une notion assez floue qui prête régulièrement à discussion. Le ministère de l'Education semblait mardi chercher l'apaisement. Il faut dire que jeudi, la ministre Najat Vallaud-Belkacem et François Hollande ont rendez-vous pour parler numérique à l'école…
Claude Lelièvre élargit le débat avec la question : Le numérique : "une illusion technologique'' à condamner ?. “... on se trouve sans doute dans une sorte de cercle vicieux : pour que l'utilisation de la nouvelle technologie porte vraiment ses fruits (et suscite donc une émulation et une extension généralisée), il faut une autre organisation de l'enseignement qui repose actuellement sur la formule dominante suivante : un enseignant dans une classe, les élèves recevant l'enseignement simultanément. Mais on attend aussi précisément de cette introduction des NTIC qu'elles imposent d'elles-mêmes cette révolution de l'organisation de l'enseignement…
Michèle Drechsler a twitté sa position de novembre 2013 parue dans le Café pédagogique La tablette fait son entrée à l'école ... Une frénésie justifiée ?
: “« la technologie mobile n'est pas et ne sera jamais la panacée éducative. Mais elle est un outil puissant et encore trop souvent ignoré, un outil parmi d'autres pour l'éducation ». Les potentialités pédagogiques ne tiennent pas uniquement dans une tablette mais dans la façon dont on s'en sert. La place et le rôle du maître restent essentiels. L'accompagnement des équipes est nécessaire et les inspecteurs jouent un rôle important avec les équipes de formateurs. Les usages de ces outils numériques peuvent se construire collectivement par une communauté d'enseignants qui peuvent partager leurs observations, leurs réussites et comme disait Jean-Pierre Astolfi : « Il faut encourager et capitaliser toutes les tentatives, même modestes, pour accompagner un changement de paradigme didactique qui se cherche encore ».
Et Jean-Rémi Girard, Secrétaire national à la pédagogie du SNALC-FGAF. interroge Prof censuré par l'Education nationale : peut-on encore être contre le numérique à l'école. ?. “La solution est pourtant simple : la demande doit partir des enseignants. Si un professeur de géographie a besoin d'un vidéoprojecteur ou d'un tableau interactif pour travailler sur des cartes, qu'on les lui installe, qu'on le forme sérieusement à leur utilisation et qu'on assure la maintenance. Ce n'est pas plus compliqué que ça, mais forcément, c'est moins séduisant question « communication ». Il est temps que l'État se rende compte qu'il jette de l'argent par les fenêtres. En 1985 (déjà !), le plan « informatique pour tous » avait coûté 1,8 milliard de francs, pour une splendide absence de résultat. Veut-on vraiment que l'histoire se répète ?” Y suffit de ... A si le monde était simple.

Pédagogie

La « logique curriculaire » peut faire beaucoup pour l'Education nationale, mais il lui faut un autre nom, d'après Louise Tourret. Elle rappelle que “Roger-François Gauthier, lui même membre du Conseil supérieur des programmes, dans son dernier ouvrage, Ce que l'école devrait enseigner, fait une bonne synthèse de ces critiques.” chaque discipline créé “son” programme, l'enseignement du programme prévaut sur l'apprentissage de l'élève, et enfin, le contenu précis des programmes est régulièrement contesté.
“De plus il y a une difficulté à faire cohabiter deux logiques. Les spécialistes, les enseignants et même des personnalités ayant exercé de grandes responsabilités rue de Grenelle l'affirment sous couvert d'anonymat : pour tout un tas de raisons qui ont trait au conservatisme, à la peur, à la cogestion de l'Education nationale avec les syndicats, aux doubles discours de l'institution qui prône à la fois le changement et la continuité, le socle est venu se superposer aux programmes, sans les remplacer. “
“Sur le blog Eduveille Olivier Rey, responsable de l'unité Veille et Analyses de l'Institut français de l'Éducation, explique :
« Dans de nombreux pays, pourtant, le “curriculum” est un concept familier aux décideurs et aux acteurs de l'éducation, qui peut servir à qualifier les contenus, mais aussi les objectifs de l'éducation, les modes d'évaluation ou encore l'articulation des différents modes d'enseignement.​ »

Education

Plus vous vivez dans une société inégalitaire, moins vos parents vous laissent développer votre imagination, et inversement (sauf en France). “D'après une étude menée par deux chercheurs, Matthias Doepke (Northwestern University, Etats-Unis) et Fabrizio Zilibotti (University of Zurich, Suisse), rapportée par le Washington Post, il existerait une corrélation entre l'attitude parentale vis-à-vis de leurs enfants et la société dans laquelle ceux-ci vivent. Plus vous vivez dans une société inégalitaire, plus vos parents ont de chance d'être stricts. L'inverse est aussi vrai. Sauf en France.
La France demeure un mystère. Pour expliquer le décalage mis en relief par leur étude, les chercheurs lancent une autre piste :
« L'apprentissage dans les écoles française est vertical et l'accès à l'élite nationale par le biais des grandes écoles est extrêmement restrictif. C'est pour cela que les parents valorisent le travail au détriment de l'indépendance et de l'imagination, et ce même si les inégalités y sont faibles. »

ÉDUCATION Sorties scolaires Sorties scolaires : pas d'interdit pour les mères voilées. “Auditionnée par l'Observatoire de la laïcité le 21 octobre dernier, la nouvelle locataire de la rue de Grenelle a renversé les règles en estimant que « les mamans ne sont pas soumises à la neutralité religieuse. L'acceptation de leur présence aux sorties scolaires doit être la règle et le refus l'exception », a-t-elle affirmé. Une nouvelle vision de la laïcité à l'Éducation nationale qui privilégierait désormais le cas par cas.
L'éducation sexiste ne passera pas par elles ! par Samuel Loutaty. “Les petits garçons en bleu que l'on pousse à devenir pilotes d'avion et les petites filles en rose qui apprennent le repassage, ces mamans d'aujourd'hui n'en veulent plus ! Elles le disent haut et fort

Dernière

Le Monde annonce ce soir que L'opposante aux « ABCD de l'égalité » Farida Belghoul sanctionnée par l'éducation nationale. “L'enseignante Farida Belghoul, fer de lance des appels au boycott de l'école contre la supposée « théorie du genre », a été sanctionnée d'un blâme pour avoir notamment critiqué la ministre de l'éducation, a annoncé jeudi 30 octobre le rectorat de Versailles. Mme Belghoul peut contester cette sanction devant le tribunal administratif.

