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Désertez la recherche ! annulation d'une thèse sur la vidéo surveillance - Libellud, 20 septembre 2014

Sauvons l'université - fai 2 horas 25 min

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Étudiants » », désertez la Science !

Cet après-midi, à 14h dans les bâtiments de l'INP-Grenoble, au GIPSA-Lab (Grenoble Image Parole Signal Automatique) M.Nguyen soutiendra sa thèse : « L'identification du visage en contexte de vidéosurveillance », sous la direction d'Alice Caplier. Si nous sommes là aujourd'hui, c'est pour dire à M. Nguyen que nous ne sommes pas d'accord avec ses travaux, ni avec ceux de ses collègues. Nous ne voulons pas du monde que construisent les scientifiques et les chercheurs.

Quand les thésards bossent pour la police
Le travail de M. Nguyen s'inscrit dans la continuité des thèses menées au GIPSA-Lab depuis plusieurs années : « Analyse d'images en vidéosurveillance embarquée dans les véhicules de transport en commun » (2006) ; « Contribution à la reconnaissance de visages à partir d'une seule image et d'un contexte non contrôlé » (2010) ; « Repousser les limites de l'identification faciale en contexte de vidéosurveillance » (2012) ; « Développement de leurres et de contre-mesures pour les systèmes biométriques de reconnaissance faciale » (en cours).

Ce n'est pas au bien commun que travaillent Nguyen et ses amis. Ils développent et perfectionnent au contraire les outils technologiques qui permettront de contrôler, surveiller et contraindre demain la population : biométrie, reconnaissance faciale, croisement automatique des informations avec les fichiers de la police – ou ceux des publicitaires –, logiciels permettant de repérer les « comportements suspects », d'isoler et de suivre un individu au milieu d'une foule en mouvement, de traiter simultanément les données de milliers de caméras en réseau afin de fournir des réponses automatiques.

Ces dernières années, des recherches sur la reconnaissance faciale menées dans le cadre du projet Bio-Rafale (impliquant le Gipsa-Lab, IBM, la préfecture de police de Paris et Ministère de l'Intérieur), ont été expérimentées dans plusieurs stades dont le Stade des Alpes à Grenoble. Il s'agissait de repérer à l'entrée les supporters de foot interdits de stade. Après les supporters, à qui le tour ? En 2011, les supporters de foot
égyptiens apportaient leur soutien à la Révolution, en prenant part aux affrontements place Tahrir contre la police du régime. Quel sort auraient-ils connu si les sbires de Moubarak avaient disposé de ces technologies ?

La vidéosurveillance dite « intelligente » instaure un régime de suspicion généralisée, soumet chacun d'entre nous à une surveillance permanente, anonyme et automatisée et fournit à l'État et à la police des armes d'une puissance inédite. Elle contribue à l'avènement d'une société totalitaire. C'est à cela que travaillent les chercheurs du Gipsa-lab.

Progrès techno-scientifique, regrès social et humain
« Tout progrès scientifique accompli dans le cadre d'une structure sociale défectueuse ne fait que travailler contre l'homme, que contribuer à aggraver sa condition. » disait André Breton, un poète surréaliste. Dans la société qui est la nôtre, celle du capitalisme mondialisé, scientifiques et chercheurs n'œuvrent pas à un monde meilleur. Ils sont au service du pouvoir et de la guerre économique. L'utilité de leurs travaux se mesure en point de PIB.

A Grenoble et ailleurs, des milliers de recherches comme celles de Nguyen sont menées chaque année. Elles portent sur la biométrie et la vidéosurveillance intelligente au Gipsa-Lab, sur les implants neuro-électroniques et la manipulation cérébrale à Clinatec, sur la miniaturisation des mouchards RFID au CEA-Leti. Elles servent à concevoir la camelote électronique (téléphones portables, écrans plats, tablettes...) qui emplira dans 2 ans les décharges des pays pauvres. Elles produisent des logiciels pour piloter les missiles ou les drones de combat, pour perfectionner les robots-traders et accélérer le rythme des transactions boursières. Elles mettent au point les produits toxiques (pesticides, nanoparticules, déchets nucléaires) que
les industriels répandent dans l'environnement, l'eau, l'air, les aliments. Avec à la clef : cancers, stérilité, parkinson etc. Elles servent au développement de l'industrie nucléaire, nous condamnant à vivre avec ses déchets pendant des dizaines de milliers d'année. Elles préparent un monde de folie et de démesure technoscientiste
: elles fantasment la création d'une nature artificielle grâce à la biologie de synthèse,
rêvent d'intelligence artificielle, de sélection et de manipulation génétique et d'être humain augmenté.

Les sciences humaines sociales ne sont pas en reste. Parce que le public (nous, vous) est de plus en plus réticent à ces innovations, les labos de psycho, socio, philo sont appelés au secours. Leur rôle est de produire dans nos têtes les discours et les représentations qui assureront aux entreprises high tech un marché docile, des ventes et des commandes, de la croissance et soi-disant des "emplois". Ils appellent cela
« l'acceptabilité ».

L'organisation de notre société autour du triptyque Université-Recherche-Industrie ne profite qu'aux privilégiés. S'il n'y a plus de boulot, c'est d'abord et avant tout parce que main dans la main, scientifiques et industriels remplacent les humains par des machines. Dans les écoles et à l'université, les profs cèdent bientôt la place à des écrans et des ordinateurs Dans les supermarchés les caissières disparaissent. A la
poste, à la CAF, dans les bibliothèques, dans les restos U, vous n'avez plus d'autre choix que de vous adresser aux automates.

