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Parcoursup…, la gueule de bois - 22 mai 2018 et après

Sáb, 16/06/2018 - 10:30

• La presse des jours d'après se rend compte qu'il y a un problème :

  • Pause pour le bac
  • Et les 'excellents' petits soldats sont dépités, eux aussi.
  • Angoisse avant le bac ?
  • Parcoursup discriminatoire ? oh !
  • Le Canard Enchaîné
  • Les effets collatéraux

• Twitter ou le bureau des pleurs et le comptoir de l'humour (jaune)
• La presse (un peu) à l'écoute : pas 270.000, pas 400.000, 419.000 sans réponse
• Jusqu'au 22 mai, tout allait encore très bien Madame la Marquise.

Parcoursup : à quelques jours du bac, davantage de candidats en attente que l'an dernier

Le Monde Campus, Séverin Graveleau , 15 juin
En 2017, avant le bac, 19 % des candidats étaient dans l'attente d'une proposition sur la plate-forme d'admission dans le supérieur. Ils sont 22 % le 15 juin.

[…]Un coup d'œil aux chiffres de l'année dernière permet toutefois de relativiser la « performance » de Parcoursup. En 2017, avant le début du bac, 156 000 candidats étaient sans proposition, soit environ 19 %. Frédérique Vidal parlait alors de « chiffres faramineux » et d'un système « à bout de souffle », profitant de l'occasion pour lancer sa réforme de l'accès à l'enseignement supérieur…

En outre, sous l'ère APB, 81 % de candidats avaient obtenu une proposition dès l'ouverture de la procédure, le 8 juin. Un ratio que Parcoursup n'a donc toujours pas atteint, après plus de trois semaines de fonctionnement : la nouvelle procédure est plus lente que sa prédécesseure.[…]

Reste à savoir dans quelle mesure les propositions faites aux candidats les satisfont ? Là encore, la réponse est plus difficile à obtenir avec Parcoursup qu'avec son prédécesseur. Lors de la première phase d'APB en 2017, 49 % des inscrits avaient directement obtenu un « oui » à leur vœu préféré. Rien ne permet de dire ce qu'il en est des 78 % de candidats auxquels Parcoursup a aujourd'hui fait au moins une proposition

L'ire des profs de Paris-Diderot

Le Figaro étudiant

Le directeur de l'UFR chimie de l'université est particulièrement « agacé ». Le rectorat, via son nouveau logiciel, favorise les bacheliers parisiens médiocres.

L'an dernier, sur les 110 places offertes en première année de chimie au sein de cette université parisienne prisée, « environ 40 % étaient occupées par des lycéens venus de banlieue ou de province ». Cette année, le rectorat, via le logiciel Parcoursup, n'autorise pas la filière à prendre plus de 3 % de bacheliers non parisiens.
Résultat : d'excellents élèves de banlieue sont aujourd'hui relégués dans les bas-fonds de la liste d'attente alors que des lycéens parisiens aux résultats moyens voire médiocres caracolent en tête des admis. « Les treize premiers admis ont des résultats corrects sans plus. Mais dès la 14e place, nous avons un élève parisien qui plafonne à 8 de moyenne générale. Malgré ses 17,5 de moyenne, un candidat du Val-de-Marne, lui, est relégué en attente à la 1 010e place ! », rage Benoît Piro, le responsable de la licence de chimie. Des lycéens de « niveau faible voire très faible passent avant des candidats de banlieues limitrophes ayant 5 à 10 points de plus de moyenne générale ! ».

« Tout a été remis en cause. Nous avons l'impression d'avoir travaillé vainement. Un simple tirage au sort aurait presque donné le même résultat ! »

Lire aussi « Parcoursup : comment Paris évince les lycéens de banlieue »
Le Figaro, 10 juin

Parcoursup : des responsables de formations sélectives interrogent les quotas de boursiers.

Le Monde, 7 juin

Certains enseignants d'IUT regrettent que la plate-forme Parcoursup ait modifié les classements de leurs candidats afin d'atteindre les taux minimaux de boursiers créés cette année.

« La maîtrise d'œuvre de Parcoursup modifie nos classements » des candidats, explique Jean-François Antoine, ancien président de l'assemblée des chefs de département GEA, et responsable de celui de Troyes. Selon lui, c'est la « souveraineté même des jurys de sélection qui est remise en question par Parcoursup ».
En cause : la mise en œuvre par Parcoursup des quotas minimaux de boursiers. [1]

Parcoursup : « Avoir un "oui" ne veut pas dire que l'élève a une formation où il veut aller ! »

Libération, Marie Piquemal, 9 juin
Aujourd'hui, un prof de sciences économiques et sociales de Seine-et-Marne (77)

« J'ai l'impression que Parcoursup a tous les travers d'APB, avec des défauts en plus, qui rendent le nouveau système encore pire que l'ancien. Je pense à cet effet "liste d'attente", par exemple. Dans le ressenti de nos élèves, cela renforce le sentiment de ne pas avoir les mêmes chances que les autres parce qu'ils viennent de Seine-et-Marne. Ils ont le sentiment de devoir attendre que les Parisiens fassent leurs choix. Eux passeront après, ils auront droit aux restes. En salle des profs, on en est venu à se demander si certaines facs n'avaient pas pris en compte un critère kilométrique, en partant du principe que plus un élève vient de loin, moins il a des chances de réussir. C'est la seule explication que l'on ait trouvée pour comprendre comment si peu de nos élèves ont les choix qu'ils voulaient. Pour nous, ils paient l'enclavement de la Seine-et-Marne.

« Le pire, c'est qu'on ne saura jamais si Parcoursup a bien fonctionné ou pas. Avec APB, on pouvait tirer un bilan : tant d'élèves ont leur premier vœu, tant leur douzième… Là, la seule donnée diffusée, c'est le nombre d'élèves ayant un vœu accepté. Mais cela ne veut pas dire que c'était la formation qu'il voulait !

Lycéens vs. Parcoursup : algorithme ou garde à vue ?

France-Inter, « Comme un bruit qui court », Giv Anquetil, Antoine Chao, Charlotte Perry ; 9 juin 2018

Cette semaine dans Comme Un Bruit Qui Court, et à 10 jours des épreuves du bac, retour sur la mobilisation lycéenne. Les résultats tombent, les gardes à vue aussi.

Les lycéens sont inquiets pour leur avenir et l'ont fait savoir !

Le 22 mai, à la fin de la journée de manifestation de la fonction publique et journée de déconvenue quand les premières réponses du nouveau logiciel de sélection post bac Parcoursup sont tombées, une centaines de jeunes lycéens et étudiants sont entrés dans le lycée Arago à Paris, pour y tenir une assemblée générale.
L'objectif : réfléchir et réagir à cette nouvelle forme de sélection algorithmique à l'entrée de l'université qui vire à la ségrégation sociale et géographique. […]

À écouter ou podcaster ici.

Parcoursup : l'autre angoisse avant le bac ?