Et si vous êtes arrivée jusqu'ic, je peux vous souhaiter la belle soirée.
Bernard Desclaux

Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre par la coopération
N° 505 coordonné par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba
mai 2013
"Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l'aventure, dépasser les embuches."

http:/www.cahiers-pedagogiques.com/Les-portraits-de-Monique-Royer" class='spip_out'>Les portraits de Monique Royer
Hors-série numérique 35

"Ils enseignent en classe d'accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d'établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d'enseignants et d'acteurs de l'école que l'on découvre dans ce dossier"

et surtout pour se remonter le moral en ces temps moroses...

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Quelques ouvrages ou documents

Cahiers Pédagogiques - Xov, 30/10/2014 - 16:51
Quelques ouvrages ou documents en ligne de référence
  • Réussir l'école du socle en faisant dialoguer et coopérer les disciplines, Francis Blanquart et Céline Walkowiak. ESF éditeur, collection Pédagogies, 2013. Commander cet ouvrage Dans cet ouvrage, deux des coordonnateurs du présent dossier nous présentent ce que peut être une « pédagogie du socle commun ». Dans sa préface, Nathalie Mons souligne l'intérêt d'un livre qui part d'un ensemble de pratiques effectives, qui repose sur « un travail en équipe interdisciplinaire des professeurs, l'organisation d'activités diversifiées et mobilisatrices pour les élèves » et qui « associe le développement de la créativité des enseignants et celui de l'autonomie des apprenants. »
  • Réussir le passage de l'école au collège, Denis Demarcy et Jean-Michel Zakhartchouk, CRDP et CRAP, Repères pour agir, 210 pages, 2007. Voir sur notre site Coordonné par deux acteurs de terrain, en primaire et en collège, l'ouvrage présente de nombreux exemples, dans pratiquement toutes les disciplines, et hors cadre disciplinaire, de pratiques de liaisons, de réflexions communes sur les continuités nécessaires et les ruptures inévitables – et salutaires lorsqu'elles sont bien préparées.
  • Devenir collégien, Olivier Cousin et Georges Felouzis, ESF éditeur, 2001. Cet ouvrage est le résultat d'une étude sociologique faite en 1998-1999 dans trois collèges réputés « difficiles » après entretien avec une trentaine d'élèves de 6e en début et en fin d'année scolaire. Ces « enfants » du primaire devront rapidement s'adapter et apprivoiser un nouveau milieu qui va les faire accéder au statut d'élève et d'adolescent. Le collège est perçu à travers le regard des élèves, comme un monde très réglementé, rationalisé, avec un personnel qui va changer les relations adultes-enfants. Les difficultés naissent le plus souvent dans l'opposition entre l'attitude scolaire face au travail demandé (qui manque parfois de consigne claire), et l'attitude juvénile qui entraîne le groupe (plus encore que l'individu) vers une réaction plus ou moins violente face au règlement. Le jeune collégien est tiraillé entre les plaisirs de l'enfance (les jeux l'affectif) et la construction de sa personnalité adolescente avec une pression souvent forte du « groupe ».
  • Note de la Fondation Terra Nova sur l'école commune voir aussi : http://www.cahiers-pedagogiques.com/Une-ecole-commune-contre-les-inegalites Le rapport « Pour une école commune, du cours préparatoire à la troisième : un pas supplémentaire vers la démocratisation » a été coordonné par Jean-Pierre Obin et Claire Krepper. Il s'agit du résultat des travaux d'un groupe de travail, et la note est également signée par Caroline Veltcheff, Gilles Langlois, Roger-François Gauthier, Julien Maraval et Jean-Michel Zakhartchouk. Un pas de plus pour la lente avancée du socle commun notamment. « Notre projet d'école commune vise un objectif profondément républicain : faire réussir les élèves qui aujourd'hui échouent dans leur scolarité obligatoire et qui sont presque exclusivement, en France, issus des classes sociales défavorisées, tout en assurant le progrès de tous et la promotion d'une élite plus nombreuse car plus large et de meilleur niveau. »
  • Cahiers pédagogiques, n°475, septembre 2009 Ce dossier regroupe des points de vue et des propositions : comment préparer les élèves en amont ? Comment bien les accueillir le premier jour, les premiers mois ? Comment les aider tous à entrer de façon positive dans des apprentissages nouveaux, dans une culture scolaire trop peu familière ? Quelles pistes pour que le franchissement de cette césure majeure du système éducatif ne provoque plus une rupture dans le parcours scolaire de trop d'élèves ?
  • Les PPRE, nouveau visage de l'aide individualisée Un dossier numérique coordonné par Raoul Pantanella et Jean-Michel Zakhartchouk. Les PPRE peuvent permettre de réactiver de vieilles idées d'une pédagogie toujours nouvelle : engagements réciproques entre élèves et enseignants, travail collectif qui fait fi des barrières entre enseignement et éducation, collaboration étroite avec les familles, centration sur des compétences à faire acquérir, utilisation d'outils comme les livrets de compétence, une évaluation plus formative, mise en place du tutorat. Et bien sûr favoriser la continuité des apprentissages de l'école au collège.
  • Conscience disciplinaire, les représentations des disciplines, Yves Reuter , Dominique Lahanier-Reuter, Cora Cohen-Azria, Presses universitaires Rennes, 2013. L'équipe Théodile de l'Université de Lille 3 a mené des recherches sur 13 classes d'école primaire de la région Nord-Pas-de-Calais, dont deux classes Freinet. Les chercheurs de l'équipe ont interrogé élèves et maîtres sur les représentations que ceux-ci se faisaient des différentes disciplines. Trois disciplines font l'objet d'une analyse approfondie : le français, les mathématiques et les sciences. Les études montent que les représentations des élèves sont à induites à la fois par les paroles et les gestes du maître, mais également par les organisations temporelles et spatiales des matières dans la classe. Ce que montrent également ces travaux, c'est que paradoxalement les consciences disciplinaires des élèves des classes Freinet, bien qu'issus de milieux défavorisés, sont similaires à celles des élèves des milieux favorisés et que c'est dans ces pédagogies où les matières scolaires semblent le moins établies dans leurs formes les plus classiques que les élèves repèrent le mieux leur continuité.
  • « Les réussites paradoxales en 6e », Revue Échanger, académie de Nantes, n°73. http://edition.crdp-nantes.fr Pourquoi telle école, où les enfants de milieux défavorisés sont aussi nombreux que dans telle autre, obtient-elle des résultats supérieurs ? Pourquoi telle autre obtient-elle des résultats équivalents à ceux d'écoles dont la population est nettement plus favorisée ? Une étude, faite dans l'academie de Nantes donne quelques réponses : dans les écoles davantage en réussite, « les enseignants élaborent une convergence d'attentes entre l'école et les familles, ils privilégient une mise en activité intelligente, parviennent à généraliser la verbalisation dans toutes les disciplines, donnent du sens aux apprentissages. Ils prouvent par là même que si les statistiques sont tenaces, elles ne sont pas une fatalité. »
Sur la librairie