La science bouleverse jusqu'à l'organisation de la ville. Voyez la technopole grenobloise. Les ingénieurs et cadres à hauts revenus, attirés à Grenoble par le cadre de vie (le ski, la montagne) construisent une ville pour les riches. Les loyers explosent en centre ville et à proximité de la Presqu'île scientifique, reléguant depuis 40 ans les pauvres dans les quartiers sud de l'agglomération. S'ils ont de la chance ils pourront tout de même s'employer dans un de vos labos : ils seront agents d'entretien, femmes de ménage, ou agents de sécurité.

Ne sauvons pas la recherche !

N'ayant aucune honte, certains de vos collègues, chercheurs et scientifiques, organisent en ce moment une marche corporatiste pour quémander de meilleures conditions de travail et davantage de moyens pour faire leur sale boulot. « Sciences en marche » que ça s'appelle. Leurs revendication : des sous, des sous, des sous ! Qu'importe leur rôle néfaste au sein de la société : la science n'a pas d'odeur.

Leurs modèles : la Corée du Sud, Israël, la Chine. Admirez ces pays qui investissent plus de 3 % de leur PIB dans la R&D ! Il y fait si bon vivre.

Étudiants, les travaux que vous menez au sein de vos laboratoires nuisent à la société dans son ensemble. Vous ne pourrez pas vous cacher éternellement derrière la prétendue neutralité de la Science : vous êtes responsables des applications qui découlent de vos travaux, et qui transforment radicalement la vie de millions d'autres personnes.

Refusez de collaborer avec la machine. Contre le regrès techno-scientifique : prenez le parti du progrès social et humain. Démissionnez ! Videz les laboratoires !

Le temps perdu pour la recherche est du temps gagné pour la liberté. Lisez et faites lire : « Pourquoi j'ai quitté le CEA » ; « Progrès techno-scientifique et regrès social et humain ; « La société de contrainte et ses instruments »

Libeludd, libertaires, luddites

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Italia: Atenei in rivolta - fai 2 horas 35 min
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La muerte de las universidades

Paquidermo - fai 3 horas 35 min

 

:: Terry Eagleton ::

¿Están a punto de desaparecer las humanidades de nuestras universidades? La pregunta es absurda. Sería como preguntar si está a punto de desaparecer el alcohol de los pubs, o la egolatría de Hollywood. Igual que no puede haber un pub sin alcohol, tampoco puede existir una universidad sin humanidades. Si la historia, la filosofía y demás se desvanecen de la vida académica, lo que dejarán tras de sí serán instituciones de formación técnica o institutos de investigación empresarial. Pero no será una universidad en el sentido clásico del término, y sería engañoso denominarla así.

Tampoco, empero, puede haber una universidad en el sentido pleno del término cuando las humanidades existen aisladamente de otras disciplinas. La manera más rápida de devaluar estas materias –aparte de deshacernos enteramente de ellas– estriba en reducirlas a un agradable complemento. Los hombres de verdad estudian Derecho e Ingeniería, mientras que las ideas y valores están para los mariquitas. Las humanidades deberían constituir el núcleo de cualquier universidad digna de ese nombre. El estudio de la historia y la filosofía, acompañado de cierto conocimiento del arte y la literatura, debería contar tanto para abogados e ingenieros como para quienes estudian en facultades de artes. Si las humanidades no se encuentran tan gravemente amenazadas en los Estados Unidos es, entre otras cosas, porque se contemplan como parte integral de la educación superior como tal.

Cuando surgieron en su actual configuración a finales del siglo XVIII, las llamadas disciplinas humanas tenían un papel social crucial, que consistía en nutrir y proteger la clase de valores para los que un orden social filisteo tenía poco de su precioso tiempo. Las humanidades modernas y el capitalismo industrial estuvieron más o menos emparejados al nacer. Para conservar un conjunto de valores e ideas asediados, hacían falta entre otras cosas instituciones conocidas como universidades, apartadas de algún modo de la vida social de todos los días. Ese apartamiento significaba que el estudio humano podía ser lamentablemente inútil. Pero permitía asimismo a las humanidades emprender la crítica del saber convencional.

De vez en cuando, tal como a finales de los años 60 y en estas últimas semanas en Gran Bretaña, esa crítica se lanza a la calle, y se dedica a confrontar cómo vivimos en realidad con cómo podríamos vivir.

De lo que hemos sido testigos en nuestro tiempo es de la muerte de las universidades como centros de crítica. Desde Margaret Thatcher, el papel de mundo académico ha consistido en servir al status quo, no en desafiarlo en nombre de la justicia, la tradición, la imaginación, el bienestar humano, el libre juego de la mente o las visiones alternativas de futuro. No cambiaremos esto simplemente con una mayor financiación de las humanidades por parte del Estado, por oposición a un recorte que las deje en nada. Lo cambiaremos insistiendo en que una reflexión crítica sobre los valores y principios debería ser central para cualquier cosa que acontezca en las universidades, y no sólo el estudio de Rembrandt o Rimbaud.

En última instancia, las humanidades sólo pueden defenderse poniendo de relieve cuán indispensables son; y esto significa insistir en su papel vital en el conjunto del aprendizaje académico, en lugar de protestar diciendo que, como a algún pariente pobre, cuesta poco alojarlas.

¿Cómo puede lograrse esto en la práctica? Financieramente hablando, no se puede. Los gobiernos están empeñados en reducir las humanidades, no en extenderlas.