RFI, 7 milliards de voisins, Emmanuelle Bastide, 7 juin
Un stress de plus à l'approche des épreuves du baccalauréat. Cette nouvelle sélection à l'entrée de l'université est-elle la meilleure réponse au manque de places dans les facultés ? Quelles chances de réussite pour les lycéens qui ne peuvent plus choisir leur filière ? L'état doit-il ouvrir plus de places dans les cursus professionnels courts (IUT, BTS) ?
Comment procèdent les autres universités en Europe ?
Exemple de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne

François Germinet, Président de l'Université Cergy de Pontoise et de la Commission Formation de la Conférence des Présidents d'Université (CPU)
Juliette Tricot, Maître de conférences en Droit à l'Université Paris Nanterre, membre du collectif de juristes nanterrois à l'initiative de la tribune "Parcoursup : l'imposture"
Louis Boyard, Président de l'Union Nationale Lycéenne
Micro-trottoir d'Alice Milot sur l'angoisse des lycéens en attente d'une affectation à l'Université.
QR de Muriel Delcroix, correspondante de RFI à Londres, sur la sélection dans les universités anglaises.
QR de Nathalie Versieux, correspondante de RFI à Berlin, sur la sélection des universités allemandes.

Cette réforme renforce l'exclusion territoriale, je le mesure dans ma ville

Libération, Marie Piquemal, 4 juin 2018
Meriem Derkaoui, maire communiste d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis :

Dans ma ville, des lycéens commencent vraiment à paniquer. Ils se sentent seuls. Tous n'ont pas à la maison des parents qui parlent le français et en mesure de les aider. Je ne pouvais pas les laisser livrés à eux-mêmes. Je ne pouvais pas rester spectatrice de ce tri social. J'ai donc décidé d'ouvrir une permanence SOS Parcoursup à la mairie. Elle est ouverte chaque soir de 17 heures à 19 heures.
C'est aussi un moyen pour moi d'établir un recensement précis des situations. Je veux savoir : à qui donne-t-on une chance de réussir avec ce nouveau système ? Combien se retrouvent de fait exclus ?
Les difficultés étaient prévisibles depuis le départ. Avec cette réforme, ils ont ajouté des éléments bureaucratiques, qui sont autant d'obstacles supplémentaires pour accéder à l'université. Je pense par exemple à ces lettres de motivations, c'est une façon de multiplier par cinq ou par dix les difficultés pour nos jeunes… alors qu'il aurait fallu, au contraire, les alléger !

Couac : des lycées en section internationale sur la touche à cause... d'une note oubliée

Libération, Parcoursup au jour le jour
A Bordeaux, des parents viennent de monter un collectif : leurs enfants, en section bilingue français-espagnol, n'ont pas eu les formations qu'ils espéraient. En fouillant, ils ont trouvé l'os.

Parcoursup est "discriminatoire" et porte "préjudice aux lycéens du 93 et des départements les plus défavorisés"

France-Info, 31 mai
Le lycée Paul Eluard de Saint-Denis est bloqué, jeudi 31 mai, par des élèves qui protestent contre l'attribution des propositions de Parcoursup, rapporte France Bleu Paris. Les syndicats s'inquiètent du caractère "discriminatoire" de la plateforme.
Plus d'un élève sur deux sans réponse

Selon un sondage de Sud Education réalisé auprès d'enseignants, 63 % des élèves d'une classe de terminale de Stains (Seine-Saint-Denis) n'avaient reçu aucune proposition la semaine dernière. Le chiffre monte à 71 % en moyenne dans plusieurs classes d'un lycée professionnel de Saint-Denis. Tandis qu'à Sceaux (Hauts-de-Seine), une classe de terminale littéraire ne présentait aucun élève sans réponse.

Au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, 65 % des élèves n'avaient pas de proposition en première semaine contre 50 % au niveau national, un taux réduit à 56 % mardi 29 mai, quand la moyenne nationale, elle, avait chuté à 33 %.

Le Monde 31 mai 2018 : Parcoursup accusé de discrimination, un lycée bloqué
Selon plusieurs élus, syndicats et professeurs, un élève sortant d'un lycée prestigieux aurait plus de chances de voir ses vœux acceptés qu'un autre au dossier identique. Le ministère dément.
La contestation de Parcoursup ne s'est pas éteinte avec la publication des premiers résultats d'admission. Elle continue, mais avec de nouvelles accusations. Selon plusieurs élus, syndicats et professeurs, un élève sortant d'un lycée prestigieux aurait plus de chances de voir ses vœux acceptés qu'un autre, au dossier identique, mais provenant de certains lycées défavorisés.
Pour lire la suite.

Parcoursup : Algorithme & blues

Le Canard Enchaîné, Clara Bamberger, 30 mai 2018

Quand Parcoursup complique la recherche d'un logement social

Libération, Timothée de Rauglaudre, 29 mai 2018
Les lycéens et étudiants boursiers ont jusqu'à jeudi pour demander un logement social sur la plateforme en ligne du Crous. Pour le tiers de candidats à Parcoursup qui n'ont pas encore d'affectation, difficile de choisir dans quelle ville faire sa demande.

Comme tous les lycéens et étudiants boursiers, [Nicolas] a jusqu'à jeudi pour remplir son dossier en ligne. Il faut dire qu'avec sa position sur Parcoursup dans les cursus de cinéma – 588 sur 1 124, 525 sur 567, 248 sur 360 et 936 sur 1 214 – impossible pour lui de savoir où il étudiera à la rentrée. Après avoir interrompu sa première année de licence de droit à Bordeaux pour des « raisons personnelles », il est retourné vivre chez ses parents dans la région. Sur la nouvelle plateforme post-bac, il a formulé quatre vœux pour commencer des études cinématographiques. Lui qui a connu APB l'an dernier ne s'attendait pas à se retrouver sans aucune affectation. « Je peux être sur liste d'attente jusqu'à septembre. Le pire, c'est le temps d'attente. Personnellement, vu que j'ai déjà le bac, je n'ai pas ce stress en plus mais je n'imagine pas les lycéens. »


Cartographie de l'exclusion


(Source : Swagg, d'après Sud et Le Monde)

« Parcoursup laisse les élèves mijoter, vérifier, espérer »

Le Monde, Séverin Graveleau, 26 mai 2018.