Vers l'école du socle commun
La loi de la refondation a réaffirmé le socle commun. Ce dossier veut mutualiser les expériences et réflexions menées sur le terrain. Nous touchons là à un rôle fondamental de l'école : Que s'agit-il d'enseigner ? Dans quel objectif ? Qui pour le faire, dans quel cadre ? Dès maintenant, des réponses…

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Le courage de la vérité dans les usages de l'histoire (XVIe-XVIIIe s.)

Fabula - Xov, 30/10/2014 - 16:30
Le courage de la vérité dans les usages de l’histoire à l’époque moderne(XVI e-XVIII e siècles)Journée d’étude organisée par Karine Abiven (Équipe Sens-Texte-Informatique-Histoire, EA 4509 – Université Paris-Sorbonne) et Arnaud Welfringer (Équipe Littérature, histoires, esthétique EA 7322 – Université Paris 8-Saint-Denis & Équipe Fabula),Journée d’études prévue le samedi 10 octobre 2015 La véracité du discours historique tient aujourd’hui pour nous avant tout à l’adéquation entre un énoncé et des faits attestés. Il n’en a pas toujours été ainsi. Nombre de mémorialistes et d’historiens d’Ancien Régime situent autant la véracité de leur discours dans leur énonciation, donnée comme «courage de la vérité», dans la filiation parfois explicite d’une notion antique redécouverte par M. Foucault [1] : la parrêsia , «liberté de parole» par laquelle se manifestent les qualités éthiques de franchise et de courage de l’énonciateur –qualités qui garantissent la vérité de son discours. Cette conception de la vérité comme produit d’une posture énonciative (celle d’un sujet qualifié pour dire le vrai) semble informer les formes d’écriture historique les plus diverses du XVI e au XVIII e siècle.Ainsi du président de Thou, qui place au frontispice de son Histoire universelle les figures allégoriques d’ Aletheia , la vérité, et de Parrêsia , la liberté de parole . Ainsi de Tallemant des Réaux qui, dans ses Historiettes , affirme «dire le bien et le mal s ans dissimuler la vérité […]d’autant plus librement que […] ce ne sont pas choses à mettre en lumière». Ou encore de Retz qui affirme sa «sincérité» en tête des Mémoires , comme un devoir à l’égard de sa destinataire et comme une vertu héroïque: on reconnaît là une qualité sociale qui s’inscrit dans l’histoire longue des reformulations et des réactualisations de la parrêsia (définie par Aristote pour en faire l’une des vertus du magnanime dans l’ Éthique à Nicomaque , et qui à ce titre, chez Retz, participe à la construction d’un èthos aristocrate). De telles stratégies de légitimation sont sans doute topiques ; elles n’en sont que plus révélatrices de la prégnance de cette conception de l’énonciation historique commune à l’époque moderne.La parrêsia pourrait ainsi constituer un modèle pour mieux comprendre les manières d’écrire l’histoire à cette époque. À côté du développement concomitant de l’histoire critique et scientifique, les procédures d’autorisation éthiques de la parole historique héritée de la parrêsia ne se sont-elles pas durablement perpétuées? Pour reprendre une opposition de M.Foucault, la «vérité-constat» à quoi se résume pour nous la vérité historique ne nous masque-t-elle pas la place considérable qu’occupe, sous l’Ancien Régime, une autre conception de la vérité, «vérité-épreuve», vérité qui s’éprouve et s’authentifie d’abord par l’ èthos parrésiastique de l’énonciateur [2] ?Nous proposons ainsi de repenser collectivement cette notion de parrêsia , non pas comme l’avatar d’une parole oblique ou masquée, mais en lui redonnant son sens de pacte de parole où la construction de l’image discursive de l’énonciateur est déterminante.Peut-on penser une parrêsia écrite?Alors que la parrêsia antique correspond surtout à une situation de communication orale et directe, ce modèle est-il entièrement pertinent dans le cadre de la communication différée que suppose l’écrit? Le mode de diffusion des textes donnés comme «parrésiastiques» n’est pas sans faire bouger cette pratique (par exemple dans les Mémoires, souvent limités dans leur diffusion ou destinés à une publication posthume): une parrêsia in absentia est-elle encore parrêsia ? La question se pose en particulier pour l’écriture de l’histoire du temps présent: prend-on des risques à écrire une vérité qu’on ne fait lire à personne,ou en tout cas pas aux intéressés ? Est-ce faire preuve de «liberté de parole» que de dire la vérité dans le secret de son cabinet ?L’écrit apporte une autre modification par rapport au modèle antique de la parrêsia ; si celui-ci reposait sur le face-à-face entre le parrésiaste et le prince, la publication ajoute un troisième personnage sur la scène de la véridiction: le public. Quel rôle ce public est-il appelé à jouer dans le jeu parrésiastique? Le public est a minima un témoin devant lequel et par lequel la véridiction est authentifiée; mais sa présence ne pourrait-elle pas aussi avoir force d’obligation sur le destinataire princeps – obligation