¿Pudiera ser que invertir demasiado en enseñar a Shelley significase quedar rezagados respecto a nuestros competidores económicos? Pero no hay universidad sin indagación humana, lo que significa que las universidades y el capitalismo avanzado son fundamentalmente incompatibles. Y las implicaciones políticas que eso conlleva van bastante más allá de la cuestión de las tasas estudiantiles.

———–

Traducción de Lucas Antón.

The US farm that teaches Yiddish to the world video

Guardian Unlimited: Education - fai 4 horas 34 min
On a farm in upstate New York people from all over the world come to learn Yiddish. Participants learn the historical Jewish language by living and working on the farm, speaking only Yiddish for the duration of their stay. The farm's founders, Yisroel Bass and Naftali Ejdelman, say the immersive course connects the learners to the historical and cultural roots of the language. Their hope is that the vernacular language will be embraced not only by the old or the ultra-orthodox, but among the young and the wider community. Continue reading...
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Taiwan shows growing support for Hong Kong protests

Guardian Unlimited: Education - fai 4 horas 54 min
Hundreds of student protesters gather in Tapei for solidarity demonstration amid concerns over Chinas influence Continue reading...
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A parent asks about... Ucas applications

Guardian Unlimited: Education - fai 5 horas 14 min
In the latest in our Parents in a Panic series, a parent of a sixth form student wants to know the deadlines for applying to uni

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Could you ace the 11-plus? quiz

Guardian Unlimited: Education - fai 5 horas 20 min

This weeks Secret Teacher argued too much pressure is being put on children to pass grammar school entrance exams. Can teachers and parents ace the test? Take our quiz to find out

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Les universités tentent d'arracher au gouvernement une rallonge budgétaire - Isabelle Rey-Lefebvre, Le Monde, 29 septembre 2014

Sauvons l'université - fai 5 horas 38 min

Lire sur le site du Monde

C'est l'union sacrée entre présidents d'université et syndicats, notamment le Snesup, qui joignent leurs voix pour arracher au gouvernement une rallonge budgétaire pour l'exercice 2015, une gageure en temps d'austérité des finances publiques. La pression se fait forte à la veille de la présentation du budget en conseil des ministres, mercredi 1er octobre.

Dès le 18 septembre, la Conférence des présidents d'universités (CPU) pointait, dans une motion, « un risque financier majeur pour une partie des établissements, qui les met en situation très périlleuse », et réclamait un supplément d'au moins 200 millions d'euros pour 2015, sur un montant global de 12,8 milliards d'euros. « Nous demandons seulement que l'Etat prenne en charge les conséquences de ses propres décisions, sur lesquelles nous n'avons aucune prise », explique Gérard Blanchard, vice-président de la CPU, chargé des moyens.

MASSE SALARIALE

Depuis l'accession à l'autonomie, entre 2009 et 2012, chaque université gère son budget avec ce que l'Etat lui alloue. M. Blanchard égrène la liste de ces nouvelles dépenses contraintes : 60 millions d'euros pour 980 nouveaux postes, 60 autres millions pour couvrir la progression des salaires due aux évolutions de carrière et à l'ancienneté, ce que l'on appelle « le glissement vieillesse-technicité » (GVT) qui fait gonfler ce poste en dépit du gel du point d'indice des rémunérations des fonctionnaires.

Le dynamisme de cette masse salariale est un point crucial dans la mesure où elle absorbe 80 % des budgets des universités : la simple revalorisation des traitements de certains personnels administratifs des catégories B et C – conséquence d'un accord national – la fait enfler de 25 millions d'euros ; la titularisation des personnels en vertu de la loi Sauvadet du 12 mars 2012 ajoute encore 40 millions d'euros.

Les pénalités pour non-respect du seuil de 6 % d'emplois confiés des personnes handicapées va, en 2015, coûter 15 millions d'euros, et trois fois plus en 2016 ; jusqu'à lors les universités échappaient à ces sanctions.

Lors de leur conférence de rentrée, mercredi 24 septembre, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, et Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et à la recherche, ont défendu leur budget, qui a grimpé de 600 millions d'euros entre 2012 et 2014, « ce qui est déjà beaucoup », a fait remarquer la ministre.

RÉSERVES RÉDUITES À ZÉRO

Mais « à l'heure où l'on boucle les lettres de cadrage pour la loi de finances 2015, c'est de bonne guerre de réclamer plus », tempère Geneviève Fioraso, qui promet un effort, avec une enveloppe d'augmentation de l'ordre de 45 millions d'euros pour le ministère.

« Sur un budget de 12,8 milliards d'euros, cela ne couvre même pas l'inflation », critiquent Claudine Kahane et Marc Neveu, secrétaires généraux du Snesup. Mais pour Mme Fioraso, « la situation financière des universités est bien meilleure car nous les avons accompagnées par des audits, parfois des avances de fonds exceptionnelles ». Sur 103 établissements, écoles et universités, 16 étaient en déficit en 2012, mais seulement 8 en 2013.

