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Italia: Atenei in rivolta - fai 10 horas 26 min
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Comœdia (1907-1937), un quotidien en son temps: nouvelles perspectives interdisciplinaires

Fabula - fai 10 horas 31 min
Comœdia (1907-1937), un quotidien en son temps: nouvelles perspectives interdisciplinaires (littérature, théâtre, cinéma, radiophonie, beaux-arts…) Offrant un exceptionnel promontoire sur la vie théâtrale, artistique, littéraire, culturelle des années qui précèdent la Première Guerre mondiale, et de l’entre-deux-guerres, le journal Comœdia (1907-1937) constitue le matériau privilégié d’une étude portant sur le rôle de la presse – à l’heure de la civilisation du journal, et à l’orée de l’ère médiatique, dans l’élaboration d’une culture commune et de l’imaginaire d’une époque. Sa longévité, le fait remarquable de sa spécialisation théâtrale, la périodicité d’un quotidien solidement implanté dans le paysage de la presse contemporaine – lu partout en France et en Europe – signale Comœdia journal comme une entreprise remarquable, dont l’histoire singulière reste à écrire. Une journée d’études organisée par le GRIRT s’est d’ores et déjà tenue le 21 juin 2014 au Centre de Ressources Jacques Seebacher de l’Université Paris-Diderot (Paris 7), intitulée « Comœdia (1907-1937). Un continent inexploré dans l’histoire du théâtre du XX e siècle». Les travaux présentés ont permis de faire un premier état des lieux et de poser les termes d’un chantier plus vaste. Dans le prolongement d’un travail collectivement engagé, le colloque des 19et 20juin 2015 a pour projet de consolider les résultats obtenus, et d’ouvrir des pistes nouvelles en favorisant les approches interdisciplinaires.L’on pourra ainsi étudier les parcours des différents rédacteurs et collaborateurs, chercher à repérer les stratégies éditoriales de Comœdia en fonction de ses directions successives.L’on pourra aussi interroger, dans le temps et en périodisant, les positionnements esthétiques et idéologiques d’un quotidien enclin souvent à privilégier une orientation moyenne, destinée à plaire au plus grand nombre, mais où peuvent aussi s’affirmer des positions individuelles plus tranchées.L’on se penchera sur l’organisation et la pérennité des rubriques, la place de la photographie et de l’illustration, celle de la publicité, le discours éditorial spécifique, les adresses aux lecteurs, aux abonnés, les différentes stratégies de fidélisation (concours d’amateurs divers…).L’on pourra envisager le rapport du journal à l’actualité théâtrale, mais aussi ses ambitions en matière d’histoire du théâtre; on pourra étudier le traitement de certains courants esthétiques (le théâtre populaire, le Cartel…); s’intéresser aux nécrologies, biographies, portraits; s’interroger sur la «couverture» de la vie des théâtres et des institutions(le boulevard, l’art lyrique, le music-hall, la Comédie-Française, etc.). Voir aussi comment les questions de politiques institutionnelles et économiques du théâtre sont abordées. Ou encore repérer la manière dont le journal rend compte de certaines polémiques, ou même les orchestre…L’on pourra essayer d’appréhender les différents «territoires» de Comœdia : Paris, Province, Etranger; repérer les correspondants; réfléchir à la manière dont le journal rend compte du théâtre international, des tournées…L’on pourra évaluer la place de la critique littéraire et de la critique d’art; celle de la critique musicale. Voir quand et comment Comœdia commence à parler de cinéma; scruter ses rapports avec la radio.L’on pourra s’intéresser aux interviews, aux enquêtes, aux reportages, aux feuilletons; envisager aussi la place de l’information générale et politique.L’on pourra enfin envisager les relations de Comœdia avec son surgeon «naturel» Comœdia illustré , née en 1908, et qui suit une trajectoire séparée après la Grande Guerre. On pourra interroger aussi la place du journal dans le contexte plus large de la grande presse et de la presse d’art et de divertissement ( Musica , Excelsior …), etc. Toutes les approches, tous les sujets seront bienvenus, y compris les plus thématiques, à condition qu’ils permettent de questionner de manière pertinente l’objet Comœdia , comme organe de presse et non pas simplement comme «réceptacle» de documents sur la vie théâtrale et culturelle du premier XX e siècle. Les communications à plusieurs voix peuvent également être envisagées compte tenu de l’ampleur des enquêtes à mener et des dépouillements à effectuer. Comité scientifique: Paul Aron (Univ. Libre Bruxelles, Belgique), Hélène Baty-Delalande (Paris 7), Livia Cavaglieri (Univ. Gênes, Italie), Marco Consolini (Paris 3), Marion Chenetier (Tours), Sophie Lucet (Paris 7), Ariane Martinez (Grenoble 3), Romain Piana (Paris 3), Arnaud Rykner (Paris 3), Marielle Silhouette (Paris Ouest), Marie-Eve Therenty (Montpellier 3), Jean-Claude Yon (Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines). Contacts: Marco Consolini, marco.consolini@sfr.fr ,Sophie Lucet, sophie.lucet@numericable.fr ,Romain Piana, romain.piana@univ-paris3.fr
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Applying for a postdoc job? Here are 18 tips for a successful application

Guardian Unlimited: Education - fai 12 horas 11 min

Securing a postdoc position is fiercely competitive. We speak to academics and career advisers to see how you can improve your chances of standing out

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Primary school pupils face new maths and grammar tests under Tories

Guardian Unlimited: Education - fai 12 horas 18 min
Education secretary says under Conservative rule, children would memorise times tables and be able to read a novel by age 11 Continue reading...
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I converted my private school into an academy to rediscover its original ethos

Guardian Unlimited: Education - fai 13 horas 11 min

We’re working twice as hard, but it’s more exciting to develop the talents of all young people regardless of their ability to pay, says headteacher Hans Van Maurik Broekman

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Forget finance, tech and sport – our museums show Britain at its best

Guardian Unlimited: Education - fai 16 horas 6 min
Reaction to the removal of the Natural History Museum’s Dippy highlights our affection for these vital institutions Continue reading...
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Bercy s'intéresse à l'argent des universités - Nathalie Brafman, Le Monde, 31 janvier 2015

Sauvons l'université - fai 21 horas 3 min

« Pour éviter une guerre des chiffres, l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (Igaenr) ont été chargées de faire une évaluation ''objective''. »

Ouf !

Les universités sont toujours dans le collimateur de Bercy. En novembre 2014, elles avaient eu la mauvaise surprise de voir le dernier versement de leurs dotations amputé de 20 % (350 millions d'euros), avant de la recevoir dans son intégralité. Ensuite, les députés avaient voté un coup de rabot de 70 millions. L'Elysée avait finalement annoncé, le rétablissement de cette somme mi-décembre.

Cette fois, c'est le fonds de roulement des établissements, servant à payer leurs dépenses de fonctionnement et leurs investissements, qui est convoité. Une manne qui s'élèverait selon la Cour des comptes, à 1,5 milliard d'euros pour l'ensemble des 80 universités. Dans l'entourage de la secrétaire d'Etat à l'enseignement supérieur et la recherche, Geneviève Fioraso, on estime que si l'on soustrait « tout l'argent qui est déjà engagé », on devrait être plus proche des 500 millions d'euros.

Pour éviter une guerre des chiffres, l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (Igaenr) ont été chargées de faire une évaluation « objective ». Leur rapport définitif est attendu dans les touts prochains jours.
« Il n'y a pas de gisement improductif »

Toujours est-il que dans les couloirs de Bercy,...