d’entendre la vérité de l’histoire, obligation d’agir conformément aux leçons morales et politiques que recèle l’histoire?Peut-on penser une parrêsia rhétorique?Pour Foucault, le modèle originel de la parrêsia est extérieur à la rhétorique: c’est une parole qui vise le vrai, et non le vraisemblable; c’est une parole qui ne cherche pas d’abord à persuader. Les traités rhétoriques intègrent pourtant la figure de la franchise ou de la licence de parler – cela depuis l’Antiquité.D’où plusieurs interrogations: faut-il suivre Foucault quant à la caractérisation essentiellement anti-rhétorique de la parrêsia , est-il si évident que parrêsia et rhétorique s’excluent mutuellement? Si oui, quelle place pour un tel «dire-vrai» dans le régime discursif fondamentalement rhétorique de l’Ancien Régime? Par ailleurs, comment penser, dans le champ de l’histoire, une vérité qui, à la limite, n’est telle que par la qualité de celui qui l’énonce? Étudier la parrêsia dans le discours historique, c’est ainsi examiner les manières dont l’historien construit son ethos .Implication de l’historien et construction du savoirAlors que dans une conception de la vérité comme constat, la posture de l’historien se caractérise par un effacement énonciatif, la «vérité-épreuve» suppose une implication éthique. L’«historien» ne se contente pas d’affirmer une vérité d’adéquation entre son discours et les évènements: il s’engage dans l’énonciation de la vérité, donnée comme risquée et renvoyant à une qualité morale.Comment une énonciation à la première personne peut-elle servir à accréditer la vérité, non par une recherche d’objectivité mais, au contraire, par une implication subjective exhibée? Dans quelles conditions l’historien qui dit je peut-il prétendre au vrai? À moins qu’il ne faille poser le problème autrement: quelle conception de la vérité historique cette modalité du dire-vrai implique-t-elle? Quelle forme de savoirs cette implication de l’historien produit-elle?Ces questions traversent un ensemble de corpus possibles:- Les genres historiques : Les Mémoires et les nombreuses formes d’écrits mémorialistes de l’Ancien Régime ( Historiettes de Tallemant, Journal de ma vie de Bassompierre, etc.); l’historiographie «officielle»; la «grande histoire»(J.-A. de Thou); l’histoire apologétique (notamment Bossuet); différentes formes d’histoire «philosophique et politique» des Lumières (l’ Histoire des deux Indes , l’ Essai sur la vie de Sénèque de Diderot…);- Les différents «usages de l’histoire» dans d’autres genres : dans la prédication (le modèle de la parrêsia évangélique pouvant se manifester par l’emploi d’ exempla historiques, par des allusions à l’actualité ou à l’histoire récente); dans l’écriture du for privé (rapport à l’écriture de l’histoire dans un «livre de bonne foi» comme celui de Montaigne, etc.); dans les traités politiques (Guez de Balzac, Naudé, etc.); ou dans la philosophie (quelle relation entre la reconstitution a priori du passé humain à laquelle se livre Rousseau et la dramatisation parrésiastique de son énonciation?).- Les fictions à matière historique : nouvelles historiques (Saint-Réal, Mme de Lafayette, Du Plaisir, Catherine Bernard, etc.), polygraphie historique (histoires tragiques, histoire secrètes, histoires sanglantes)...: qu’en est-il du statut du narrateur lorsqu’il se définit dans ces textes comme «historien»?- Libelles, écrits polémiques, voire diffamants : la prétention à révéler une vérité déplaisante peut-elle se lire comme un jeu avec l’énonciation du parrésiaste? (par exemple dans les best-sellers de la littérature clandestine au XVIII e siècle que furent les Anecdotes sur Mme du Barry , le Gazetier Cuirassé , etc.)Les propositions de communication (environ 250 mots) sont à adresser àKarine Abiven et Arnaud Welfringer à l’adresse parresiaethistoire@gmail.com jusqu’au 1 er avril 2015.[1] M. Foucault, Le Gouvernement de soi et des autres. Cours au Collège de France 1982-1983 , éd. Frédéric Gros, Paris, Gallimard/Seuil/Hautes Études, 2008; Le Courage de la vérité. Cours au collège de France 1983-1984 , éd. F. Gros, Paris, Gallimard/Seuil/Hautes Études, 2009.[2] M. Foucault, «La Maison des fous» [1975], Dits et Écrits , Paris, Gallimard, 2001, t. I, p.1561-1566.
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L'apprentissage autonome

Cahiers Pédagogiques - Xov, 30/10/2014 - 15:52

La Cité des sciences et de l'industrie et education-authentique.org organisent une projection-débat sur le thème :

L'apprentissage autonome

Le samedi 22 novembre à 16h à la Cité des Sciences et de l'Industrie,30 avenue Corentin-Cariou - Paris XIXe, salle Jean Painlevé, niv.-2 de la Bibliothèque

Une projection pour explorer les champs des possibles en éducation suivi d'un échange pour confronter les pratiques et partager des expériences. En présence de l'une des protagonistes du documentaire, Déidre Bergeron, qui témoigne de cette forme d'éducation.