L'UNIVERSITÉ DE VERSAILLES SAINT-QUENTIN, PAR EXEMPLE, QUI A FRÔLÉ LA CESSATION DE PAIEMENT AVEC UNE PERTE DE 5,2 MILLIONS D'EUROS FIN 2012, A BÉNÉFICIÉ D'AVANCES, EN PRINCIPE REMBOURSABLES, DE 800 000 EUROS EN 2013 ET 2,6 MILLIONS EN 2014. « NOUS SOMMES SUR UNE EXCELLENTE TRAJECTOIRE, AVEC LA PERSPECTIVE D'UN LÉGER EXCÉDENT FIN 2014 QUI VA NOUS PERMETTRE DE RÉALIMENTER NOTRE FONDS DE ROULEMENT », SE FÉLICITE SON PRÉSIDENT, JEAN-LUC VAYSSIÈRE. MAIS CE RÉSULTAT EST ACQUIS AU PRIX D'IMPORTANTS EFFORTS, PUISQU'IL A FALLU FERMER LA PREMIÈRE ANNÉE DE LICENCE EN SCIENCES ET TECHNIQUES DES ACTIVITÉS PHYSIQUES ET SPORTIVES (STAPS), RENONCER À RECRUTER 63 PERSONNES, RESSERRER LES DÉPENSES DE FONCTIONNEMENT…

Après trois années de pertes, l'université Paris-I devrait quant à elle parvenir à l'équilibre fin 2014, « mais c'est une vision comptable car, en réalité, nous sommes en déficit structurel », déplore son vice-président, Bernard Tallet. « Notre fonds de roulement est réduit a néant, nous n'avons aucune capacité d'investissement, ne serait-ce que pour réparer nos bâtiments qui fuient », l'embauche de 23 enseignants a été différée… « Résultat, 40 % des 33 000 heures de cours sont assurées par des vacataires, ce qui n'est pas normal », explique M. Tallet.

« SALE BOULOT »

L'université Toulouse-III Paul-Sabatier, va, en 2014, devoir prélever 3,7 millions d'euros sur sa trésorerie, et peut-être le triple en 2015. « Ce n'est pas de la mauvaise gestion : cela correspond au glissement vieillesse-technicité, et je n'ai pas un sou de plus pour des effectifs d'étudiants qui, pourtant, augmentent de 7 %. L'Etat doit assumer ses responsabilités », insiste Bertrand Monthubert, son président.

« Au moment où nous voyons affluer des étudiants dans certaines filières, notamment en sciences, nous ne pouvons les accueillir décemment : c'est rageant », expliquent Mme Kahane et M. Neveu, du Snesup. Ce syndicat a recensé les groupes de travaux dirigés surchargés, les heures de cours, voire les cursus entiers supprimés et le gel des recrutements. « Nous retrouvons la logique de la loi sur l'autonomie : faire faire le sale boulot aux présidents d'université ! », estiment-ils.

L'avenir est d'autant plus inquiétant que les autres sources de financement se tarissent : la taxe d'apprentissage s'annonce en forte baisse dès 2015, comme les crédits des contrats de « Plan Etat Régions » pour la période 2014-2020. Les sept universités de Bretagne et des Pays de la Loire s'alarment, dans une lettre adressée le 24 septembre au premier ministre Manuel Valls, d'une chute annoncée des crédits de 70 % à 75 % par rapport à ceux du contrat de plan 2007-2013.

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IDEX, vous avez dit IDEX ? Petite revue de presse

Sauvons l'université - fai 5 horas 59 min

Des jus de méthanisation qui inquiètent les agriculteurs - Anaïs Carpentier, Le Courrier Picard, 19 septembre 2014

L'usine de méthanisation Idex, à Amiens, prévoit d'augmenter le périmètre d'épandage de ses jus excédentaires dans le Santerre. À Thennes, le maire fronce les sourcils.

Jus excédentaires, le terme lui-même est peu ragoûtant. C'est ainsi que l'on appelle les résidus de la méthanisation, procédé qui consiste à transformer nos déchets en énergie appelée biogaz et en fertilisant, le digestat. L'usine de méthanisation Idex, à Amiens, voit le nombre de déchets à traiter s'accroître. En conséquence, les jus excédentaires, eux aussi, deviennent plus importants : Idex avance le chiffre de 15 200 m3 par an. Ces jus sont stockés puis répandus sur des terres agricoles. En conséquence, l'usine de méthanisation souhaite étendre son périmètre d'épandage.

La commune de Thennes, dans le Santerre, en fait partie. Si une enquête publique est en cours dans les 42 communes concernées, peu d'habitants se pressent en mairie. « Le sujet intéresse peu, souligne Philippe Marotte, le maire de Thennes. Pourtant on ne sait pas tout à fait ce que contiennent ces jus qui vont être répandus sur nos champs… même si selon l'enquête d'Idex ils sont bien entendus excellents ! »

Un épandage selon les normes

Libre aux agriculteurs de choisir ou non de recevoir cette substance sur leurs terres. Dominique Gellynck, agriculteur à Thennes, compte bien refuser. « Ça me gêne qu'on ne sache pas ce qu'il y a dans ces jus exactement. Les déchets ménagers sont aussi constitués de phosphates lourds qui peuvent ensuite se retrouver dans la terre ». Même si un collègue lui a assuré qu'« aujourd'hui, Idex faisait bien plus attention qu'autrefois », Dominique Gellynck reste méfiant. « Je préfère, en guise d'engrais, répandre du fumier de bovins. Cela me semble plus sûr ».

Les associations écologiques de Picardie nuancent leur propos sur le sujet. Le président de l'ALEP 80, Xavier Desjonqueres, explique que la méthanisation « est toujours mieux que de se débarrasser des déchets chimiquement. Le procédé a l'avantage de créer de l'énergie et c'est une très bonne alternative au pétrole, au gaz ou au nucléaire ».

Néanmoins, le spécialiste est plus réservé quant à ces jus issus de la méthanisation, en quelque sorte les déchets des déchets. « Si on en déverse trop dans les champs, il y a un risque qu'ils aillent dans les nappes phréatiques ».