La loi orientation et réussite des étudiants, promulguée en mars, prévoit une procédure « en continu », où la hiérarchisation des vœux, qui permettait par le passé de faire automatiquement une seule proposition à chaque jeune, a été abandonnée pour un système « plus humain », où les candidats ayant reçu plusieurs propositions sont invités à les accepter ou à les remettre au pot commun.[…]
« Avec 8 vœux en attente et 2 refus, on a reçu une gifle [2] d'une violence inouïe »

Parcoursup : « Le plus gros choc pour mes élèves, c'est ce classement »

Libération, Marie Piquemal ,25 mai 2018

Aujourd'hui, Denis, prof de maths dans un lycée de Marseille situé en réseau éducation prioritaire
« Le plus gros choc pour mes élèves, ça a été ce classement. Ils connaissent leur rang pour les vœux en liste d'attente [un petit compteur s'actualise chaque jour, ndlr]. C'est la première fois de leur vie qu'ils sont classés. Ce n'est pas facile pour eux, ils n'étaient pas préparés à ça, moi non plus d'ailleurs, nous n'étions pas informés. […]
« Maintenant, une nouvelle étape commence : il va falloir suivre au quotidien la plateforme, s'assurer qu'ils valident bien leurs vœux. Nous les profs, on joue le rôle des papas-mamans, à leur courir derrière pour vérifier qu'ils répondent bien dans les temps. Hélas, le site Parcoursup va devenir "mon petit truc" du réveil sur mon téléphone. D'autant qu'au-delà de mes élèves, je reçois beaucoup d'appels et de messages de personnes de mon entourage dont les enfants sont concernés, et qui s'inquiètent. A ma petite échelle, je suis devenu un monsieur Parcoursup. Je m'en serais bien passé. »

La « violence institutionnelle » de Parcoursup déstabilise les lycéens

Mediapart, Faïza Zerouala, 23 mai 2018

Tous confient aussi craindre plus que tout la « fausse manipulation » sur le site, ou le bug qui leur ferait confirmer n'importe quel vœu et perdre tous les autres. « J'ai trop peur de cliquer quelque part et de tout perdre », confie Louise. Ugo explique que ni lui ni aucun de ses camarades n'a pour le moment osé appuyer sur la touche « j'accepte » ou « je renonce ». « Un mauvais clic peut tuer toute mon orientation », craint le lycéen.

Tout ce que vous avez voulu savoir sur Parcoursup

Libération, Marie Piquemal, Margaux Lacroux et Emma Donada — 23 mai 2018

Avec l'ancien système Admission post-bac (APB), les élèves hiérarchisaient leurs vœux. La moulinette APB tournait ensuite à trois dates successives, attribuant à chaque fois une place aux candidats en tenant compte de l'ordre des préférences préalablement établi. « Avec APB, beaucoup étaient mécontents à la fin car ils se retrouvaient avec une formation attribuée dont ils ne voulaient parfois plus », insiste l'entourage de Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, pour justifier son choix. Désormais, avec Parcoursup, les vœux ne sont plus hiérarchisés. Le ministère explique avoir voulu ainsi « redonner le dernier mot au candidat. L'élève se prononce quand il a toutes les cartes en main ».

Et béh ! deux gros mensonges dans la même phrase, et pas une des journalistes pour les relever : 1. en réalité, 63% de 1er vœu au 1er tour [3], 2. quelles cartes, dans quelles mains, quand la moitié des élèves n'a strictement rien ?Voir les chiffres ici.

Lire aussi Le parisien (et son infographie comparant Parcoursup et APB)

Parcoursup : « On va angoisser pendant tout l'été ? »And the winner is…


La cellule psychologique (de dégrisement ?) mise en place par la FAGE, toute honte bue, alors qu'elle a soutenu la manœuvre depuis des mois…

Et la reine Mathilde n'a qu'à bien se tenir (et dire que Macron voulait prêter sa broderie aux anglais !).

#ParcourSupercherie

Sophie Vénétitay, prof de SES
#ParcourSup : dans ma classe de TES, 21 élèves sur 34 sans aucune proposition. AUCUNE ! Ceux qui n'avaient que des vœux en fac ou ceux qui avaient pensé une stratégie cohérente. Qu'on ne vienne pas me parler d'humain ds la machine.

Den
#Parcoursup c'est le nouveau thanos il viens d'éliminé 400 000 étudiants

Pamelaa
Dans ma classe on est tous sur liste d'attente sur #Parcoursup

MkmQiiTweet
Merci beaucoup pour ton amour #Parcoursup

A. Chambert-Loire
Honte de n'avoir rien d'autre à dire à ma fille lycéenne, refusée à son vœu préféré, acceptée à un choix qui ne l'intéresse qu'à peine, et en attente sur tout le reste, que des merdes d'éléments de langage... #Parcoursup

LM
Alors on m'explique ? Être dans la liste d'attente d'une licence science de la vie, alors que j'ai eu 18 en svt au bac l'année dernière ? #Parcoursup

Marie-Anaïs Socio
Ma fille bac mention très bien, n'a pas choisi la bonne voie au départ. Elle tombe malade, remise à niveau en privé (5000 E en près étudiant . pour une boursière) Elle n'est prise nulle part. J'ai envie de tout faire péter ... #parcourSupercherie

Cindy Leroy
‏Je suis 818 ème sur la liste d'attente de Rouen.
Ya 920 place
Et je suis 3279 sur la liste d'attente de Caen, ya 1050 place.
Donc à moins que il y aie 819 personne qui refuse la fac de Rouen, j'ai aucune école pour septembre... Merci #Parcoursup

doug racing
WESH #Parcoursup LA SÉLECTION CEST DUR LE CHOMAGE C'EST SÛR

Paulo
C'est pas une fac c'est Koh-Lanta le truc #Parcoursup

Bodoro
Refusé partout sur #Parcoursup mais je n'oublie pas que nous sommes la nation FRANÇAISE

Clarisse
Difficile d'expliquer à mes élèves anxieux que leurs OUI mais "en attente" ne sont pas vraiment des OUI et que l'attente ne cessera peut-être jamais. #Parcoursup

Arsenalinho
‏Je crois que je vais prendre des vacances vous me conseiller quoi comme destination ? #Parcoursup

Mathieu Tomé
Un camarade de classe a des meilleures notes (partout) que moi mais n'est pas pris dans une licence dans laquelle je suis pris. En plus de sélectionner, cela est mal fait. Époustouflant. #Parcoursup

Nathalie Cayet
Mon fils : mention TB au bac en juin dernier, une année d'hypokhâgne cette année, demande de réorientation pour l'an prochain.
Résultat du jour : en attente partout sur #Parcoursup
#OhWait A 18 ans, on n'a pas le droit de se tromper d'orientation

Nono
J'suis mort y'a une école qui m'a mis "oui si" oui si quoi frère finis t'as phrase #Parcoursup

Amél
En refusant un vœu #Parcoursup j'ai l'impression d'avoir sauvé une vie

Tamé
Préparez vous mentalement les futurs terminales car vous avez plus de chance de gagner au loto que être admis sur #ParcourSup

Jonathan
Sympa le nouveaux Battle Royale
#Parcoursup

Adrien Pages
Y a des listes d'attente t'as de quoi remplir un zénith avec #parcoursup

Omar
C'est plus Parcoursup c'est Parcours Chute on va tous chuter à pôle emploi les gars #Parcoursup

Loan
‏Twitter donne moi des vibes positive la jsuis en sueur. #parcoursup

bacardì
‏si vous me prenez pas en BTS jvais contribuer à l'économie souterraine en faisant pute on va voir si ça fait du bien au PIB français ça #parcoursup

Léna
travailler toute l'année à fond, être parmi les meilleurs de sa classe pour se retrouver en liste d'attente c'est vraiment un rêve merci #Parcoursup

Celine
‏jsuis passée de « je vais me défoncer en prepa pour me faire 10000€/mois » à « peut être que fleuriste c'est vraiment cool en fait » #Parcoursup

Flavie
‏J'ai appelé mon père pour lui dire que j'étais prise à toutes mes facs. C'était avant de voir marqué « en liste d'attente » #Parcoursup

tsullerot

‏Plus de chance d'être pris sur la liste de Deschamps que sur Parcoursup.
#ParcourSup

@lmcvn_
Je veux bien que l'espoir fasse vivre mais y'a des limites #parcoursup

Soph'
‏Il est 7h00, Jsuis levée depuis même pas 1h mais ça fait 3 fois déjà que jvais sur #Parcoursup ce matin, merci du stress continu que ce système procure

@Totheupsidedown
Avoir 20 de moyenne en anglais et être en liste d'attente pour une fac d'anglais ... un concept #Parcoursup

Bapp
Parcoursup jcroit si il menvoie un oui pr une fac o Congo jvalide illico
#Parcoursup

Vidal et l'arithmétique

L'arithmétique #ParcourSup est pour le moins étrange. Annonce de Vidal : 419 000 candidats ont eu des propositions hier soir. 68 000 en ont accepté une. Ils en ont libéré 55 000. Et 17 500 candidats ont reçu une nouvelle proposition.