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Scotland can’t be fair while private schools thrive

Guardian Unlimited: Education - fai 21 horas 8 min
Nicola Sturgeon and Jim Murphy need to crack on and do something about independent education Continue reading...
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Are we creating a lost generation with no prospects?

Guardian Unlimited: Education - fai 21 horas 8 min
When I was whingeing about posh kids feeling entitled to resits, I forgot those who genuinely need more than one attempt Continue reading...
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BICEP2 : la fin d'une annonce... et après ? (II)

La Science au XXI Siècle - Sáb, 31/01/2015 - 23:15

L'article de Planck, BICEP2 et Keck Array « A joint analysis of BICEP2/Keck Array and Planck data », dont une version préliminaire se trouve en ligne sur un site « officiel » des expériences BICEP et Keck Array, a mis définitivement fin à une très forte propagande lancée en mars dernier sur la possible détection d'un signal des ondes gravitationnelles primordiales à leur tour produites par l'inflation cosmique.  Si le 17 mars 2014 Caltech avait diffusé un communiqué intitulé « BICEP2 Discovers First Direct Evidence of Inflation and Primordial Gravitational Waves », à présent son site renvoie à une note d'information

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BICEP2 : la fin d'une annonce... et après ? (I)

La Science au XXI Siècle - Sáb, 31/01/2015 - 18:58

L'article conjoint des collaborations Planck, BICEP2 et Keck Array n'a pas encore été rendu public sous sa forme définitive, mais les communiqués institutionnels et les articles dans les médias sont loin de faire défaut. L'Institut National des Sciences de l'Univers (INSU) du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) écrit « Planck et BICEP2/Keck collaborent et imposent une limite supérieure sur l’intensité des ondes gravitationnelles primordiales ». On trouve le même communiqué sur le site de la Collaboration Planck. En clair, l'annonce ultra-médiatisée de mars dernier de la collaboration BICEP2 sur la prétendue détection d'une signature des ondes gravitationnelles primordiales, évidence

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Lucien de Samosate, Œuvres complètes (Bouquins)

Fabula - Sáb, 31/01/2015 - 18:45
Œuvres complètes Lucien de Samosate Emile Chambry (Traducteur), Alain Billault (Annotateur), Emeline Marquis (Annotateur), Dominique Goust Date de parution : 29/01/2015 Editeur : Robert Laffont Collection : Bouquins ISBN : 978-2-221-10902-1 EAN : 9782221109021 Présentation : Broché Nb. de pages : 1248 p. "Lucien m'a toujours semblé le plus français des Grecs", a dit un éminent critique anglo-saxon. Un peu à la manière de Montaigne, Lucien sait parler de tout et de rien. D'une réflexion sur l'art, on passe à un essai sur la manière d'écrire l'histoire. On parle de la vieillesse, des tyrans, de l'éducation sportive, de l'amitié, au gré d'une inspiration primesautière, fantaisiste et toujours inattendue. Ces 80 textes constituent une comédie humaine vive, incisive, parfois grinçante, fidèle reflet de son temps. On y trouve des "caractères" qui sont la source de notre théâtre comique : atrabilaires et misanthropes (Timon), parvenus incultes (Le Bibliomane ignorant), dames de petite vertu (Dialogues des courtisanes), aigrefins, charlatans et faux devins (Pérégrinos, Alexandre) et par-dessus tout, la riche galerie des Maîtres de philosophie dont les actions et les moeurs démentent la doctrine. Une comédie humaine non dénuée de gravité. Mais le rire de Lucien affleure toujours, il est la manifestation d'un goût immodéré pour le bon sens et la raison face aux folies des hommes et à leurs illusions, au nombre desquelles figurent toutes les doctrines de salut qui pensent pouvoir faire fi de la nature et de la vérité. C'est aussi un extraordinaire voyage, accessible à tous, dans la culture grecque, dont on perçoit la vitalité au coeur de l'Empire romain et qui est mise à notre portée par des textes dont la légèreté et la grâce imposent une vision souriante des fables mythologiques, des Olympiens, de leurs frasques et de leurs déboires. L'imagination n'est pas absente. On a souvent dit que le Voyage dans la Lune des Histoires vraies, qui a directement inspiré le Micromégas de Voltaire et Les Voyages de Gulliver, était le premier des récits de science-fiction. Né en Syrie, dans la province de Commagène, sur la route qui reliait Rome à l'Asie Mineure et à l'Inde, Lucien de Samosate vécut au IIe siècle apr J-C (vers 117-vers 180), dans un Empire romain au sommet de sa puissance, qui garantissait la paix à ses ressortissants en montrant un respect relatif aux peuples soumis et en favorisant leur intégration. L'enfant de Samosate (dont la langue maternelle était peut-être l'araméen) fut un intellectuel grec, qui exerça le métier d'avocat. C'était un rhéteur, un sophiste, un conférencier qui parcourut l'empire en pratiquant l'art du discours. Il a été redécouvert à la Renaissance par Erasme, lu assidûment par Montaigne et Rabelais et au XVIIIe siècle par Voltaire et Swift. Alain Billault est professeur de grec à l'université Paris IV-la Sorbonne. Spécialiste de la Grèce post-classique, il dirige le Centre d'édition et de commentaire des textes grecs et latins. Emeline Marquis est agrégée de lettres classiques et a consacré sa thèse de doctorat à l'édition critique de Lucien. Dominique Goust, qui a travaillé longtemps dans l'édition tout en s'intéressant à l'Antiquité, est à l'origine de ce projet. L'absence des oeuvres complètes de Lucien dans les catalogues éditoriaux français lui paraissait une lacune à combler.
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Humanités numériques: mode d'emploi pour le chercheur en sciences humaines et sociales