En ce qui concerne leur composition, le président d'ALEP 80 s'interroge : « On pourrait y déceler, en infime quantité, des molécules non compostées, comme des antibiotiques. On pense aussi à la présence de nanomatériaux dont une ne sait pas, aujourd'hui, quel sera l'effet sur le long terme sur l'homme ». Mais il ne se veut pas alarmiste : « On ne maîtrise pas tout, pour autant ce n'est pas une raison pour ne rien tenter. L'usine de méthanisation d'Amiens a été l'une des premières à s'installer en France dans les années 1980, elle suit la réglementation établie ».

Selon l'enquête publique, l'épandage des jus excédentaires n'aura aucune conséquence sur la faune et la flore, malgré la proximité de sites classés Natura 2000. En ce qui concerne la pollution des eaux, cette même enquête prévoit un dosage précis d'épandage. L'impact olfactif a aussi été étudié puisque l'enfouissement des jus devra avoir lieu 48 heures maximum après l'épandage. Si Idex, dont le directeur n'a pu être joint, semble avoir respecté toutes les normes en vigueur, le maire de Thennes reste dubitatif : « Il y a quelques années, nous avions reçu les boues d'Achères, finalement pleines de métaux lourds, avec les conséquences que l'on imagine. Nous sommes obligés de rester méfiants ».

Armed Forces GHQ's organizing committee meets to set stage for IDEX 2015

Abu Dhabi - The Higher Organizing Committee for the International Defence Exhibition and Conference (IDEX) that includes esteemed members of the Armed Forces GHQ, ADNEC and IDEX, are meeting this week to discuss key developments and preparations ahead of IDEX 2015.

IDEX is a unique platform that provides an opportunity to showcase the growing capabilities of the defence and security industry. An event of this scale requires the support and cooperation of many government entities. This week's meeting, chaired by Supreme Committee President, HE Major General Dr. Obaid Al Ketbi, along with HE Ali Saeed Bin Harmal, ADNEC Managing Director, Mr.Saleh Al Marzooqi, CEO IDEX as well as representatives of local and federal authorities and UAE Armed Forces GHQ, will discuss plans for IDEX, NAVDEX ; the Naval Defence & Maritime Security Exhibition, and UMEX ; the Unmanned Systems Exhibition, to ensure yet another successful edition.

Building on a long history of success, IDEX 2013 was the most successful edition in the event's history. Momentum carried into 2014, where by January, 90% of the available exhibition space was already reserved for IDEX 2015. The emergence of the NAVDEX, a key pillar underneath IDEX 2013, and UMEX which will make its first appearance in 2015, mark significant milestones for IDEX and showcase its commitment to bringing the best the global defence industry has to offer to Abu Dhabi.

This year's launch of UMEX rounds out IDEX's defence offering, giving government and defence leaders unprecedented access to all things Air, Land and Sea. UMEX aims to capitalize on the expanding unmanned aerial vehicle industry that's rapidly defining the modern defence era. It's a unique platform, located at the center of IDEX 2015, to establish and strengthen relationships with government departments, businesses and armed forces throughout the region. IDEX committees will use the new exhibition to articulate the potential of unmanned systems and will work together to make a successful debut at IDEX 2015.

HE Major General Dr. Obaid Al Ketbi, Head of the 2015 IDEX Higher Organizing Committee, said : "Hosting IDEX is of great significance to Abu Dhabi, it brings our great city to the world's center stage and provides the premiere forum for industry and government leaders to build new partnerships. The defence and technology sectors are key pillars of Abu Dhabi's Economic Vision 2030 and we are beginning work to strengthen the business facilitated at IDEX. Being home to the Middle East's largest joint defence exhibition is something we are very proud of and we look forward to bringing another successful event in 2015."

H.E. Ali Saeed Bin Harmal, Managing Director of the Abu Dhabi National Exhibitions Company (ADNEC) further added that ADNEC has taken number of initiatives to coordinate with key organisations to enhance ADNEC's readiness to host this major event, that included, the developing and upgrading of the surrounding streets, and the road infrastructure to accommodate the growing needs of exhibitors, in order to reaffirm their trust in ADNEC.

IDEX is held under the patronage of His Highness Sheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahyan, President of the UAE, and supported by His Highness Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, Vice President of the UAE and Ruler of Dubai, and His Highness Sheikh Mohammed Bin Zayed Al Nahyan, Crown Prince of Abu Dhabi and Deputy Supreme Commander of the UAE Armed Forces.

Organized by IDEX LLC in association with the UAE Armed Forces GHQ and welcoming Tawazun as Strategic Partner, IDEX 2015 will take place at Abu Dhabi National Exhibition Centre (ADNEC) from the 22nd- 26th February 2015.

About IDEX, NAVDEX & UMEX
The International Defence Exhibition and Conference (IDEX) is the world's leading joint defence exhibition. IDEX takes place biennially under the patronage of HH Sheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahyan, President of the UAE, and is organised by IDEX LLC (an ADNEC Group Company) in association with the UAE Armed Forces GHQ.

This year, IDEX 2015 will feature the third edition of NAVDEX, the maritime security show that has quickly become the largest naval defence exhibition in the region, along with the first edition of UMEX, an unmanned systems technology show designed as an ideal business platform to promote and showcase the modern era of defence.

IDEX, NAVDEX & UMEX demonstrate the latest defence technologies across land, sea and air. It is a unique platform to establish and strengthen relationships with government departments, businesses and armed forces. In 2013 the IDEX and NAVDEX attracted 1,112 exhibiting companies and over 80,000 visitors.

IDEX 2015, welcoming Tawazun as Strategic Partner, will take place at the Abu Dhabi National Exhibition Centre (ADNEC), United Arab Emirates from the 22nd - 26th of February.