Hein ?


Hein ??

hein ???
[il paraît que ce sont des fakes… ça fait rien, c'est drôle quand même]

Mediapart, Faïza Zerouala 22 mai 2018

Parcoursup : l'angoisse continue

Après des mois de spéculations, les élèves de Terminale ont reçu mardi à 18 heures les premières réponses concernant leur affectation dans l'enseignement supérieur. La ministre Frédérique Vidal a prévenu : il devrait y avoir une forte attente et près de 400 000 jeunes sans réponse dans l'immédiat.

La professeure [4] considère que cette incertitude est consubstantielle à cet outil « pensé pour les premiers de cordée ». « Celui qui a conçu ce système ignore un aspect psychologique très présent chez les adolescents : la difficulté à faire un choix. Certains vont se laisser dépasser, vont laisser filer le délai. » D'autres vont emprunter d'autres voies en allant, pour les plus aisés, dans des écoles privées hors de prix. Certains abandonneront purement et simplement, en prenant un job peu qualifié pour assurer leurs arrières.

Libération 23 mai, Marlène Thomas.

« Sept refus et trois "en attente", j'ai encore rien dit à mes parents »

J'ai vu qu'on pouvait voir sa place sur les listes d'attente. Pour la fac de droit, je suis 598e sur 1040 (pour 300 places), pour celle d'informatique 355e sur 532 (pour 140 places disponibles) et la troisième en informatique à Pau 236e sur 251 (pour 30 places disponibles). Cela donne une idée, mais finalement ça m'inquiète encore plus. Le système est d'autant plus pervers que les réponses arrivent avant le bac. J'ai déjà un ami qui m'a dit que ça le décourageait. Ceux qui ont été acceptés, ça les motive bien sûr à décrocher le diplôme, mais quand on essuie des refus, qu'on est en attente, c'est plutôt l'inverse.

Libération, Savinien de Rivet

Que nous apprend l'algorithme de Parcoursup qui a été rendu public ?

Avec l'absence de hiérarchisation des vœux, les mécontents risquent d'être plus nombreux qu'avec APB.

Le Parisien

Premières réponses de Parcoursup : le site n'a pas tenu le choc

400 000 [5] lycéens seront sur liste d'attente ce soir selon Frédérique Vidal sur France Inter. Elle a raison, "c'est différent des autres années ", et "l'attente est un peu stressante mais c'est juste de l'attente". Et encore : "moi les étudiants c'est toute ma vie".

Plus c'est gros, plus ça passe ?
Elle dit aussi [6] que 65.000 étudiants ont été tirés au sort l'an dernier sur APB… aucun journaliste pour reprendre ses chiffres (3500 en réalité, soit moins d'1% des candidats dans les 169 filières en tension en 2017 —sur plus de 10.000 tout de même)

Bis repetita
Un prof de lycée auditeur demande à la ministre si elle n'a pas volontairement noirci le tableau d'APB et du fonctionnement des universités… R : "Il faut sortir de l'idée que l'objectif est de sélectionner" .

Teillard, on l'aime
Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup, sur France Info à 12h40 : "Avec APB, il y avait 3 phases, avec ParcourSup, c'est bien mieux, il y a plus de 100 phases"…

Si la CPU n'existait pas…
"Il y a un parcours continu qui va permettre de libérer des places (...) vous pouvez vous retrouver au rang 1000, pour autant ça ne veut pas dire que vous n'aurez pas de place" ➡ Gilles Roussel, président de la CPU (un truc qui existe dans l'enseignement supérieur), sur RMC.

***

** Et soudain, la semaine d'avant, le surbooking devint possible : ici ou là, le rectorat contacta les doyens pour revenir sur la donnée d'appel. Tout d'un coup, un surbooking à la hauteur du nombre de candidatures fut accepté. Ailleurs, soudain, toutes les candidatures furent classées ex-aequo.

C'est qu'un message du 17 mai sur la plateforme de gestion Parcoursup explique que "...pour fluidifier le processus, nous vous ouvrons la possibilité de saisir, directement et sans passer par votre SAIO [ND le rectorat], les rangs limite d'appel pour vos formations".
Traduction : les responsables des licences non sélectives pourront dire OUI dès le 22 mai à l'ensemble des candidat-e-s à leur formation même si leur nombre excède les capacités d'accueil de la licence concernée. Or, jusque là, pour des raisons strictement idéologiques (introduire une apparence de sélection même là où ça n'a pas le moindre sens), le ministère répondait à ces responsables de licence qu'il fallait absolument CLASSER et METTRE EN ATTENTE même si ça ne servait à rien. Par exemple, une licence qui affiche officiellement 100 places de capacité et a reçu 400 candidatures. Les responsables savent par expérience qu'au terme des désistements il y aura de la place pour tout le monde...mais jusqu'à il y a quelques jours, les responsables de licence en question n'étaient pas autorisés à dire OUI aux 400 candidat-e-s. On leur demandait de faire un classement et de mettre artificiellement sur liste d'attente 300 d'entre eux.

Et voilà que les responsables de licence soupçonnés jusqu'alors d'être de dangereux anarchistes sont devenus d'utiles "fluidificateurs de processus". Car en disant OUI tout de suite, ils vont (un peu) réduire la taille des énormes files d'attente qui se préparent.
Mais que ces aimables fluidificateurs n'espèrent pas que le ministère les remercie : un message leur a été adressé sur Parcoursup pour leur préciser qu'ils doivent bien sûr s'engager à accueillir leurs candidat-e-s "sans moyen financier supplémentaire" ! Aux collègues auxquels on répète depuis des mois qu'ils doivent classer les candidatures reçues dans Parcoursup sans quoi aucun-e étudiant-e ne sera accepté dans leur licence...... et qui ont, souvent la mort dans l'âme, produit des classements qu'ils savaient en outre parfaitement inutiles : c'était une blague juste pour voir si nous obéissons quand on nous donne des ordres absurdes !"
[merci à Hélène Steinmetz pour cette très utile "traduction"]

L'idée de SLU est que cette modification ne s'adresse pas aux enseignants-chercheurs, mais aux directions, aux rectorats, à ceux qui ont voulu (ou pas) récupérer le bébé ParcourSup, après le refus des premières commissions, des départements, des UFR…

CAR

** 270.000 candidats seraient en attente avec #Parcoursup contre 156.000 au 1er tour avec APB (Le Parisien-étudiant, 17 mai 2018)

#APB2017 : 652 980 candidats ont eu 1 proposition dès le 1er tour, dont 400 861 sur leur 1er vœu (soit plus de 61% des propositions)
#Parcoursup2018 : Environ 1/3 des candidats soit 270 000 va devoir attendre au minimum 1 mois avant de recevoir un ‘oui' ou un ‘oui si'.