Accès gratuit, dans la limite des places disponibles

Contact : educ-parent@universcience.fr

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Learning a language 10 things you need to know

Guardian Unlimited: Education - Xov, 30/10/2014 - 15:00
Thinking about learning a foreign language? From ignoring your age to avoiding the F-word, our multilingual experts share their tips Continue reading...
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Calendrier

Sauvons l'université - Xov, 30/10/2014 - 15:00
  • 4 novembre à partir de 17:00 à l'occasion de la discussion du projet de loi de finances pour 2015 à l'Assemblée Nationale : Sciences en marche
  • Jeudi 6 novembre 2014, 17-21 heures : Première séance du séminaire « Politiques des sciences » EHESS
Les ‘Rebelles' de l'enseignement supérieur et de la recherche : Des initiatives contre la fatalitéJeudi 6 novembre 2014, 17-21 heures

EHESS, salle Maurice et Denys Lombard, 96 boulevard Raspail, Paris VIe

La séance de rentrée du séminaire Politiques des Sciences est consacrée à une évocation des initiatives qui ont fleuri ces derniers mois à l'initiative des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche afin de mettre en avant et de prendre à témoin les pouvoirs publics comme les citoyens des problèmes majeurs qui traversent le champ de la science et de la formation des jeunes générations. Ces problèmes sont le résultat de la politique qui est menée dans ce secteur depuis plusieurs années, sans que le changement de majorité n'ait conduit à une révision de ses fondamentaux. Développement de la précarité dans toutes les catégories de personnel, absence de perspectives pour les jeunes chercheurs, austérité effective pour les universités et les laboratoires, gaspillages de temps et d'argent, affaiblissement des collectifs résultant de la mise en concurrence généralisée, pilotage à court terme, gangrènent tout l'édifice de l'enseignement supérieur et de la recherche. Jusqu'à tout récemment, le découragement et la résignation semblaient l'emporter.
C'est dans ce contexte que sont nées un certain nombre d'initiatives, ayant souvent une origine quasi accidentelle, fruit d'un échange entre quelques collègues de la "base", qui a par la suite trouvé une forme et un écho au sein de la communauté scientifique avant de donner corps à une initiative collective en vue de porter sur la place publique un certain nombre de questions auxquelles le discours politique ambiant n'accordait aucune espèce d'attention.

Invités :
Sylvie Aprile, professeur d'histoire contemporaine, Lille 3, directrice de l'IRHiS (Lettre ouverte des Directeurs de Labo),
Sophie Duchesne, politiste, directrice de recherche au CNRS, membre de l'ISTP (Université de Nanterre), coordinatrice des instances du Comité national de la recherche scientifique (réunion plénière du CoNRS),
Pascale Laborier, Professeure de Science Politique à l'Université Paris Ouest Nanterre (pétition du printemps 2014 contre la reconduction de Fioraso au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)
Pascal Maillard, Professeur agrégé à l'Université de Strasbourg (Sciences en Marche),
pour évoquer la réalité de ces problèmes tels que les appréhendent les membres de la communauté scientifique.

Modérateurs : Isabelle Backouche, historienne, DE, EHESS ; Christian Topalov, sociologue, DE, EHESS

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A sinister soundtrack for your student Halloween party

Guardian Unlimited: Education - Xov, 30/10/2014 - 14:55

Use our petrifying playlist for your student Halloween party, or as inspiration to create your own

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Évaluer les élèves

Cahiers Pédagogiques - Xov, 30/10/2014 - 14:31

http://cercles.cahiers-pedagogiques.com/cercle/evaluer-les-eleves

À l'heure de la consultation nationale sur le nouveau socle et de la conférence nationale sur l'évaluation (à laquelle nous pouvons tous contribuer : http://www.conference-evaluation-des-eleves.education.gouv.fr/contribuer), au moment où les « classes sans notes » et autres expérimentations du même type fleurissent partout en France, venez dire sur ce Cercle comment vous « évaluez autrement les élèves ». À vos claviers !

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L'université sous vide - Stelios Fotinopoulos, Okeanews, 29 octobre 2014

Sauvons l'université - Xov, 30/10/2014 - 13:19

Lire sur le site

C'était en 1996, lorsque le changement de dirigeant au PASOK mettait au devant de la scène une théorie qui était loin de servir un des préalables fondamentaux de la démocratie qu'est le débat politique. La modernisation, en tant qu'arme de base de la nouvelle étape à laquelle K. Simitis souhaitait amener le pays avait pour principal pilier la négation de l'idéologie et, de ce fait, le refus du débat politique en tant que condition du régime démocratique.

Ensuite, il a été remplacé par un nouveau type de technocratie "politique" qui, au fond, réalisait le "raisonnable" et "l'évident" alors que, en réalité, il semblait adhérer absolument à ce qu'il prétendait être venu renverser, l'idéologie et, notamment, la doctrine néolibérale. Cette nouvelle étape nécessitait un minimum de frictions idéologiques et, de ce fait, fut qualifiée par ses inspirateurs d'oasis du "rationnel", contre les références idéologiques du passé.