IDEX Corporation to Webcast Third Quarter 2014 Earnings Call - MroMagazine, 22 septembre 2014

IDEX CORPORATION (NYSE : IEX) announced today that it has scheduled the broadcast of the company's third quarter earnings conference call over the Internet on Tuesday, October 21st at 9:30 a.m. CT. Chairman and Chief Executive Officer Andrew Silvernail and Senior Vice President and Chief Financial Officer Heath Mitts will discuss the company's third quarter 2014 financial performance and respond to questions from the financial community.

IDEX invites interested investors to listen to the call and view the presentation slides, which will be available on its Web site : www.idexcorp.com. To hear the live call, log on to the site several minutes before the discussion begins. After clicking on the presentation icon, follow the instructions to ensure your system is set up for the event, or download the correct applications at no charge. An archive of the webcast is available through the IDEX website after the call. An audio replay of the call is also available through midnight, November 18, 2014 by dialing 877.660.6853 or (201.612.7415) for international participants) using conference code # 13589617

Our products touch lives every day. Whether it's a life-saving rescue operation, dispensing fresh juice to a first grader or fueling aircraft, IDEX is a leader in creating enabling technology used in many of the most common everyday activities.

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Le mystère des « 1000 postes Fioraso » - Sylvestre Huet, Sciences2, Libération, 29 septembre 2014.

Sauvons l'université - fai 6 horas 31 min

Lire sur le blog Sciences2

Le mystère s'accroît sur les fameux « 1.000 » postes en plus chaque année pour les Universités, dont « la moitié d'enseignants-chercheurs » a de nouveau précisé Geneviève Fioraso devant les journalistes convoqués hier après-midi au ministère. « 1.000 postes » qui découlent des promesses de campagne du Président François Hollande, (avec mes commentaires de l'époque ici).

Quel mystère ? Celui des chiffres « réels d'universitaires à mettre devant des étudiants réels », s'énervait un peu Marc Neveu, co-secrétaire général du Snesup-FSU, lors d'un point de presse jeudi matin.

Le discours de la Secrétaire d'Etat, quelques heures après, se fait flou. Elle annonce aux journalistes « plus 1200 postes équivalents temps plein dans les Universités entre 2009 et 2013 ». Et réaffirme que les 1.000 postes auraient été créés en 2014. Sauf que les chiffres avancés par le Snesup ne confirment pas. Ce syndicat affirme en effet : « Alors qu'en 2011, l'autorisation d'ouverture était de 3.613 postes d'enseignants-chercheurs, celle-ci n'est plus que 2.847 en 2014 (- 21%). De plus, de 2011 à 2013, ce sont 2.080 postes autorisés qui n'ont pas été ouverts au recrutement et pourvus ! ».

Sémantique gouvernementale

On commence à comprendre l'astuce sémantique gouvernementale : parler en « postes autorisés » et non en postes « pourvus » que les Universités peuvent rémunérer puisqu'elles sont désormais en charge des salaires. Le problème, c'est que les postes « autorisés » ne sont que du papier, les personnels qui font vraiment des cours, des examens, organisent l'enseignement et effectuent de la recherche, ou les tâches administratives et d'entretien, ce sont les postes « pourvus et payés ». Or, l'écart grandit entre les deux. Ainsi, en 2013, si 3.067 postes ont été « autorisés », seuls 2.437 ont été « pourvus et financés ». Pourquoi ? Tout simplement parce que l'Etat ne transfère pas aux Universités l'exact équivalent des salaires. Sauf que c'est toujours en moins, jamais en plus. Du coup, pour éviter de se trouver en déficit, les Universités ne recrutent pas tous les postes « autorisés ». Un peu gênée, Geneviève Fioraso en arrive à argumenter en retraite : la situation " aurait été pire" sans ces créations de postes.

Que va-t-il se passer avec les postes 2015 ? Pour le Snesup, après enquête de terrain, les annonces des gels de postes pour 2015 poursuivent la tendance : « 45 à Dijon, 29 à Pau, 50 à Marne-la-Vallée, soit, dans ce dernier cas la totalité des postes vacants, et ce sur recommandation même du ministère », insiste le syndicat. Lors d'un reportage récent à Montpellier, la présidente de l'Université Paul Valéry, Anne Fraïsse, m'avait confirmé cette pratique… au point que, énervée de devoir répondre à un questionnaire du ministère lui demandant à quels emplois avaient été attribués les « postes Fioraso », elle avait répondu que ces emplois « n'existaient pas ». Autrement dit, la diminution du nombre d'Universités en déficit ne provient absolument pas de l'amélioration de leur financement mais de la compression des dépenses et d'abord par le gel de postes et la diminution des heures de cours complémentaires.

Afflux d'étudiants ?

L'ennui, c'est que le nombre d'étudiants, lui, ne diminue pas. La secrétaire d'Etat a annoncé une quasi-stagnation du nombre d'inscrits en première année de licence lors de sa conférence de rentrée universitaire, tenue avec Najat Vallaud-Belkacem. Il y a là aussi un mystère. En effet, d'après de premières données recueillies auprès de 25 Universités, le Snesup annonce des hausses vives dans la plupart d'entre elles, en particulier en sciences et technologies (+ 20 % à Grenoble, + 27 % à Dijon, de + 20 à + 30% à Nantes), et en Sciences Humaines et Sociales (+ 4 % en Droit et Sciences Economiques à Limoges, + 20 % en Economie et + 34 % en AES à Bordeaux).