** Et puis il y a ce merveilleux "slide" envoyé aux proviseurs de lycée dans l'académie de Versailles. Extraits :



Montage du collectif "Cortège de tête".

[1] Voir notre analyse « Le recteur, le taux de boursiers et la concertation » : une fable moderne - Mariannick Dagois pour SLU !, 7 juin 2018.

[2] Note de SLU : c'est bien plus humain que les coups de pied au cul, tous les lycéens vous le diront.

[3] SIES :lors de la procédure normale, « 44% des bacheliers professionnels ont obtenu leur premier vœu : pour ces derniers, c'est 6 points de plus que la précédente campagne.[2016] » Un chiffre en hausse par rapport à 2016, mais qui reste tout de même largement inférieur à ceux des deux autres bacs : 63% pour les bacheliers généraux et 51% pour les bacheliers technologiques.

[4] Claire Guéville, responsable des questions de lycée au Snes,

[5] Ah bon ? c'était 270.000 la semaine dernière

[6] Ici à 19'15

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Christine Jarrige : « On se dirige vers la fin du service public de l'orientation scolaire » - Faïza Zerouala, Médiapart, 15 juin 2018

Sáb, 16/06/2018 - 08:05

Les centres d'information et d'orientation sont menacés, selon les syndicats, par un article du projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », examiné cette semaine à l'Assemblée nationale. Cette réforme prévoit le transfert de leurs compétences aux régions. Christine Jarrige, conseillère d'orientation-psychologue en Seine-Saint-Denis et membre du collectif des psychologues du Snes-FSU, revient sur l'inquiétude de ses confrères.

es conseillers d'orientation-psychologues de l'Éducation nationale sont inquiets. Ils s'élèvent contrele projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », porté par Muriel Pénicaud, qui réforme la formation, l'assurance-chômage et l'apprentissage. Ce projet est examiné depuis ce lundi et jusqu'à vendredi à l'Assemblée nationale.

Depuis plusieurs semaines, l'article 10 est au cœur des inquiétudes : cet article « organise l'extension des missions des régions en matière d'orientation pour accompagner le parcours de formation des jeunes ». Il précise aussi que « les missions exercées par les délégations régionales de l'office national d'information [...] sont transférées aux régions ».

Les conseillers d'orientation-psychologues craignent la disparition des 378 centres d'information et d'orientation (CIO), puisque ceux-ci seraient désormais intégrés dans les établissements scolaires même si le gouvernement s'est engagé à maintenir un CIO par département, ce qui est jugé insuffisant par les organisations syndicales. Le 5 juin, les psychologues de l'Éducation nationale ont manifesté en nombre à l'appel d'une large intersyndicale (Snes, SE-Unsa, CGT, SGEN-CFDT, FO, Sud).

Christine Jarrige est conseillère d'orientation-psychologue en Seine-Saint-Denis et membre du Collectif national des psychologues du Snes-FSU. Elle exerce depuis 1989 et raconte les difficultés auxquelles fait face sa profession, critiquée par certains pour être responsable des erreurs d'orientation de certains élèves et plus largement des défaillances du système d'orientation français.

Quelles sont aujourd'hui les missions des conseillers d'orientation-psychologues de l'Éducation nationale ?

Christine Jarrige : Depuis le 1er septembre, nous avons un nouveau statut, nous sommes psychologues de l'Éducation nationale avec une spécialité éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle (EDO). Ce corps unique regroupe aussi les anciens psychologues scolaires qui assument des missions d'éducation, s'occupent de développement et d'apprentissage et les anciens conseillers d'orientation-psychologues. Cela nous a permis de réaffirmer nos missions de psychologue.

Comme le rappelle la circulaire qui définit notre mission, nous devons participer à lutter contre les effets des inégalités sociales et travailler au bénéfice de la réussite scolaire pour tous. Cela donne aussi un cadre fort à notre corps dans l'éducation nationale et nous permet de revendiquer le fait que la question de l'orientation à l'adolescence doit travailler dans le cadre du développement psychologique et psychosocial des adolescents.

Au fil des ans, des CIO ont fermé ; aujourd'hui, le ministère entend transférer leurs compétences aux Régions, qui gèrent les lycées. Quelles sont les raisons de votre mobilisation et quelles sont vos revendications ?

Au début de l'année, nous avons appris par une dépêche AEF que le ministère de l'éducation nationale envisageait la fermeture de ces centres. Cela a été d'une violence terrible. Nous avons été reçus au ministère en audience. Nous avons essayé d'argumenter contre des personnes qui refusent d'entendre nos revendications. On nous dit que l'orientation fonctionne mal en France, mais sans étayer cette affirmation.

L'idée du ministère est de transférer dans les établissements scolaires l'accueil des publics. Déjà, quand on connaît l'état des CIO présents dans des collèges ou lycées, cela fait peur. Les locaux sont souvent exigus et surtout on n'y entre pas facilement, notamment pour des raisons de sécurité. Sans oublier que tout est fermé durant les congés scolaires.

Mais la principale raison de notre rejet de cette réforme, c'est que tout le public hors scolaire ne serait plus accueilli. Que va-t-on faire des parents qui viennent se renseigner auprès de nous, des allophones [personnes dont la langue maternelle est une langue étrangère – ndlr] pour qui nous sommes le premier contact avec l'institution scolaire ou des décrocheurs ? Ces derniers ont besoin d'un lieu neutre pour venir, sinon ils vont fuir. Quand on échange avec eux au téléphone, il n'est jamais évident de les faire venir mais au moins nous ne sommes pas professeurs, cela les encourage à se tourner vers nous. Nous sommes entre les deux, nous faisons le lien avec l'établissement. C'est tout l'intérêt symbolique et géographique de notre existence.

Quel intérêt de déléguer ces compétences aux Régions ?

Il y a un deal entre le premier ministre et l'Association des Régions de France, l'ARF, pour octroyer aux branches professionnelles l'apprentissage. Les Régions vont-elles réellement être capables de proposer des choses ? Certaines espèrent récupérer l'orientation pour pouvoir diriger les élèves vers certaines formations en fonction de l'insertion locale régionale. Or il est difficile de prévoir à trois ou cinq ans les besoins d'une Région. Nous, on parle aux élèves de mobilité internationale par exemple. Ce sera terminé avec ce nouveau mode de fonctionnement.

Le ministre Jean-Michel Blanquer nie la disparition des CIO et explique qu'ils vont être rapatriés dans les établissements scolaires. Que vont devenir ceux qui ne les fréquentent pas, comme les allophones par exemple ?