L'Université, en tant que principal dispositif de reproduction de savoir, d'idéologie et, donc, de pouvoir, a réussi à demeurer -sous un régime d'absence de débat - un espace où les étudiants discutent et débattent avec les professeurs et les travailleurs, marquent leur accord ou leur désaccord et produisent à nouveau des caractéristiques collectives. Mais, à présent, l'Université fait l'objet d'une attaque d'un type différent. L'héritage de la modernisation impose, de nos jours encore, une université où chacun "fait son boulot", sans qu'il soit nécessaire de trop discuter de l'orientation du boulot ni de la question de savoir s'il est utile sur le plan social.

Ainsi, il se crée une normalité. Et, celui qui ne la suit pas est immédiatement marginalisé. Les américains décrivent cette situation par l'expression you have to get the job done (il faut que le boulot soit fait). Le débat devient un luxe et, ainsi, la démocratie devient une ankylose superflue. La condition nécessaire est de créer une structure qui désactivera de facto les réflexes et marginalisera les étudiants par rapport aux organes collectifs de l'établissement.

Il est clair que les universités grecques ont des problèmes. Elles fonctionnent au ralenti à cause des licenciements de personnel et du manque de financement, elles ne peuvent pas soutenir la recherche étant donné que la notion même de recherche est inexistante, ne fut-ce qu'en tant que rubrique dans les budgets de l'État des nombreuses dernières années. Mais, elle constitue le dernier espace social de masse où le débat fleurit, même dans des structures et des procédures parfois faussées. C'est l'université grecque qui offre la possibilité d'une osmose entre gens de niveaux, de profils économiques et d'origines différents. C'est l'espace qui, du fait précisément de son caractère massif et de l'éternelle flamme qui, tantôt dort, tantôt met le feu à la vallée, constitue un espace dangereux pour tout type de normalité. Et elle est clairement l'espace où, si le pouvoir politique réussit à le contrôler, l'on pourra parler d'une défaite de la société, sur tous les plans.

Dans ce sens, il nous est impossible d'imaginer une université sans les caractéristiques structurelles qui la constituent, sans s'apercevoir que le savoir est marqué d'un signe positif ou négatif et n'existe pas sous vide. Privée de l'auto-administration, tout en étant un élément vital des processus sociaux. L'objectif même de l'université se soumet aux besoins sociaux de chaque ère. Nul besoin de rappeler que les universités les plus grandes et les plus respectables du monde développent des programmes qui incorporent des notions telles que l'économie sociale, l'auto-organisation, la collectivité, la désobéissance sociale, notions que l'État et le pouvoir politique désapprouvent avec dégoût.

Et, en Grèce ? En Grèce, le recteur de l'Université Capodistria d'Athènes semble envier la polices es campus des universités étrangères mais nullement leurs programmes de recherche. Il semble vouloir imposer que la voix des étudiants soit exclue des organes collectifs de l'université, mais ne semble pas vouloir imposer la dignité et la décence dans les relations de travail qui y prévalent. Il ne proteste pas contre les musclés que les groupes d'étudiants proches du gouvernement amènent, mais il est dérangé quand les étudiants organisent des assemblées et défendent l'université publique.

Mais, même concernant la question de la garde, qui semble préoccuper le gouvernement et M. Fortsakis, la situation dans les plus grands établissements universitaires étrangers est totalement différente. Il serait difficile de croire qu'un recteur et que le ministère ne connaissent pas les exemples qu'ils invoquent.

Nikos, étudiant de 3e cycle à Berkeley de Californie, souligne qu'il n'y existe ni "face control" ni garde rapprochée sur le campus. Il y a des employés de l'université, dont la présence est discrète, et qui n'ont rien à voir avec les sociétés privées de sécurité. L'administration de l'université, elle-même, refuse d'instaurer les cartes spéciales pour les membres de la communauté universitaire, puisque Berkeley et ses activités sont ouvertes à la société locale de San Francisco.

La situation est à peu près la même à l'Université polytechnique de Munich où Giannos, ingénieur qui fait des études de maîtrise, se souvient des bâtiments et des entrées ouvertes à tout le monde, en semaine, et dont l'entrée centrale était gardée uniquement le soir et pendant les weekends, sans pour autant imposer de contrôle d'identité à toutes les personnes qui s'y rendaient.

De même, Akis, de l'ΕΤΗ à Zurich, explique que les bâtiments universitaires ne sont pas entourés de clôtures, mais sont ouverts à tout le monde, à l'exception des dimanches et des nuits, où il existe un système avec laissez-passer et code personnel. Les employés de sociétés de sécurité privées sont, ici aussi, absents.

À l'université de Londres et, notamment, à l'University College London où j'ai passé la dernière année, les bâtiments - y compris ceux où se trouvent les bureaux de l'administration de l'université, sont ouverts au monde et aux étudiants. Le seul endroit où il est nécessaire de disposer d'une autorisation pour y pénétrer, c'est la bibliothèque et, ce, pour une raison évidente : des archives historiques énormes y sont conservées. Mais, même là, il suffit d'une procédure de deux minutes, pour obtenir le laissez-passer nécessaire.

On peut se poser la question de savoir pourquoi, en Grèce, le débat tourne presque toujours autour de grandes citations et de ce qui est facile sur le plan communicationnel. Pourquoi il a rarement trait à l'essentiel. Le fait qu'un doctorant de l'université Panteio soit tenu de faire de la recherche et, en réalité, travailler gratuitement pour plus de trois ans, ne préoccupe personne.

Le fait que, dans la majorité des universités grecques, le manque de financement empêche tout débat sérieux sur l'avenir de l'éducation publique ne fera pas sortir M. Fortsakis de ses gonds. Au contraire, il est dérangé par les mobilisations des étudiants qui luttent pour que cette situation change.