Une hausse prise d'abord comme une « bonne nouvelle », se réjouit Claudine Kahane, astrophysicienne à Grenoble et co-secrétaire générale du syndicat. Mais qui suppose des moyens d'accueil — enseignants et locaux — qui ne sont pas toujours au rendez-vous. En outre, l'aspiration de postes par les nouvelles structures de gouvernance (les COMUE, les « équipes présidentielles » qui s'étoffent, la gabegie de com' générée par les appels d'offres IDEX) et par les nouvelles fonctions administratives des Universités, aggrave le déficit de postes en situation d'enseignement réel.

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Nouvel appel d'offres pour les Initiatives d'excellence (IDEX) - Vousnousils, 30 septembre 2014

Sauvons l'université - fai 6 horas 41 min

Sur le site Vousnousils

Comme l'avait pro­mis François Hollande en jan­vier der­nier, le gou­ver­ne­ment Valls lance une deuxième vague d'Idex, avec un bud­get de 3,1 mil­liards d'euros pré­le­vés dans les inves­tis­se­ments d'avenir (ex-grand emprunt).

Ce nou­vel appel d'offres pour les ini­tia­tives d'excellence vise à consti­tuer des "super-universités" capables de riva­li­ser avec les meilleurs établis­se­ments inter­na­tio­naux, et à faire pro­gres­ser la France dans les clas­se­ments mon­diaux d'universités, tel celui de Shanghai.

Regroupements d'universités en COMUE

Conformément à la loi du 22 juillet 2013, le gou­ver­ne­ment encou­rage par ailleurs les regrou­pe­ments d'universités et de centres de recherche, sous le nou­veau sta­tut de COMUE ou sous statut associatif.

"Je sais que le milieu universitaire et de la recherche est un sec­teur qui doute, c'est même par­fois sa fonc­tion", a déclaré Manuel Valls. "C'est pour­tant un sec­teur qui met toute son éner­gie au ser­vice de l'avenir de notre pays. Moi je veux dire que je suis fier de notre uni­ver­sité, de nos labo­ra­toires de recherche, de nos ensei­gnants, de nos cher­cheurs, de nos per­son­nels", a-t-il ajouté, y voyant un "pilier du modèle républicain".

Un jury inter­na­tio­nal sélec­tion­nera les lau­réats, qui vien­dront s'ajouter aux huit établis­se­ments de la pre­mière vague de 2011 : Strasbourg, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Sorbonne Universités, Sorbonne Paris Cités, Saclay et Paris Sciences Lettres. Les uni­ver­si­tés et centres de recherche pri­més seront connus en 2016.

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Will you graduate into underemployment?

Guardian Unlimited: Education - fai 6 horas 47 min

With almost half of recent graduates in jobs which do not require a degree, you may be facing a low-skilled job when you graduate

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Imposture et surenchère : Brighelli a touché le Front

Cahiers Pédagogiques - fai 9 horas 43 seg

Dix ans après La Fabrique du crétin, dont le succès est rappelé par l'énorme bandeau rouge sur la couverture, Jean-Paul Brighelli entretient sa rente, déjà bien soutenue par plusieurs pamphlets du même genre(1).

À force d'exposition médiatique, l'arrivisme du personnage a fini par être connu : le défenseur passionné des valeurs républicaines joue les nègres polygraphes en écrivant entre autres les livres de Balkany ou d'Estrosi, et dit à qui veut l'entendre qu'il est capable d'écrire n'importe quoi et de mettre son talent au service de causes qu'il réprouve. Pareil cynisme illustre assez bien la perversion d'une logique éditoriale qui cautionne des auteurs croyant qu'avoir le sens de la formule suffit à faire un bon livre sur un sujet grave et complexe.

Mais Jean-Paul Brighelli croit-il vraiment que l'École soit un sujet complexe ?
Il se répand une fois de plus en coups de gueule en publiant tels quels une compilation des billets de son blog, formule économique qui peut entraîner quelques désagréments pour le lecteur, comme la répétition incantatoire des mêmes arguments à quelques pages d'intervalle (d'où les 30 pages faites des 6 billets successifs consacrés à défendre les décharges horaires des professeurs de classes préparatoires) ou l'absence de prise en compte de ce que l'actualité, la recherche ou la critique ont déjà invalidé.

Mais le plus gros désagrément porte sur cette impression de déjà vu. Trente ans après De l'École, le pamphlet de Jean-Claude Milner réédité en 2006 et imité par beaucoup d'autres, Jean-Paul Brighelli ressasse les mêmes oukases : l'École est en crise (et il fournit, il faut le lui reconnaître, quelques données : crise des vocations enseignantes, inégalités sociales révélées par PISA…), tout ça à cause des pédagogues fous qui contrôleraient le système et auraient forcé les 800 000 enseignants à appliquer la loi d'orientation de 1989, le tout avec le soutien de la Commission européenne et de l'OCDE.

La nouveauté de ce livre, en fait, c'est que se construit au fil des pages un argumentaire de soutien au Font national, égrenant des marqueurs idéologiques dont le rapprochement finit par faire sens : dénonciation de l'action néfaste de Bruxelles, défense de l'histoire de France valorisant les grands hommes, regret que l'histoire de la colonisation insiste tant sur ses aspects négatifs, renvoi dos à dos du PS et de l'UMP, inquiétude face à l'immigration et au métissage culturel, et, en conclusion, reconnaissance de la pertinence des propositions éducatives de Marine Le Pen et aveu de sa tentation de voter pour « le diable ». Après Maïté, Gilbert Collard, Brigitte Bardot et Jean Roucas, Jean-Paul Brighelli vient grossir les rangs des « intellectuels » ralliés au FN.