Ces entretiens pour définir le niveau scolaire des élèves allophones sont riches et importants et constituent souvent leur premier contact avec l'institution. Vu leur nombre sur notre académie, on voit mal comment la direction nationale des services de l'éducation nationale, la DSDEN du 93, pourra se débrouiller. On ne voit pas de solution à cela.

Vers une marchandisation de l'orientation

Que demandez-vous donc ?

Nous souhaitons le maintien de ces réseaux d'orientation dans les grandes villes et les campagnes. En réalité, on ne coûte pas cher, donc il n'y a aucun intérêt à nous supprimer. Dans les CIO, il y a tout un travail collectif, nous avons une réunion de centre toutes les semaines, tous les quinze jours environ on travaille ensemble, on réfléchit, on forme des contractuels (40 % à Créteil) qui ne vont pas tenir dans les établissements si on ne leur apprend pas le métier. Ils ont un diplôme de psychologue et une réflexion liée à leur formation. Ils doivent avoir un accompagnement par une équipe expérimentée pour leur permettre de s'adapter. Parfois, nous devons faire l'analyse de situations compliquées et on n'a pas toujours la bonne réponse, donc on doit pouvoir continuer à échanger entre nous.


N'est-ce pas paradoxal pour le ministre de fragiliser vos missions, alors que les conseillers d'orientation-psychologues sont associés à Parcoursup et à la future réforme du bac ?

On nous répète que nous sommes très précieux, mais quand les professeurs seront prêts à prendre en charge l'orientation de leurs élèves, on disparaîtra. Il y a 54 heures dédiées dans le cadre de la réforme du lycée, il va falloir les construire et y mettre un contenu, intéressant si possible. Mais il faut qu'on ait les forces vives pour remplir ces heures. Pour le moment, on existe encore dans l'intervention sur ces heures-là dans les nouveaux textes qui définissent le lycée, ça nous rassure.

Mais le ministère n'est pas sur la ligne des créations de poste et les dernières datent de 1998 pour notre corps, alors que la démographie a augmenté. On suppose donc que l'un des arguments qui seront mis en avant pour fermer les CIO sera de nous permettre d'être plus présents dans les établissements. Or au-delà des difficultés déjà évoquées concernant les publics hors scolaire, il faudra penser ce temps de travail. Nous passons des heures à travailler sur les circulaires et les procédures. On doit les maîtriser à la perfection. Le guide pour comprendre Affelnet [le logiciel d'affectation au lycée – ndlr] fait 215 pages. On a dû apprendre Parcoursup, chercher des réponses, éclairer les zones d'ombre. Nous faisons aussi du travail de veille, ce temps il va bien falloir le trouver quelque part.

Pour lire la suite

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LES KONTREDITS DE PARKOURSUP - 14 juin 2018

Xov, 14/06/2018 - 18:30

FINIS

Pour vérifier les sources de toutes ces menteries, lire Parcoursup, le mensongier, mai-juin 2108

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Mobilisations - juin 2018

Mér, 13/06/2018 - 12:00
Le second rendez-vous de l'initiative #NosFacNosChantiers

Le samedi 16 juin à Sevran, où un terrain de 35 hectares pourrait devenir le lieu de construction de bâtiments pour l'université expérimentale que nous appelons de nos voeux. Il s'agira de s'entendre sur les différents volets du projet : concevoir et mettre en œuvre l'Université de nos rêves ; la faire vivre partout en France, dans les interstices de l'institution ; définir une stratégie politique pour infléchir l'Université dans son ensemble et obtenir de l'Etat des moyens. Nous aurons à trouver le nom de ce vaste mouvement qui s'amorce — Université des 150000 ? La Volante ? Université des interstices ?

Contributions orales et écrites :
Pour assurer des débats réfléchis et constructifs, il est souhaitable que les contributions soient pensées par avance et même, si possible, synthétisées par écrit et envoyées à l'avance à l'adresse suivante : nosfacsnoschantiers@noussommesluniversite.fr

Par ailleurs, quatre mailing-listes sont d'ores et déjà actives pour les discussions préparatoires. Inscription ici : framaforhttpsms.org/groupes-de-travail-1528217091

Accès :

Gare de Sevran Livry (RER B direction Mitry), une navette par minibus devrait être disponible, sinon le site est accessible en 20 minutes de marche. Deux barnums seront mis à disposition au niveau de l'entrée du stade, chemin du Marais du Souci.

Le lieu exact du rendez-vous est pointé sur cet itinéraire Google Map, en face des Jardins Biologiques du Pont Blanc, au niveau du parking du stade Jean Guimier.

14 juin, Lyon


téléchargez le fichier ci-joint

Tout le monde déteste parcoursup : appel lycéen pour le 7 juin

Manifestation contre Parcoursup et la sélection à l'université jeudi 7 juin 12h à St-Michel.

Nanterre : États Généraux de l'Université

bâtiment DD (Jean Rouch), du 4 au 8 juin.

Lundi 4 juin : Ouvrir l'Université.
Quel accès ? Quels publics ? Quel ancrage dans le territoire et la société, comment faire face aux inégalités ? Comment s'articule le lien entre l'enseignement secondaire et l'Université ?
Mardi 5 juin : Travailler à l'Université.
Trouver du sens dans son travail, repenser le collectif, les conditions de travail, de statuts, la rémunération.
12h-15h30 Point info/ Débat : référentiels métiers, l'arrêté Licence, classements
Mercredi 6 juin : S'approprier l'Université.
Reprendre en main le partage des connaissances. Espace physique, espace social, quelles constructions collectives ? Quels rôles pour les étudiants ? Quels espaces de parole, de prise de décision ?

Jeudi 7 juin : Enseigner, chercher et étudier autrement.
Faire des études pour mieux vivre, s'émanciper et travailler. Il s'agit d'interroger nos pratiques et expériences pédagogiques, de repenser l'articulation entre enseignement et recherche.
Vendredi 8 juin : Journée de synthèse. Concrétisation d'un projet « Rentrée 2018-19 », préfiguration de la suite des Etats Généraux.

La démocratisation de l'Université et de l'Education nationale condition de leur refondation

Séminaire Politiques des sciences –EHESS Paris

La séance se tiendra salle 1 au 105 bd Raspail, le 7 juin 2018 (17h-21h)
Lire le détail ici

Jeudi jeune : appel lycéen au 7 juin

Lire ici

Parce que nous voulons défendre notre droit à décider de notre avenir, parce que nous sommes solidaires de nos ami·e·s sur le carreau, nous nous mobiliserons le 07 Juin. Pour le retrait de la loi ORE et un investissement à hauteur des besoins dans l'enseignement supérieur, contre la sélection à l'Université.

Vous ne déciderez ni de notre place dans la société, ni à notre place !