Étant dans l'impossibilité de rappeler les principes fondamentaux des Lumières, la modernisation tend plutôt vers le Moyen Âge. Là où le besoin de liberté et de démocratie ne suit pas le statu quo politique, tant pis pour celles-ci.

Source

Stelios Fotinopoulos fut le coordinateur du groupe grec de l'organisation de l'Altersommet en 2013. Il publie assez régulièrement sur différents médias indépendants en Grèce.

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D. Delaplace, L'argot dans Le Vice puni, ou Cartouche de Grandval

Fabula - Xov, 30/10/2014 - 13:18
DenisDelaplaceL'argot dans Le Vice puni, ou Cartouche de GrandvalClassiques Garnier, collection "Classiques de l'argot et du jargon ", 2014.EAN13 : 9782812431371.365 pages- Livre broché - 44 €Présentation de l'éditeur:Le Vice puni, ou Cartouche de Grandval (1725) est un poème héroïcomique en prise avec l'actualité, truffé de réminiscences littéraires, parsemé d'argotismes et complété par un dictionnaire d'argot. Le présent travail étudie cet argot, le recense, en cherche les sources et en évalue l'authenticité.Le Vice puni, ou Cartouche (1725) by Grandval is a hero-comic poem which has a grip on contemporary reality. It is filled with literary memories, sprinkled with slang, and complemented by a dictionary of slang. The work studies this slang, catalogues it, searches for its sources, and evaluates its authenticity.En version reliée - 75 €Table des matières ...
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S. Édouard, Les Devoirs du prince - L'éducation princière à la Renaissance

Fabula - Xov, 30/10/2014 - 13:15
SylvèneÉdouard,Les Devoirs du prince - L'éducation princière à la RenaissanceClassiques Garnier, collection "Bibliothèque d'histoire de la Renaissance", 2014.EAN13 : 9782812431647.493 pages- Livre broché - 36 €Présentation de l'éditeur:Cette étude retrace l'histoire de l'éducation princière dans les cours d'Europe à la Renaissance. Grâce à une abondante documentation, un éclairage nouveau est porté sur les enjeux politiques incarnés par le prince dans le temps de sa formation.This study traces the history of princely education in the European courts of the Renaissance. Thanks to abundant documentation, new light is thrown on the political stakes of the prince's training.En version reliée - 66 €Table des matières ...
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L'université et ses responsabilités - Colloque à Paris Dauphine, 27-28 novembre 2014

Sauvons l'université - Xov, 30/10/2014 - 13:00

Intéressant de constater "l'acceptation zélée et naturelle" envers les nouvelles règles du jeu" introduites par les "réformes" de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Le seul espace de discussion qui reste ouvert est d'interpréter quels sont les droits réels, et les responsabilités nouvelles des universités dites autonomes !

Sur le site Paris Dauphine

La question de l'autonomie des universités est aujourd'hui un des thèmes majeurs de la réforme de l'enseignement supérieur. Un constat paradoxal s'impose : s'il est banal de reconnaître une plus grande marge de manœuvre aux établissements, l'interprétation de leurs droits véritables reste encore problématique. Dans un contexte d'ouverture et de mise en concurrence, de quoi les universités doivent-elles répondre ? Jusqu'où peut-on engager leurs responsabilités ? Le but de ce colloque est de répondre à ces deux questions. Il réunira les différents acteurs de ces établissements afin de croiser, d'une part, des analyses théoriques et des expériences pratiques, d'autre part, une étude juridique et des approches en termes politiques et sociologiques.

organisé par : le Centre de Recherche Droit Dauphine (CR2D) et le Centre de Recherche Administrative de l'UBO (CRA)

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Un chercheur dénonce l'inutilité de nombreux travaux scientifiques - Pierre Barthélémy, Blog, Le Monde, 29 octobre 2014

Sauvons l'université - Xov, 30/10/2014 - 12:19

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Le chercheur américain John Ioannidis, professeur à Stanford, aime depuis quelques années lancer de bons gros pavés dans la mare de la science et en particulier dans celle de la biomédecine. En 2005, dans un article publié par PLoS Medicine et intitulé "Pourquoi la plupart des découvertes publiées sont fausses", il montrait que les bases statistiques sur lesquelles s'appuyaient bon nombre d'études n'étaient pas suffisamment rigoureuses pour que les résultats obtenus aient une véritable valeur et que les biais étaient légion dans la conception d'essais cliniques censés décider de la mise sur le marché de médicaments. Ce sans oublier les intérêts financiers qui faisaient pression pour l'obtention de résultats. Depuis 2005, ce texte, devenu un classique, a été consulté près de 1,2 million de fois en ligne, un record. Aujourd'hui, John Ioannidis va plus loin, en signant un article acide publié le 21 octobre par PLoS Medicine, surmonté d'un autre titre provocateur ("Comment faire en sorte que plus d'études publiées soient vraies"...) où il met de nouveau les pieds dans le plat de la recherche scientifique.

On le comprend d'entrée de jeu, le but de John Ioannidis n'est pas de démolir la science ni ceux qui la font à grands coups de démonte-pneu. Son objectif consiste à améliorer le fonctionnement de la recherche car la marge de manœuvre, suggère-t-il, est grande. Dans l'énoncé du diagnostic, le chercheur américain, spécialiste de questions de santé, ne fait pas dans le diplomatique mais plutôt dans le direct. Il a recensé, entre 1996 et 2011, plus de 25 millions d'études scientifiques publiées, signées par quelque 15 millions de personnes de par le monde. Une quantité phénoménale d'articles, donc, à comparer avec un nombre de découvertes importantes beaucoup plus modeste.