Fabula - Sáb, 31/01/2015 - 18:42
APPEL À CONTRIBUTIONS pour un ouvrage collectif en 2 volumes Humanités numériques: mode d'emploi pour le chercheur en sciences humaines et sociales volume 1 / dirigé par Olivier LEGENDRE (BU Clermont-Ferrand) Dana MARTIN (Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) volume 2 / dirigé par Frédéric CLAVERT (Labex EHNE / Paris Sorbonne) Étienne CAVALIÉ (BU Nice Sophia Antipolis) Le chercheur du 21 e siècle se doit d'être compétent, réactif et polyvalent, mais aussi curieux, efficace, plurilingue et mobile, sans oublier au passage de se montrer à la fois autonome et collaboratif, rigoureux et innovateur. Hélas, à l'ère du numérique, où tout est réputé rapide et facile, omniscience et omnipotence paraissent plus que jamais hors de portée. Les to-do-lists sont longues, les échéances innombrables, les imprévus, obstacles et contraintes sont infinis. Paradoxalement, les tentatives d'optimiser par l'informatique le traitement d'un flot continu d'informations n'aboutissent pas au résultat escompté. Bien au contraire: les tâches obligatoires chronophages – courrier électronique, présentations visuelles, dossiers administratifs sur intranet – semblent toujours plus dévorantes, et le temps qu'elles absorbent laisse peu de place pour la découverte d'outils nouveaux ou de fonctionnalités avancées permettant un gain de temps. Internet étant l'alpha et l'oméga des temps postmodernes, l'aisance numérique est désormais l'une de ces compétences clés dont nul ne saurait se passer, sous peine de déchoir de son statut de spécialiste modèle... Et pourtant, malgré leur forte visibilité dans les discussions scientifiques, les humanités numériques ne comptent pas tant de croyants – et moins encore de pratiquants – qu'on ne le pense et admet communément. L'exploration de la blogosphère scientifique ou de l'univers des open data est un terrain encore largement en friche, de même que l'utilisation des réseaux sociaux à des fins de recherche et pour lancer des coopérations internationales. Or, la maîtrise de ces nouveaux outils de veille et de bibliographie, l'organisation et l'annonce de manifestations scientifiques en ligne, la consultation et l'alimentation de bases de données, revues, livres électroniques et blogs de recherche sont un défi pour tous. La familiarité avec le monde numérique et sa mise au service de l'activité scientifique s'avèrent réellement fécondes pour le chercheur qui les apprivoise. De même, comprendre le phénomène de l' open data , découvrir les réseaux sociaux de la recherche et expérimenter le travail en réseau international via la toile élargit et enrichit l'activité scientifique. L'effort vaut d'être accompli! C'est pour cette raison que nous envisageons de produire un ouvrage collectif: il aura pour but d'aider les chercheurs à franchir ce fossé, moins large qu'il ne paraît au premier abord, qui éloigne toujours les humanités du numérique. En faisant appel aux professionnels de la documentation et aux chercheurs de toutes disciplines en sciences humaines et sociales, débutants comme confirmés, français ou étrangers, nous voudrions ouvrir un chantier commun. Y seront conviés tous ceux qui utilisent, développent ou conçoivent des outils numériques au service de la recherche, quelque soit leur métier, discipline ou nationalité. Le travail collaboratif, par exemple sous forme de binômes interprofessionnels ou interdisciplinaires, est donc vivement encouragé. Pour appréhender les humanités numériques sous l'angle du mode d'emploi, nous nous proposons de réunir une dizaine de chapitres thématiques qui seront soit des présentations synthétiques, soit des études de cas représentatifs. Nous souhaitons que les auteurs soient des experts et des passionnés du partage en ligne, dont le savoir méthodologique soit étayé par une expérience pratique des technologies de l'information et de la communication. Ainsi, ils pourront affronter les objections les plus courantes à l'outil numérique en illustrant son intérêt et son apport pour la recherche en SHS par des exemples concrets: quelles applications, quelles perspectives? Le dénominateur commun des contributions sera l'exploration collective de ce nouveau terrain et de ses infrastructures, afin de permettre au plus grand nombre de découvrir les possibilités qui se trouvent désormais à portée de main. Ce mode d'emploi sera complété par un second volume (2016) qui approfondira certains thèmes du premier livre et en ouvrira de nouveaux. calendrier volume 1:envoi des propositions (max. 5000 signes espaces compris), accompagnées du titre, de 5 mots clés, des noms / coordonnées des auteurs: 06 avril 2015notification d’acceptation ou de refus: 04 mai 2015remise des chapitres complets (max. 50 000 signes espaces compris) en français ou en anglais, accompagnés d'un résumé et d'une notice biographique (les deux en français et en anglais): 07 septembre 2015retour aux auteurs: 05 octobre 2015date de publication prévisionnelle: janvier 2016envois par courrielaux coordinateurs: etienne.cavalie@unice.fr frederic@clavert.net olivier.legendre@univ-bpclermont.fr dana.martin@univ-bpclermont.fr coordinateurs: Étienne Cavalié, Conservateur à l'Université Nice Sophia Antipolis, blog: http://bibliotheques.wordpress.com/ Frédéric Clavert, Docteur en histoire contemporaine , Ingénieur de recherche - LabEx EHNE, blog: http://histnum.hypotheses.org /Olivier Legendre, Conservateur à la Bibliothèque Clermont Université, blog: http://alambic.hypotheses.org/ Dana Martin, Maître de conférences en allemand à l'Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, blog: http://allemagne.hypotheses.org/
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G.de Lagasnerie, L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning

Fabula - Sáb, 31/01/2015 - 18:41
Référence bibliographique : Geoffroy de Lagasnerie, L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning , Fayard, collection "A venir", 2015. EAN13 : 9782213685786. L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning Geoffroy de Lagasnerie Fayard Edward Snowden, Julian Assange et Chelsea Manning sont les figures essentielles des luttes qui se jouent autour des secrets d’État et de la surveillance de masse, des libertés à l’ère d’Internet, de la guerre et du terrorisme. Ils sont souvent considérés comme des lanceurs d’alerte révélant des informations. Pour Geoffroy de Lagasnerie, ils sont bien plus que cela : ce sont des personnages exemplaires qui réinventent un art de la révolte. Avec eux, nous assistons à l’émergence d’une nouvelle manière de penser la politique et de se constituer comme sujet politique. La pratique de l’anonymat telle que WikiLeaks la fait fonctionner, les gestes de fuite et les demandes d’asile de Snowden ou d’Assangerompent avec les formes traditionnelles de la contestation. Dès lors, ces modes d’actions nous conduisent à nous interroger sur le fonctionnement de l’espace démocratique, sur les notions de citoyenneté, d’État, d’appartenance, de prise de parole, d’espace public, de collectif, et nous invitent à reformuler le langage de la philosophie critique. La théorie contemporaine concentre son attention sur les rassemblements populaires comme Occupy, les Indignés ou les printemps arabes. Et si c’étaient les démarches solitaires de Snowden, d’Assange, de Manningqui constituaient les foyers où s’élabore une conception inédite de l’émancipation?
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H. Baudry, Une bibliothèque à la fin de l’Ancien Régime. Présentation historique suivie de l’édition du catalogue des livres du collège royal de La Flèche (1777)

Fabula - Sáb, 31/01/2015 - 18:38
Référence bibliographique : Herve Baudry, Une bibliothèque à la fin de l’Ancien Régime. Présentation historique suivie de l’édition du catalogue des livres du collège royal de La Flèche (1777) . Avant-propos de Sylvie Tisserand , La Ligne d'ombre, collection "Mémoires et Documents sur Voltaire", 2015. EAN13 : 9791090177079. Le collège royal de La Flèche est bien connu des historiens pour avoir, entre autres célébrités, formé un élève nommé René Descartes ou compté le jeune David Hume parmi les fréquentateurs de sa bibliothèque. Mais de quoi était-elle faite? Jusqu’à présent, seul un article de Louis Desgraves délivrait quelques donnnées sur la pièce clef permettant de mieux cerner ses particularités, le catalogue de ses livres. À moins que l’on ne finisse par en trouver un plus ancien, celui qui a survécu provient l’inventaire dressé en 1776-1777 en vue de la prise de possession par une nouvelle congrégation, quinze ans après le départ des jésuites. Cette publication comble ainsi un vide dans l’histoire du livre sous l’Ancien Régime. Ni parisienne, ni située dans une grande ville de province, cette bibliothèque tient une place parmi les institutions dignes d’être connues de plus près pour sa place dans un système pédagogique, la Compagnie de Jésus, à rayonnement national et international, et pour sa permanence, jusqu’à nos jours, dans les mêmes lieux (le Prytanée militaire national) en dépit des aléas de l’histoire. Ce sont plus de deux mille trois cents titres que ce travail a identifiés de façon précise. Une introduction historique sur la bibliothèque du collège fait, en filigrane des imprimés disparus-présents, visibles-cachés, découvrir un passé encore proche et les tribulations de l’heure. Un avant-propos de Sylvie Tisserand, conservateur à la bibliothèque du Prytanée de La Flèche (72), élargit la perspective en retraçant, pour la première fois, l’histoire de la bibliothèque sous la Révolution et l’Empire. L’auteur est chercheur au Centre d’histoire globale (CHAM) de l’Université nouvelle de Lisbonne (UNL). 388 pages; 20 euros Table des matières: Avant-propos 9 Introduction 31 Catalogue des livres de la bibliothèque 85 Index toponymique (villes d’édition) 357 Index nominum (Auteurs, principaux interprètes et traducteurs) 361
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Précarité : en Italie aussi… 31 janvier 2015

Sauvons l'université - Sáb, 31/01/2015 - 17:16

L'ANDU (Associazione Nazionale Docenti Universitari) —Association Nationale des Enseignants Universitaires— relaie le 26 janvier deux motions Intersyndicales.
IL COLLASSO DEL SISTEMA UNIVERSITARIO.
PRECARI : ALMENO 20.000 POSTI DI RUOLO E PROROGA.