En dehors de ce coming out qui avait déjà été remarqué sur la Toile, l'ouvrage obéit une fois de plus au modèle ternaire défini il y a trente ans par Antoine Prost, à qui la revue Le Débat avait à l'époque demandé de commenter le De l'École de Jean-Claude Milner [1].

Comme son éminent prédécesseur, le livre de Jean-Paul Brighelli s'appuie sur une analyse bien sommaire des problèmes de l'Éducation nationale. N'évoquant les travaux de Debarbieux que pour les dénigrer en deux lignes au seul motif que le sociologue, en tant que chargé de mission auprès des ministres successifs, se serait discrédité par cette collaboration, le polémiste, qui se garde bien de dire qu'il a bénéficié lui-même, de la part de Xavier Darcos notamment, d'égards qu'aucun des pédagogues qu'il accuse d'avoir la haute main sur le système n'oserait rêver, affirme avec aplomb que « ce sont les enseignants qui en sont majoritairement victimes [de la violence] – pas les élèves » (p. 56). Au-delà de la présentation des 0/20 comme des « anecdotes sympathiques », dans le cadre d'une défense de la notation (p. 191), il aggrave particulièrement son cas en exploitant le drame du suicide d'une bonne élève victime de harcèlement (problème qui, malheureusement, ne date pas d'hier) pour le présenter comme le résultat d'un prétendu dénigrement du savoir et du travail par l'Institution elle-même (visible notamment à travers la baisse du salaire des professeurs de classes préparatoires), qui encouragerait la stigmatisation des élèves sérieux.

Comme les autres libelles antipédagogistes, ce nouvel écrit témoigne en outre d'une connaissance des savoirs sur l'École et l'éducation réduite à quelques certitudes puisées dans des travaux lus en diagonale et opportunément coupés (et aux sources rarement indiquées). On pourra ainsi s'affliger de la reprise du chiffre des 30 % de boursiers inscrits en classe préparatoire, qui lui permet de développer un discours inextinguible sur les vertus de l'élitisme, au mépris (affiché) de cinquante ans de travaux de sociologie. On ne s'étonnera pas non plus qu'il présente avec emphase les travaux de Jérôme Deauviau sur les méthodes de lecture sans prendre en compte le fait que ses résultats opportuns sont largement contestés par les spécialistes. Quant aux éléments tangibles attestant de l'action funeste des pédagogues, thèse centrale de l'ouvrage, il n'y en a pas non plus, sinon une lettre grotesque d'un certain Pierre Abraxas, présenté comme un parent d'élève authentique (mais est inconnu de Google et de l'annuaire téléphonique), qui porte curieusement le nom choisi par Jean-Paul Brighelli sur certains forums. Dans ce jeu particulièrement malhonnête où se bousculent clins d'œil aux rares initiés (témoins complices par leur silence) et leurres pour lecteurs/clients crédules, le « parent d'apprenant » virtuel, qui se dit admirateur de Meirieu, insulte copieusement l'auteur du livre et compose une longue prose « pédagogiste » qui colle si bien aux fantasmes de Brighelli (et si mal aux écrits des pédagogues prétendument pastichés) que son exploitation comme (unique) preuve à l'appui des grossièretés proférées tout au long des 230 pages invalide l'ensemble de celles-ci. L'attribution délibérée d'un texte apocryphe à ses ennemis pour les discréditer n'est pas une méthode nouvelle, mais il faut manquer singulièrement de fierté pour oser prendre le risque d'être placé dans le cortège de ceux qui l'ont tenté…

Le volume n'ouvre enfin aucune piste pour résoudre les problèmes sur lesquels il se lamente longuement. La quatrième de couverture annonce pourtant, marketing oblige, qu'« au-delà du constat accablé, [il s'agit d']un livre de propositions ». La promesse en avait déjà été faite, en 2006, et de la même façon, pour À bonne école, pamphlet de la même eau qui, en fait de propositions concrètes, ne suggérait guère que de réduire l'école maternelle à sa dernière année, idée que l'auteur avait eu l'honnêteté, dans un ouvrage postérieur, de reconnaître comme une « grosse bêtise ». Cette fois, l'appel à une « réforme radicale » (p. 51) se résume à un hommage rendu aux « internats d'excellence », au modèle des classes préparatoires, ou encore à l'idée de détruire les ZEP et de les reconstruire ailleurs (p. 87), un peu comme Alphonse Allais voulait construire les villes à la campagne. Non, la seule partie vraiment propositionnelle du texte, c'est la présentation, en quatre pages, du projet scolaire du Front national.

Que ce type de pamphlets, toujours aussi grossiers, parviennent invariablement à faire des succès de librairie, est consternant, c'est un fait. Mais pour celui qui trouve l'énergie de dépasser le premier réflexe d'exaspération pour prendre un peu de recul, la facilité avec laquelle tant de lecteurs en arrivent à dépenser 16 euros pour cautionner de telles inepties nous dit aussi quelque chose sur le désespoir qui règne autour de notre école.

Yann Forestier, enseignant en lycée et membre du conseil d'administration du CRAP
(sur la photo qui accompagne l'article, c'est lui et non Brighelli !)

(1) Notamment À bonne école (2006), Une école sous influence (2006), Fin de récré (2008), Tireurs d'élite (2010)… tous publiés chez Jean-Claude Gawsewitch.

[1] Antoine Prost, « Sur l'école », Le Débat, n° 31, 1984/4.

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