Certes la science a pour règle de marcher lentement, presque de manière besogneuse, parce qu'il faut beaucoup de tours de chignole pour faire une percée et être sûr qu'on l'a bien réalisée. Mais John Ioannidis est convaincu depuis des années que le problème principal est ailleurs, qu'il est dû au fait que le système de recherche ne fonctionne plus correctement et que la plupart des "découvertes" qu'il engendre ou enregistre n'en sont pas : par la faute de protocoles inadaptés, de biais, de mauvais traitements statistiques voire de malhonnêteté intellectuelle, les résultats soi-disant significatifs sont trop souvent des faux positifs que l'on ne peut reproduire. Au bout du compte, en biomédecine, c'est jusqu'à 85 % des investissements faits dans les recherches qui sont perdus, soit un total annuel astronomique de 200 milliards de dollars ! Une autre estimation, moins précise, évoque un gâchis portant sur "des dizaines de milliards de dollars".

Or, selon l'auteur, le système fait peu pour se réformer, pour regagner en efficacité et donc en crédibilité auprès du public. John Ioannidis fait une description, en termes choisis mais qui contiennent souvent leur dose de vitriol, d'un monde académique parfois sclérosé où les personnes qui attribuent les budgets publics de recherche sont rarement de grands chercheurs, où le conservatisme le dispute au népotisme et au sexisme. Le paragraphe qu'il consacre au conflit d'intérêts vaut son pesant de cacahuètes : " Il arrive parfois que la même personne porte plusieurs chapeaux : un chercheur universitaire peut aussi diriger une revue, posséder une start-up, être membre d'une société savante, conseiller gouvernemental et/ou toucher de l'argent de l'industrie. "

L'article n'aurait pas grand intérêt si John Ioannidis se contentait de critiquer. Mais le chercheur, qui co-dirige aussi depuis le printemps le Metrics (Meta-Research Innovation Center at Stanford), une institution travaillant justement sur l'amélioration des processus de recherche, est venu avec deux batteries de propositions. La première concerne la manière de mener des études et met l'accent sur le cheval de bataille de John Ioannidis : une plus grande collaboration entre les équipes pour obtenir des échantillons plus importants et des résultats sans équivoque ; inciter à la reproduction des travaux pour s'assurer que les effets mesurés sont réels, ce qui passe par une standardisation et un partage totalement transparent des protocoles, du matériel de recherche et des résultats. John Ioannidis insiste aussi sur un point sensible : la mise en place de critères plus stricts avant de crier à la victoire, à la découverte. Le but, écrit-il, est de réduire les faux positifs "dans les domaines qui ont jusqu'ici été trop accomodants (comme l'épidémiologie, la psychologie ou l'économie). Cela pourrait leur conférer une crédibilité plus importante, comparable à celle des secteurs qui ont traditionnellement été plus rigoureux de ce point de vue, comme les sciences physiques."

La seconde batterie de propositions est bien plus iconoclaste puisqu'elle touche non plus à la manière de faire des études mais à celle dont le petit monde de la recherche les "valorise". Sans jamais citer la fameuse formule "Publie ou péris", John Ioannidis explique que, dans le système scientifique, les articles publiés sont comme une monnaie : ils servent à obtenir des "biens" (un poste, un échelon hiérarchique). Cela n'est pas sans conséquence puisqu'on voit parfois certains chercheurs avoir une production prolifique de travaux médiocres voire non-reproductibles, en profiter pour monter dans les hiérarchies, entrer dans les revues, bénéficier de renvois d'ascenseur et obtenir leur signature dans une étude pour laquelle ils n'ont donné qu'un avis, etc. J'ai moi-même pu constater que certains adoptaient ce que John Ioannidis appelle (joliment) la technique du "salami", qui consiste à découper une recherche en tranches, en sous-sections, et à "vendre", sur la base d'une seule expérience, plusieurs études à des revues différentes...

A l'opposé, le système actuel ne récompense que mal ou pas du tout ceux qui veulent reproduire les expériences des autres pour vérifier leurs résultats ou ceux qui s'investissent à fond dans la relecture des articles des confrères. Seule l'étude publiée importe. John Ioannidis propose donc de modifier la manière dont la bibliométrie est prise en compte dans l'évaluation des chercheurs, de ne pas donner de valeur aux publications per se mais d'en accorder à celles qui ont été confirmées ou à celles qui ont "marché" parce qu'elles se sont transformées, dans le domaine de la biomédecine par exemple, en traitement efficace, en test de diagnostic fiable, etc. De la même manière, le travail de peer review, travail de l'ombre très chronophage si on veut le faire correctement, doit être récompensé. A l'inverse, une étude dont les résultats n'ont pas été reproduits ferait perdre des points avec le barème de John Ioannidis. Celui-ci va même beaucoup plus loin en suggérant que l'obtention de titres ou de postes prestigieux doit automatiquement s'accompagner d'un handicap en points si l'apport du chercheur à la science n'est pas proportionnel aux pouvoirs ou aux fonds qui lui ont été attribués. On se dit d'ailleurs, à voir la carte de visite de John Ioannidis, que ce dernier partirait avec un gros handicap...

Le chercheur américain a conscience que son scénario est "délibérément provocateur" et qu'il risquerait par exemple de décourager les ambitions de ceux qui veulent diriger un laboratoire. Néanmoins, l'article a le mérite de pointer les détails qui font mal, notamment le gâchis en temps et en argent que représentent toutes ces études dont les résultats ne se retrouvent jamais. A fréquenter chercheuses et chercheurs depuis presque dix-huit ans, j'ai entendu ici ou là, souvent sur le ton de la confidence, la plupart de ces critiques. Il y a quelque chose de sain et de salutaire à les voir, sans tabou, rassemblées sur la place publique.

Pierre Barthélémy

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