Le collapsus du système universitaire.

ADI, ANDU, CIPUR, CISL-Università, CNRU, CNU, CONFSAL-CISAPUNI-SNALS,
CoNPAss, CSA-CISAL Università, Federazione UGL Università, FLC-CGIL, LINK, RETE29Aprile, SNALS-Docenti, UDU, UIL RUA

Les organisations universitaires représentatives de toutes catégories (professeurs, chercheurs, précaires, doctorants, technico-administratifs et étudiants) dénoncent la façon dont les plus récents décrets ministériels —« points organiques [1] », coûts standards et FFO (fonds de financement ordinaire) [2] —confirment « la volonté d'atteindre au plus vite l'objectif de démanteler le Système national universitaire en réduisant la quantité et la qualité de la formation supérieure et de la recherche.
De toute évidence, il s'agit d'obtenir la fermeture ou la marginalisation de la plus grande partie des universités d'état existantes (surtout méridionales), en concentrant la ressource publique sur quelques universités autoproclamées excellentes, et en réduisant encore le nombre d'étudiants, d'enseignants et de personnels technique et administratif. »

Voir le texte intégral ici ou le télécharger ci-dessous.

"être précaire, ça fatigue"Précaires : [il faut] au moins 20.000 postes de titulaires et des délais.

ADI, ANDU, ARTeD, CIPUR, CISL-Università, CNRU, CNU, CONFSAL-CISAPUNI-SNALS, CoNPAss, CRNSU, CSA-CISAL Università, Federazione UGL Università, FLC-CGIL, LINK, RETE29Aprile, SNALS-Docenti, UDU, UIL RUA

Le drame des précaires

Au moins 20000 postes de titulaires et des délais pour les actuels précaires.

Les organisations universitaires représentatives de toutes les catégories (professeurs, chercheurs, technico-administratifs, précaires, doctorants, et étudiants) dénoncent depuis des années la façon dont le Système universitaire public est continument et progressivement soumis à de violentes attaques de diverses formes qui l'amènent à une véritable implosion. C'est dans ce contexte que se détache le drame d'un grand nombre de précaires : l'expulsion de l'Université de milliers de « chargés de recherche [3] » est désormais imminente ; elle sera suivie de celle des chercheurs en CDD, tout ceci sans qu'il leur soit donné aucune possibilité sérieuse de concourir à des postes en CDI.
Pour répondre à ces milliers de chercheurs précaires, le recrutement extraordinaire de 20.000 postes de titulaires s'impose (4.000 par an pendant cinq ans), afin de ramener le nombre des enseignants d'universités à celui de 2008 et de rapprocher l'Italie de la moyenne européenne pour le rapport entre nombre d'enseignants-chercheurs et nombre d'habitants.

Dans ce contexte, il est indispensable et urgent d'instituer un statut unique de pré-titulaire à temps déterminé en leur assurant un niveau de recrutement adéquat. Ce contrat devra être de courte durée, de rétribution adaptée, il comportera une réelle autonomie de recherche et la pleine reconnaissance de leurs droits.
Dans le même temps il faut supprimer tous les contrats précaires actuels, y compris ceux des chercheurs en CDD et des chargés de recherche. D'ici-là, il est indispensable de prolonger les précaires actuels jusqu'à ce qu'aient eu lieu les premiers tours des concours de recrutement extraordinaires de titulaires.

Lire le texte intégral ici ou le télécharger ci-après.

Le 16 janvier 2015 2015 s'est tenue à Florence l'Assemblée nationale des précaires. La prochaine Assemblée se tiendra à Rome le 20 février 2015.

L'andu signale l'intéressante intervention de Francesco Sylos Labini « Chercheurs : le processus de précarisation dans l'Université » dans le Fatto Quotidiano.

[1] Instrument définissant les limites dans lesquelles les universités peuvent recruter à la suite de la décision de cesser le renouvellement des fonctionnaires

[2] L'équivalent de notre système SYMPA

[3] Au même sens que « chargés de cours », et non pas à entendre comme CR au CNRS

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Fonds de roulement des universités : le nouvel écran de fumée du président de la CPU ? - Yann Bisiou, Le Sup en maintenance, dimanche 25 janvier 2015

Sauvons l'université - Sáb, 31/01/2015 - 15:22

Quand les péripéties de l'ESR virent à Usual suspects, ce film où le spectateur se fait mener en bateau d'un bout à l'autre.
Sauf qu'ici ce n'est pas le même genre de cinéma...

Mais quelle mouche a bien pu piquer le président de la CPU ?

Depuis quelques jours, le voici qui multiplie les déclarations avec ses vice-présidents, notamment Gérard Blanchard, président de l'université de La Rochelle, et le président de la très influente CDEFI ( "Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d'Ingénieurs") pour s'inquiéter, et même qualifier "d'inepte", un éventuel prélèvement sur les fonds de roulement des universités et écoles d'ingénieurs en 2015. Pour une fois que l'on pouvait considérer que le ministère prenait une décision raisonnable face à la crise que connaissent les universités, Jean-Loup Salzmann crie au loup.

Selon l'AEF, qui a interrogé les différents acteurs sur le sujet, il s'agirait de moduler la dotation des universités et des écoles lorsque leurs "réserves" dépassent 120 jours de dépenses de l'établissement. En clair, au lieu de répartir uniformément la baisse des crédits 2015 sur toutes les universités et toutes les écoles, celles dont les "réserves" sont excessives recevraient une dotation beaucoup plus faible, ce qui permettrait de ne pas réduire d'autant la dotation des établissements en difficulté.

Certes, la mesure est conjoncturelle, mais de là à la qualifier "d'inepte" quand on s'est dit "soulagé" par les coupes budgétaires dans la loi de Finances pour 2015, il y a de la marge ! La prise en compte des fonds de roulement excessifs a le mérite de limiter les effets délétères des suppressions de crédits votées par le Parlement et elle ne concerne presque pas les universités ! En 2013, seules 2 universités sur 77 avaient un fonds de roulement supérieur à 120 jours, près de la moitié étaient à peine à 30 jours de fonds de roulement et 6 étaient en dessous du seuil réglementaire de 15 jours (dont l'université présidée par Jean-Loup Salzmann).
Bref, et c'est là que l'on ne comprend pas le président de la CPU et ses amis, non seulement les universités ne sont quasiment pas concernées par la mesure, mais elles vont en tirer avantage puisque leur dotation sera un peu moins réduite ! Et il y a même une certaine équité dans cette mesure.