Liste des lycées signataires du Jeudi jeune (par département) :

Paris 75 : 19 lycées
Lycée Racine, Paris 8e
Lycée Voltaire, Paris 11e
Lycée Hélène Boucher, Paris 20e
Lycée Arago, Paris 12e
Lycée Dorian, Paris 11e
Lycée Claude Monet, Paris 13e :
Lycée Bergson, Paris 19e
Lycée Georges Brassens, Paris 19e
Lycée Maximilien Fox, Paris 6e
Lycée Gabriel Fauré, Paris 13e
Lycée Abbé Grégoire, Paris 5e
Lycée Henry IV, Paris 5
Lycée Charlemagne, Paris 4
Lycée Jules Ferry, Paris 9ème
Lycée Lamartine, Paris 9ème
Lycée Louis Le Grand, Paris 5ème
Lycée Victor Hugo, Paris 3ème
Lycée François Villon, 14ème
Lycée Turgot, Paris 3

Seine et Marne 77 : 2 lycées
Lycée Bachelard, Chelles 77
Lycée Balzac, Mitry 77

Essonne 91 : 5 lycées
Lycée Geoffroy Saint-Hilaire, Étampes
Lycée Vilgenis, Massy
Lycée François Truffaut, Bondoufle
Lycée Robert Doisneau, Corbeil Essonne
Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny sur Orge

Hauts de Seine 92 : 2 lycées
Lycée Paul Lapie, Courbevoie 92
Lycée Albert Camus, Bois Colombes 92

Seine Saint Denis 93 : 13 lycées
Lycée Condorcet, Montreuil 93
Lycée Paul Eluard, Saint Denis 93
Lycée Paul Le Roland, Drancy 93
Lycée Jean Jaurès, Montreuil 93
Lycée Voillaume, Aulnay 93
Lycée Gustave Eiffel, Gagny 93
Lycée Blaise Cendrars, Sevran 93
Lycée Jean Rostand, Villepinte 93
Lycée Georges Brassens, Villepinte 93
Lycée Utrillo, Stains 93
Lycée Mozart, Le Blanc-Mesnil 93
Eugénie Cotton, Montreuil 93

Val de Marne 94 : 4 lycées
Lycée Condorcet, Saint-Maur 94
Lycée Pablo Picasso, Fontenay-sous-Bois 94
Lycée Romain Rolland, Ivry-sur-seine 94
Lycée Georges Brassens, Villeneuve-le-Roi 94

Val d'Oise 95 : 2 lycées
Lycée Julie victoire Daubié, Argenteuil
Lycée René Cassin, Gonesse

Ailleurs en France : 12 lycées
Lycée Marc Bloch, Strasbourg 67
Lycée Marie Curie, Strasbourg 67
Lycée Jean Monnet, Strasbourg 67
Lycée Emile Mathis, Strasbourg 67
Lycée Louis Pasteur, Strasbourg 67
Lycée Pontonniers, Strasbourg 67
Lycée Fustel de Coulanges, Strasbourg 67
Lycée Jean Rostand, Strasbourg 67
Lycée du Bois d'Amour-Poitiers 86
Lycée Camille Vernet, Valence 26
Lycée le Garros, Auch 32
Lycée Albert Triboulet, Romans sur Isère 26

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Parcoursup : premier bilan et effets de surprises dans les universités - Educpros, Natacha Lefauconnier, Laura Taillandier,13 juin 2018

Mér, 13/06/2018 - 11:45

Des licences en tension qui ne font pas le plein, des quotas qui bousculent les classements… La procédure Parcoursup révèle au fur et à mesure ses surprises. [1] Sept nouveautés avec lesquelles les universités doivent désormais composer.

À lire ici.

Extraits.

1 – L'attente se prolonge

"On pensait que le processus serait beaucoup plus rapide, mais les lycéens sont frileux pour libérer des vœux, ils attendent le dernier moment", observe Jean-Michel Carozza, vice-président formation et vie universitaire de l'université de La Rochelle. Un constat qui s'explique par la stratégie des élèves : "Les candidats demandent les mêmes formations dans plusieurs universités : La Rochelle, Nantes, Bordeaux, Poitiers… Ils attendent de voir s'ils sont pris ailleurs." Résultat : le processus de désistement se ralentit encore depuis quelques jours.

2 – Des licences phares qui ne font pas le plein

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, l'attente n'épargne pas les formations en tension telles que Staps ou Paces. "Ça n'avance pas. Je ne rentre que 4 ou 5 "oui définitif" par jour. À ce rythme, il va me falloir quatre mois pour atteindre ma capacité d'accueil, s'agace Didier Deliginières, le président de la Conférence des doyens d'UFR de Staps. Nous sommes tous confrontés au problème sans avoir d'explication…"

3 – Les universités face à leur popularité
4 – Quand les quotas bousculent les classements
5 – Des disparités au grand jour

Le président de l'université Paris-Descartes réfute néanmoins toute volonté d'exclure les lycéens de banlieue. "Ce n'est pas le classement qui en est la cause, assure Frédéric Dardel, statistiques à l'appui. Même là où nous avons regardé le lycée d'origine pour opérer le tri [2] des dossiers, les élèves parisiens ne sont pas davantage en haut de classement que les candidats des banlieues."



6 – Des abandons inquiétants ?

Au 12 juin, on dénombre au total 44.689 candidats ayant quitté la procédure, qu'ils aient ou non reçu une proposition d'admission.

7 – Les "oui, si" plébiscités ?

[1] Surprises pour qui n'aurait pas suivi toutes les mises en garde de Julien Gossa ou Guillaume Ouattara depuis des mois. Voir « Parcoursup : Quelle place pour le lycée d'origine dans le tri des dossiers ? » 7 mars 2018

[2] Et qui donc a juré récemment qu'il n'était pas question de juger le lycée d'origine ?

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Promotion of scientific integrity at CNRS and Sorbonne University : incompetence or scientific dishonesty ? Groupe d'experts anonymes

Mar, 12/06/2018 - 23:34

Une version anglaise, enrichie, du texte paru le 16 mai sur le site

"Violations of scientific integrity undermine the credibility of research work, damage the image of institutions and contribute to altering public confidence in researchers and science in general". This is stated in the guide "Practising honest and responsible research" published by the prestigious French national scientific institution CNRS in 2017 (1)*

In September 2017, allegations of fraud were published on the PubPeer site concerning manipulations of images on 21 figures published in 11 articles of which Mrs Catherine Jessus (research director at the CNRS, former director of the UMR SU-CNRS 7622, former director of the Institut de Biologie Paris Seine (IBPS) and current director of the Institut national des sciences biologique du CNRS (INSB)) is co-author.

Specifically, the PubPeer site documented that these researchers used the identical photographic image in several different unrelated figures, by simply relabeling the bands (see detailed description of these manipulations in our open letter [1]). Thus, a recycled image was used to fabricate a needed figure without performing the experiment it was claimed to represent - this represents the deliberate and fraudulent invention of scientific results. If these researchers had simply taken a magic marker and sketched out an imaginary result, there could have been no greater misconduct.

In response to these allegations, the two institutions (CNRS and Sorbonne University) quickly appointed a commission of inquiry to determine the veracity of these allegations. After a four-month investigation, the report of this commission, which the CNRS chose not to keep confidential, was made public on February 21, 2018 and can be consulted on the institution's Web page :

http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/rapport_conclusions.pdf
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/rapport_analyse_detaillee.pdf
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/annexe1.pdf

Amazingly, this document exonerates the team of Catherine Jessus, claiming that such data manipulations are in accordance with accepted scientific practice.