On ne gère pas des crédits publics comme on gère un budget familial. En tant qu'opérateurs de l'État, les universités et les écoles d'ingénieurs reçoivent une "subvention pour charge de service public" qui couvre "l'ensemble des dépenses liées à l'exploitation courante (personnels rémunérés par l'opérateur et fonctionnement)" (cf le "jaune" "opérateurs de l'État" en annexe à la loi de finances, p. 10 et pour le détail de la notion de fonds de roulement, la circulaire 2014 relative au cadre budgétaire et comptable des opérateurs de l'État p.26). Quant aux investissements, ils doivent être financés sur des "dotations en fonds propres", pas sur de prétendues économies sur la subvention pour charges de service public. Prétendre, comme le fait la CDEFI, qu'il s'agit d'économies réalisées pour investir, c'est en réalité contourner les règles des finances publiques.

Si certains établissements on pu constituer des "réserves" considérables sur leurs crédits de fonctionnement alors que d'autres sont en difficulté, ce n'est pas un gage de bonne gestion, c'est qu'ils ont reçu une dotation plus élevée que les charges qu'ils assumaient pour leurs missions de service public. L'argument du "bas de laine" et des investissements que la CDEFI met en avant dans un entretien à l'AEF (abonné) ne tient pas.

L'écart entre le niveau de fonds de roulement des universités et des écoles n'a rien à voir avec la bonne gestion. Il illustre le fait que le modèle d'allocation des moyens ne correspond pas aux coûts réels de formation de ces établissements et qu'il pénalise les universités. La mesure envisagée par le gouvernement rétablit ponctuellement l'équilibre en réaffectant les "réserves" excessives de certaines écoles au fonctionnement des établissements qui le nécessitent.

En 2013, 21 écoles d'ingénieur dépassaient le seuil de 120 jours et ce depuis plus de 4 ans. Certaines avaient même plus d'1 an de budget en réserve (477 jours pour la mieux dotée). Et sans être perfide, on remarquera que les écoles dont les réserves sont les plus conséquentes ne sont pas nécessairement les plus prestigieuses... Comment défendre raisonnablement des écoles d'ingénieur financées par l'État qui figurent dans les profondeurs du Palmarès de l'Étudiant et dont le fonds de roulement correspond à 2 années de subvention pour charge de service public ?

Dans ces conditions, pourquoi diable le président de la CPU se mobilise alors que le ministère propose une mesure cohérente d'un point de vue budgétaire, une mesure d'équité qui préserve un peu le service public d'enseignement supérieur, les emplois, les formations et la recherche dans les universités alors qu'il a à peine protesté en décembre quand le même gouvernement supprimait des centaines de millions de crédits aux universités qu'il est censé représenter ?

Il n'est pas dans la nature de Jean-Loup Salzmann et de ses amis de critiquer Najat Vallaud-Belkacem et Genevière Fioraso. Depuis plus de 2 ans qu'il dirige la CPU, il s'est fait le porte-parole zélé des ministres du supérieur. Alors ?

Et bien la dernière fois que Jean-Loup Salzmann a crié au loup c'était en novembre. Il s'inquiétait du non-versement possible en fin d'année d'une partie des crédits SYMPA et agitait la menace d'un défaut de paiement sur les salaires. Il n'en a rien été, et à ma connaissance le gouvernement n'a jamais eu ce projet à l'esprit. En revanche, et sans que Jean-Loup Salzmann ne proteste, le gouvernement en a profité pour ne pas rendre aux universités leur réserve de précaution.

Les alertes du président de la CPU ont bien aidé la ministre à faire passer le gel de la "réserve de précaution", un bel écran de fumée en somme. Alors quand j'entends le président de la CPU critiquer une mesure de bon sens, conforme aux règles des finances publiques et qui est, de surcroit, favorable aux universités, je deviens très méfiant et je me demande quelle mauvaise nouvelle attend encore les universités dans les semaines qui viennent.

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Précarité : 3 cas toulousains pour Fioraso - Sylvestre Huet, Sciences 2, 30 janvier 2015

Sauvons l'université - Sáb, 31/01/2015 - 14:46

Lire sur le site

L'emploi des jeunes docteurs et la précarité des jeunes scientifiques demeurent des sujets majeurs de préoccupation dans les labos. Le Monde indique que « Selon une enquête réalisée en mai et juin 2014 par l'Association pour l'emploi des cadres (APEC), seuls 56 % étaient en poste un an après leur thèse. Soit 7 points de moins que l'ensemble des bac + 5 et 6 points de moins qu'en 2012. »

Le blog reçoit régulièrement des témoignages de jeunes scientifiques sur ce sujet. Voici le dernier reçu, envoyé par un collectif toulousain. Il relate trois cas particulièrement révélateurs de la situation et une série d'interpellations à Geneviève Fioraso, la secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la recherche.

Un CDD de 5 ans, mais en Allemagne

Laurent W. soutient sa thèse d'océanographie en 2010. Il est recruté cette même année pour un post-doc d'un an au CNRS, renouvelé une fois en 2011. Il obtient ensuite un nouveau contrat de CDD chercheur d'un an dans la même équipe. Son supérieur, très satisfait de son travail, souhaite renouveler son contrat mais le CNRS refuse de peur d'avoir à lui proposer un emploi stable ultérieurement. Laurent est alors obligé de faire appel à un juriste du CNRS qui menace l'institut d'aller au tribunal s'il ne fournit pas de raison valable pour ce non renouvellement. Laurent finit par avoir le droit de signer son ultime contrat. Il a aujourd'hui obtenu un CDD de chercheur de 5 ans… en Allemagne.

Thèse, CDD... CAPES ?

Après sa soutenance de thèse en géochimie environnementale en 2012, Geneviève F. enchaîne sur un an d'ATER à mi-temps. Elle termine de rédiger ses articles de thèse pendant son ATER et la période de chômage de 2 mois qui s'ensuit. Elle décroche ensuite un contrat de 6 mois (!) dans un autre laboratoire. Après 1 mois de chômage elle obtient un second contrat postdoctoral de 15 mois dans une nouvelle équipe au cours duquel elle termine la rédaction des articles du précédent contrat. Deux avenants de 2 mois consécutifs lui permettent ensuite de terminer son travail analytique. Geneviève F. rédigera les articles scientifiques de ce dernier contrat sur sa prochaine période de chômage (qui lui servira également de congé maternité). Si elle n'est pas recrutée comme chercheur aux concours cette année, elle partira en post-doctorat à l'étranger pour étoffer son dossier. Cette tentative de rester dans l'ESR sera la dernière. Pour ne plus avoir à changer ses enfants d'école chaque année, et faute d'opportunité dans son domaine, elle devra se résoudre à passer le CAPES.

Quand le prix ne suffit pas

François G. a soutenu une thèse de doctorat en cosmochimie en 2011, travail pour lequel il sera récompensé peu après par un prix scientifique prestigieux. Il obtient par la suite un post- doctorat de 3 ans aux États-Unis, puis il est contraint de rentrer en région Midi-Pyrénées pour des raisons familiales. Faute de poste dans le secteur public, il tente de se réorienter dans le secteur privé. Les dizaines de CV et lettres de motivation ne se solderont que par des refus. Il n'obtiendra qu'une semaine de remplacement en tant que prof de maths dans un lycée professionnel privé à 90km de Toulouse. En 2014, il décroche un contrat d'ATER d'un an à Toulouse, après quoi François, 32 ans, est de nouveau au chômage et repense à la période où ses parents lui recommandaient de faire des études pour avoir un « beau » métier…

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Bloc-Notes de la semaine du 26 au 31 janvier 2015

Cahiers Pédagogiques - Sáb, 31/01/2015 - 14:40

De Léonarda à Ahmed, les ingrédients sont presque les mêmes : intrusion de la police et du juridique dans l'École, indignations et abondance de commentaires. Et des éclaircissements à apporter sur les circonstances de cet emballement médiatique. Mais le contexte est différent puisque cela se situe dans un rappel des “valeurs de la République” après les attentats qui confine à la psychose. Mais comment sortir de l'incantation pour aller vers l'éducation ?
Pendant ce temps, les débats éducatifs continuent et nous nous intéresserons aussi dans ce bloc notes à la question du redoublement.

Psychose toujours
Quel rapport entre un prof de philo de Poitiers et un jeune garçon de 8 ans à Nice ? Ce sont tous les deux les “héros” de la psychose et de l'emballement médiatique et politique qui règnent en ce moment.
En début de semaine, c'est l'histoire de ce collègue de philosophie de Poitiers qui a agité le monde éducatif. Et jeudi, c'est l'histoire d'Ahmed, ce gamin de huit ans convoqué au commissariat de Nice qui a enflammé les commentaires dans une sorte de remake de l'affaire Léonarda.
C'est par un article du journal Centre Presse du 24 janvier dernier qu'on prend connaissance de l'affaire de Poitiers. On peut y lire qu'un professeur de philosophie du lycée Victor-Hugo à Poitiers est suspendu à titre conservatoire pour 4 mois depuis mercredi 21 janvier. Jacques Moret, le Recteur de Poitiers déclarait « Sur ce cas, il y a eu des plaintes de familles. L'enseignant aurait tenu des propos déplacés pendant la minute de silence. J'ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l'éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera sur la suite de sa carrière. ». Le procureur de la République de Poitiers après la plainte du recteur a ouvert une enquête pour apologie d'actes de terrorisme. Elle a été confiée à la PJ de Poitiers. L'enseignant, militant pédagogique et connu pour ses engagements en faveur des sans papiers et du droit au logement, nie avoir été présent pendant la minute de silence. Dans une déclaration à France3 Poitou-Charentes, il affirme qu'il n'a pas prononcé des propos qui pouvaient apparaître comme un soutien à l'attentat commis par les frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo. Même si cet attentat l'a choqué et qu'il ne pouvait en aucune manière le légitimer, il avoue néanmoins être connu comme un professeur qui aime "provoquer les élèves pour les forcer à avoir une vision critique sur les événements.". Il faut aussi signaler que la suspension prise par le Recteur s'appuie sur des propos rapportés et enregistrés par certains élèves en cachette de l'enseignant. Les élèves et collègues soutiennent l'enseignant en question et une pétition a été lancée pour demander sa rétintégration.
Un mineur de 8 ans a été entendu ce mercredi après-midi dans le cadre d'une audition libre au commissariat de Nice (Alpes-Maritimes) pour « apologie d'acte de terrorisme ». Le 8 janvier dernier, l'enfant se trouvait dans sa classe de CE2 lorsqu'il a été invité par son instituteur à s'exprimer sur les attentats de Paris. Il aurait alors affirmé : « Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes ». ” C'est ainsi que commence un article du Parisien daté du 28 janvier
Selon l'avocat, dont les tweets ont contribué largement à la diffusion de cette information, la direction aurait décidé de porter plainte pour « apologie d'acte terroriste » à la suite de ces propos. La nouvelle a fait très vite le tour des réseaux sociaux dans une dynamique très proche de celle de l'affaire Léonarda.
Face à l'ampleur des réactions, dans un deuxième temps, sont venues des enquêtes pour préciser les faits. Il faut signaler notamment deux articles de L'Express. Le premier interviewe une représentante des parents d'élèves et l'autre les autorités judiciaires . Une autre enquête est à lire dans Le Monde qui compare les différentes versions de l'affaire (celle de l'avocat, de la famille, de la police et du Collectif contre l'islamophobie en France-CCIF-). Pour être complet, on peut aussi citer le travail de synthèse de Médiapart . Que retire t-on de la lecture de toutes ces enquêtes qui tentent d'aller au delà de l'émotion ? D'abord que les choses ne sont pas aussi simples que cela. On ne peut légalement accuser un enfant de huit ans de ce type de faits, c'est donc le père qui fait l'objet d'une plainte. Et celle ci n'a pas été immédiate mais a fait suite à une discussion “vive” quelques jours plus tard avec le directeur. Le père était présent à l'audition libre tout comme l'avocat. Le CCIF (qui a le même avocat) évoque une « audition de deux heures » du père et de l'enfant, la police parlant de 20 minutes. D'après la commissaire divisionnaire, interrogée sur France Info, le père et l'enfant ont été entendus pour « comprendre ce qui s'était passé, de voir ce qui avait poussé cet enfant à tenir ce genre de propos ». « On peut regretter que ça ait pris la forme d'une audition formelle, mais compte tenu de l'importance de sa déclaration et du contexte, il nous a semblé qu'on pouvait aller plus loin. Le père a été entendu en tant que civilement responsable, il a regretté les propos de son fils et manifesté plus de regret que d'encouragement. ». Dans une déclaration du 29-01, la Ministre a soutenu la direction de l'École qui s'est selon elle “bien comportée. « Comme c'est la règle en la matière, l'équipe de l'établissement scolaire a veillé à ce qu'un suivi pédagogique soit apporté à cet enfant qu'on a reçu, avec lequel elle a discuté. Elle a très bien fait de le faire, et elle a très bien fait de convoquer son père aussi », a précisé la ministre qui a insisté sur le fait que « le directeur de l'école a porté plainte contre le père et pas contre l'enfant ». De son côté, le SNUipp, syndicat majoritaire dans le primaire a publié un communiqué qui affirme que “l'école a fait ce qu'il fallait ”.
Il n'empêche qu'on peut malgré tout s'étonner et même s'indigner qu'un gamin de huit ans soit entendu dans le cadre d'un commissariat sur des mots et des déclarations dont il ne mesure pas la portée. C'est cela qui provoque l'émotion d'une ampleur bien plus forte que dans le cas du collègue de philosophie qui subit pourtant le même emballement juridique. Tout comme pour d'autres cas évoqués plus brièvement dans la presse où l‘“apologie du terrorisme” a été très vite dégainée assortie de peines assez lourdes.
"Au « ne pas faire de vague » souvent bien intentionné devra succéder le « ne pas laisser passer » pour fixer les limites dont les élèves et futurs citoyens ont besoin pour se construire." déclarait Najat Vallaud Belkacem dans un discours prononcé le jeudi 22 janvier 2015 à Matignon. Elle faisait référence à la propension de certains chefs d'établissements de ne pas faire remonter les “incidents”. On peut dire qu'on est passé d'un extrême à l'autre... Reste à savoir si cette posture de fermeté est efficace sur un plan pédagogique et éducatif. On peut en douter ou du moins se questionner.
Comme le dit le célèbre avocat blogueur Maitre Éolas dans une tribune : “C'est le choc anaphylactique, le système immunitaire du corps qui, en surréagissant, finit par se détruire lui-même. C'est cette image qu'évoque pour moi cette pluie de condamnations. […] Non seulement cette répression absurde est inutile, mais elle est dangereuse..
Car, quels sont les effets pervers ? Rappelons le : sur un plan éducatif, on n'obtient pas une adhésion à des valeurs par l'injonction et la contrainte. S'il est important de dire le droit et de rappeler ce qui est bien et mal, le recours à une “autorité” incontestable et descendante ne peut servir de base à une réelle appropriation de ses valeurs. Si toute la réflexion sur l'“École d'après” ne se résume qu'à ces bombements de torse et cette psychose sécuritaire, on est bien mal parti...
Psychose toujours...?

Incantation ou éducation... ?
On comprend facilement que les événements récents aient renforcé un besoin de communion, mais attention de ne pas sacraliser un être-ensemble collectif, dont certains (élèves et parents) ressentiront d'autant plus durement qu'ils en sont plus ou moins exclus. On ne peut demander le respect de principes républicains sans poser, dans le même mouvement, la question de leurs interprétations et de leurs concrétisations. Sinon, on transforme, comme le craignait déjà Jules Ferry, la laïcité en « religion laïque »… et on continue d'envoyer les enseignants au casse-pipe ! ” nous dit l'historien et sociologue des religions, Jean Baubérot dans une interview au journal Le Monde intitulée “adopter des politiques incantatoires est inutile
Heureusement, donc que certains articles, certains textes, nous invitent à une réflexion qui va plus loin que cette psychose et proposent des pistes pour cette “grande mobilisation de l'École pour les valeurs de la République” puisque c'est ce à quoi nous invite le slogan gouvernemental.
L'historien Christophe Prochasson s'exprime ainsi dans une interview reproduite sur le site de Télérama le 27 janvier : “La question n'est pas celle des valeurs, sur lesquelles il faut être d'une fermeté absolue. C'est la pédagogie qui est en cause. L'enseignement des valeurs républicaines, en dépit des efforts réalisés, est inadapté car beaucoup trop abstrait. Il empêche les jeunes de s'approprier véritablement ce qu'ils considèrent comme des grands mots qui ne leur disent rien. En France, nous continuons de privilégier un enseignement beaucoup trop descendant, du haut vers le bas, commandé par l'idée d'un maître sachant tout, y compris les bonnes valeurs, et transmettant son savoir, comme si enseigner revenait à remplir un verre à partir du liquide qui se trouve dans le flacon. Il faut imaginer un enseignement beaucoup moins didactique (et certains professeurs ne m'ont pas attendu évidemment), plus vivant, plus concret, qui mette la classe en activité, dans l'échange, la confrontation, le désaccord. Ce pourrait être l'occasion d'apprendre la démocratie dans ce qu'elle prend justement en charge, le conflit pour le dépasser. Faire comprendre aux élèves que la démocratie est au-delà de la critique, puisqu'elle s'en nourrit. Le maître doit solliciter, accompagner, provoquer même la discussion et l'échange. Au terme desquels, bien entendu, il reprend la parole pour mettre en avant les vertus de nos valeurs communes qui précisément permettent l'expression des désaccords. Le bon élève est encore trop souvent celui qui sait. Et si c'était aussi celui qui est capable de défendre ses idées et de résister à son environnement quand celui-ci tient un discours inacceptable ? ”. Rappelons que Christophe Prochasson est devenu récemment Recteur de l'Académie de Caen. Un Recteur qui parle de pédagogie...
Toujours dans Le Monde, François Durpaire formule plusieurs propositions pour faire vivre l'École d'après. “Chaque enseignant, dit-il doit prendre conscience que le vivre-ensemble n'est pas une infraction aux « vrais apprentissages ». On entend encore trop le « Je ne suis pas une assistante sociale ».” Et il propose quatre piliers pour “passer d'une laïcité énoncée à une laïcité éprouvée” : une formation moins abstraite, introduire la culture du débat, apprendre la rationalité et oser l'éducation des parents.
Notre ami, Jean-Michel Zakhartchouk livre aussi sur son blog, quelques propositions et réflexions pour “transmettre les valeurs de la République ”. Reprenons sa conclusion : “La République a moins besoin des paroles tonitruantes et des envolées lyriques que d'une patiente construction d'outils, de dispositifs pour tenter de combler les fractures profondes qui déchirent la société française et redonner toute leur force aux valeurs que nous aimons et défendons… ”. On peut évoquer aussi l'interview de Marie-Claude Blais dans L'Humanité. Cette philosophe a participé à l'élaboration du futur programme d'enseignement “moral et civique”. Elle affirme : “C'est une erreur de considérer que les principes de liberté, d'égalité, parce qu'ils sont beaux, suscitent l'unanimité. Ce n'est pas le cas. Mais il faut enseigner que grâce à ces beaux idéaux, on peut transformer la réalité. Sans eux, nous marcherions dans le brouillard. Enseigner nos pratiques et nos valeurs, démocratiques en particulier, montre aux enfants qu'ils peuvent participer à la réalisation de ces principes à partir de leur vécu. La plupart en sont d'ailleurs très conscients. Pour preuve, lorsqu'on leur parle d'honnêteté, d'obéissance, ils s'interrogent sur le comportement de certains hommes politiques qui ne respectent pas les règles. L'enseignement moral et civique est un apprentissage de la distance entre la réalité et l'idéal. Associé à tous les enseignements, il incite à comprendre la société pour être en mesure de la changer”. Signalons aussi La laïcité, ça se travaille ! ” (sur Médiapart) de Daniel Agacinski et Saïd Benmouffok, tous deux professeurs de philosophie.
A la suite de tous ces contributeurs, redisons le avec force : si l'on veut faire adhérer aux valeurs qui sont celles de la démocratie, c'est-à-dire la citoyenneté critique, la libre adhésion, la liberté de penser, la coopération et la solidarité, le débat argumenté sur des idées,... il faut les faire vivre au quotidien dans ses pratiques, dans sa classe, dans son établissement... Car c'est la condition pour que ces savoirs n'apparaissent pas comme "descendants" et déconnectés et donc peu recevables. Il ne s'agit donc pas uniquement de "transmettre" et de faire comprendre les différentes dimensions de la laïcité et de la connaissance des religions, mais il faut aussi, me semble t-il que cela passe par des dispositifs adaptés. La nécessité de faire émerger les représentations, le débat permettant la confrontation et la co-construction des savoirs, les méthodes actives sont des éléments tout aussi importants que les savoirs eux-mêmes. La laïcité c'est aussi une question de pédagogie...
Et c'est aussi une question éducative concernant les enseignants et les autres adultes des établissements scolaires dans leur rôle d'éducateurs. Car "faire vivre" la laïcité c'est aussi essentiel que de l'enseigner. Travailler sur l'altérité, la connaissance de l'autre, l'interculturel, la relation avec les parents le sentiment d'appartenance à une collectivité que serait l'établissement scolaire, me semblent des directions dont doivent s'emparer tous les membres de la communauté éducative.

Redoubler d'efforts...
Pendant ce temps là, les débats du monde éducatif continuent. Après la conférence nationale sur l'évaluation des élèves (dont on attend toujours les conclusions du jury), c'était le tour de la conférence de consensus sur le redoublement. Celle ci a eu lieu mardi et mercredi dernier à Paris à la cité scolaire Paul Bert et le conseil national de l'évaluation du système scolaire (CNESCO) remettra ses conclusions à la communauté éducative le 4 février prochain.
Malgré une actualité qui avait la tête ailleurs, on trouve quand même quelques articles intéressants sur ce sujet dans la presse. Le CNESCO a en effet nourri ses travaux de plusieurs enquêtes dont les journaux se font l'écho. Une première s'intéresse à l'opinion des élèves. D'après cette enquête, nous dit Le Monde , près de 70% des 5600 collégiens et lycéens interrogés sont opposés à sa suppression. 80 % perçoivent le redoublement comme une seconde chance, 73 % comme un moyen d'améliorer ses résultats scolaires. L'attachement au redoublement est encore plus prononcé chez les lycéens. Les trois-quarts d'entre eux souhaitent que le redoublement soit conservé, contre les deux-tiers des collégiens. Toutefois, le redoublement est perçu par les élèves comme une « pratique à risques » sur le plan psychologique : 64 % des collégiens et des lycéens interrogés estiment qu'il démotive et diminue la confiance en soi, 59 % qu'il entraîne un sentiment d'infériorité. 76 % craignent, s'ils devaient redoubler, de ne plus être avec leurs amis, 77 % de décevoir leurs parents. Et puis, quand on questionne les redoublants eux mêmes, beaucoup disent l'avoir mal vécu : 59 % ont trouvé l'année du redoublement ennuyeuse ; 62 % étaient tristes de ne plus être avec leurs amis. Un tiers dit avoir eu envie d'arrêter l'école.
Une autre enquête commandée par le CNESCO à l'institut des politiques publiques s'intéresse au coût du redoublement. D'après ses calculs, nous disent Le Monde ou Libération , cette pratique coûterait deux milliards par an. Un milliard en primaire et au collège et un autre milliard au lycée. Le calcul s'appuie sur les parcours scolaires des quelque 780 000 enfants nés en 1992, jusqu'à leurs 20 ans – soit l'année scolaire 2011-2012. Parmi eux, 48 % ont redoublé (37 % une fois, 11 % deux fois ou plus). Ensuite, on prend en compte le coût d'une année supplémentaire, sachant que le redoublement coûte de plus en plus cher au fur et à mesure que l'on avance dans la scolarité. En effet, une année d'études par élève coûte en moyenne 6 060 euros au primaire, 8 410 euros au collège, 11 310 euros au lycée général et technologique et 11 960 euros au lycée professionnel. L'étude montre ensuite que le redoublement a une influence sur la nature des études. A caractéristiques égales, un élève qui redouble a plus de chances d'être orienté dans la voie professionnelle que dans la voie générale et technologique.
Mais mettre l'accent sur les aspects économiques est, me semble t-il, une impasse. D'abord parce que supprimer le redoublement ne ferait pas pour autant faire des économies. Il faudrait attendre que tous les élèves aient terminé leur scolarité pour les percevoir ! Ensuite parce que la question est d'abord pédagogique. Est-ce que celui-ci est efficace quand il s'agit de proposer le même potage à celui ou celle qui n'a pas aimé la soupe une première fois ? Il faut alors envisager de changer la recette et s'intéresser aux alternatives au redoublement. Un article du Monde décrit plusieurs pistes fondées pour les unes sur la dimension psychologique ; d'autres sur la pédagogie différenciée, l'orientation, le tutorat, la lutte contre le décrochage ou encore la relation aux parents. On retravaille aussi sur l'idée de “cycles” avec la possibilité d'avancer à des rythmes différents selon les matières.
Dans La Croix du 27 janvier, Thierry Torcin, chercheur associé à l'Institut de recherche sur l'éducation (Iredu) après avoir constaté que « En France, le redoublement est inscrit dans nos pratiques et les enseignants y ont parfois recours pour de bonnes raisons, mais c'est aussi souvent un choix par défaut » résume assez bien les enjeux pédagogiques : “comment « apprendre aux élèves à mieux apprendre » et comment « aider les enseignants à mieux aider ».
Et cela suppose en effet, comme le souligne le chercheur, de faire preuve d'imagination et d'innovation pédagogique. Mais, si nous sommes les champions européens du redoublement , c'est bien parce que cela est inscrit durablement dans nos pratiques et notre histoire. Il s'agit aussi de réfléchir aux finalités mêmes de notre système éducatif. C'est ce que développe l'historien Jérôme Krop dans L'Humanité . Pour lui l'usage massif du redoublement à l'école publique s'est développé parallèlement au développement de la sélection.“Le vingtième siècle a été celui de l'allongement massif de la scolarité et de la constitution d'un système scolaire unique du début de la scolarité élémentaire jusqu'à la sortie du collège nous rappelle t-il. Maintenir l'existence d'un collège ouvert à tous et prenant en compte les difficultés des élèves qui ont le plus besoin de l'école, est un défi majeur pour la société française. Y répondre nécessite un projet pédagogiquement innovant, soucieux de ne pas reconstituer de ségrégations supplémentaires dans l'école, mobilisateur pour tous les élèves, leur famille et pour les enseignants. Il devrait être aussi doté des moyens nécessaires pour lutter contre des inégalités scolaires dont toutes les études nationales et internationales montrent qu'elles atteignent en France un niveau très préoccupant. Une transformation d'une telle ampleur ne peut qu'être le résultat d'une vaste réflexion collective impliquant tous les acteurs concernés.
Terminons donc ce bloc-notes sur cette interpellation qui rejoint celle de Philippe Meirieu dans une interview très intéressante au Monde. Je vous renvoie à la version longue publiée sur le site de notre ami plutôt que celle, tronquée et mal titrée, du journal. C'est à lire avec beaucoup d'attention. “Le constat, formulé par Antoine Prost il y a quelques années, me semble plus que jamais d'actualité : on a démocratisé l'accès à l'école sans démocratiser la réussite dans l'école.” nous rappelle Philippe Meirieu qui souhaite une École qui “tienne ses promesses” car, dit-il, “la fracture scolaire s'accroît jusqu'à ruiner la crédibilité de tout discours sur l'égalité républicaine...
Et si c'était cela la vraie mobilisation pour les valeurs de la République (et de la Démocratie par la même occasion) ?

Bonne Lecture...

Philippe Watrelot

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Poullain de la Barre, De l'égalité des deux sexes

Fabula - Sáb, 31/01/2015 - 13:51
De l'égalite des deux sexes - Discours physique et moral, où l'on voit l'importance de se défaire des préjugés François Poullain De La Barre éd. Martine Reid 29/01/2015 Editeur : Gallimard (Editions) Collection : Folio 2€ ISBN : 978-2-07-046216-2 EAN : 9782070462162 Format : Poche Présentation : Broché Nb. de pages : 144 p. Pourquoi, sous toutes les latitudes et à toutes les époques, les femmes ont-elles été considérées comme des êtres imparfaits et méprisables, impropres à l'éducation ? Si «les deux sexes sont égaux pour le corps et pour l'esprit», alors toutes les portes devraient leur être ouvertes : «Ce serait une chose plaisante de voir une femme être assise sur un tribunal pour y rendre justice ; conduire une armée, livrer une bataille ; et parler devant les républiques ou les princes comme chef d'une ambassade.» Un plaidoyer original en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes par l'un des premiers penseurs de la condition féminine au XVIIe siècle. Né à Paris en 1647, Poullain de La Barre est ordonné prêtre après des études de théologie. Il s'éloigne ensuite du catholicisme et conteste plus ou moins ouvertement ses vues : il publie trois ouvrages inspirés par la "méthode" du mathématicien et physicien philosophe Descartes : De l'égalité des deux sexes (1673), De l'éducation des dames pour la conduite de l'esprit dans les sciences et dans les moeurs (1674), et De l'excellence des hommes contre l'égalité des sexes (1675) qui n'a d'autre objet, malgré un titre provocateur, que de poursuivre les réflexions des deux autres livres. En 1688, trois ans après la Révocation de l'Edit de Nantes, Poullain de La Barre, converti au protestantisme, se réfugie à Genève. Après avoir vécu des bénéfices de son enseignement et pourvu du titre de "bourgeois de Genève", il y meurt en 1723.
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