We are a group of concerned career researchers in genetics, biochemistry, cellular and molecular biology, who have fact-checked this report and analysed it point by point. We conclude that each and every one of the arguments of the Commission of Inquiry go against the common rules of good scientific practice and interpretation of results which form the basis of research integrity. Worse still, and this is the reason that we were pushed to react with our open letter [2], as it puts the weight of the most respected scientific institutions in the country behind actually encouraging this kind of manipulation of images, which is universally recognized as fabrications and falsifications of results.

Here we are indeed faced with a paradox : the very institutions put in place by the CNRS and by Sorbonne University to combat scientific fraud, have instead become themselves complicit in the commission of such fraud. Instead of exposing and imposing consequences on the disgraced researchers, thus upholding good standards in French institutions, the authorities chose to conceal, cover-up, and whitewash this fraud through a misleading and factually incorrect report aimed at confusing a non-scientific audience.

Is this factually incorrect report the result of the CNRS and the Sorbonne University simply appointing an incompetent commission ? Or could it be that the members of these ethics commissions have an interest in being lenient with their colleagues' fraud to hide their own misconduct ?

This latter hypothesis brings to mind another recent case of fraud concerning the same type of image modification as revealed by PubPeer in the Catherine Jessus lab. This second case of fraud was exposed in the laboratory of biologist Anne Peyroche, who was at the time the president of the CNRS and thereby held the most senior scientific position in the land. Anne Peyroche was furthermore a member of COMETS, prior to her appointment in October, 2017 to the presidency of the CNRS. Following the demonstrations of fraud in her laboratory revealed by PubPeer, she was replaced as CNRS president by Antoine Petit on January 18. However, when she was COMET's member and then CNRS's president, one wonders whether Anne Peyroche would have helped to conceal the frauds carried out in Catherine Jessus's laboratory, in order to minimize those carried out in her own ? Is fraud so widespread that two highest ranking scientists in the country, the two people at the head of the CNRS, are both incriminated ? Or is fraud perhaps the best way to access positions of responsibility at the CNRS ?

The CNRS and Sorbonne University cannot and should not close this case without dealing with scientific fraud as they undertook to do by signing the ethics charter for research professions (2).

Unfortunately, the latest events seem to show that they refuse to fulfil this commitment. Since our posting on May 16 of the French version of this communiqué, other researchers have agreed with our analysis that the Investigative Report published by the CNRS and Sorbonne University is scientifically without any basis (see articles in Le Monde (4) (5)). In spite of these mounting criticisms, the CNRS and Sorbonne University have nevertheless obtained the support of 503 prominently positioned French scientists in defense of a scientifically baseless inquiry report that exonerates and encourages scientific fraud. Furthermore they claim as justification that “practices surrounding the publication of scientific images have evolved considerably over the past 15 years” and that “the scientific journals where these works have been published have accepted the corrections proposed by the authors”(6). However, both these arguments are incorrect. Firstly, good or bad scientific practices are independent of the year of publication ; recopying and recycling of images is simply fraud. In fact it has become necessary over the last fifteen years for scientific publishers to write more and more detailed instructions for good scientific practice, in an attempt to reduce the increasingly frequent cases of fraud that are being encountered. Secondly, only one of the incriminated articles (#10, Daldello et al.) has been accepted for correction by the Journal of Cell Science.

With this English version of our open letter, we hope that our foreign colleagues will offer their expertise to assist our French research institutions to deal with scientific fraud in an honest, objective, transparent and scientific manner.

*Structure of French Scientific Establishment and organisations in place to deal with scientific integrity.

French Universities and research organizations have also published a charter of ethics, in 2014 (2), to deal appropriately with breaches of scientific integrity ranging from errors of good faith to outright fraud in French research institutions.

To comply with this charter, Pierre and Marie Curie University, which became Sorbonne University (SU) in January 2018, appointed a Scientific Integrity Officer to report breaches of scientific integrity. It also organized a series of conferences on research ethics for researchers and doctoral students (3). Since 1994, the national scientific research institution known as the CNRS, which is also a co-signatory of this charter, has set up an additional independent advisory body, the CNRS ethics committee (COMETS), consisting of a president and 12 members appointed by the CNRS board of directors, representing all the institution's disciplines. COMETS is the author of the guide "Conducting Integral and Responsible Research" cited above (1).

Social networks have recently taken over the promotion of scientific integrity. The PubPeer site, for example, was designed as a platform for reporting post-publication fraud that has escaped the scrutiny of traditional peer-reviewed scientific journals. Allegations of fraud are followed by debates open to the entire research community. Thanks to the anonymity guaranteed by the platform, whistleblowers can report potential breaches of scientific integrity while being protected from retaliation by their superiors. In their charter, COMETS encourages institutions to take a positive view of the initiatives of scientific social networks and take into account the resources they provide, if only to follow the scientific debates that develop there, and also to react to possible alerts in areas where cheating would otherwise have gone unnoticed (1).

Thus, there exist two major organisations in France, the national COMETS committee (CNRS) and the University-based Scientific Integrity officers, to monitor and respond to ethical concerns in the conduct of scientific research.

REFERENCES :

(1)http://www.cnrs.fr/comets/IMG/pdf/guide_promouvoir_une_recherche_inte_gre_et_responsable_8septembre2014.pdf
(2) http://www.cnrs.fr/comets/IMG/pdf/charte_nationale__deontologie_signe_e_janvier2015.pdf
(3) http://www.ifd.upmc.fr/fr/le-deroulement/formation/conference-sur-l-ethique-de-la-recherche.html
(4)https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/05/22/integrite-scientifique-a-geometrie-variable_5302602_1650684.html
(5) https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/06/05/affaire-jessus-deontologie-journalistique-et-integrite-scientifique_5309854_1650684.html
(6) http://scienceactive.net/

[1]

Rapport Fraude_en.pdf

[2]

Rapport Fraude_en.pdf
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Parcoursup ne réduit pas les inégalités mais les conforte - Faïza Zerouala, Médiapart, 12 juin 2018

Mar, 12/06/2018 - 09:50

Depuis la divulgation des premiers résultats de Parcoursup, des lycéens, des enseignants, rejoints par des élus d'opposition, accusent le nouveau système de désavantager les candidats de banlieue, notamment sur la base des résultats des établissements au baccalauréat. Les candidats parisiens sont privilégiés et le quota de boursiers introduit dans chaque formation ne suffit pas à inverser la tendance.

Sitôt que Parcoursup a rendu ses premiers résultats, une musique tenace s'est fait entendre dans la communauté éducative. Les lycéens des quartiers populaires seraient personæ non gratæ dans les universités parisiennes. L'hypothèse, vu la spécificité du système scolaire français, qui agit comme une véritable machine à reproduire les inégalités, est plus que plausible. Seulement, les données permettant d'attester une discrimination induite par le nouveau système d'admission post-bac ne sont pas (encore ?) disponibles. Sur les réseaux sociaux, « la cartographie de l'exclusion avec Parcoursup » est devenue virale.

Des modifications de taille sont survenues grâce à Parcoursup. Dans le précédent système, dans les quatre filières en tension (Staps, droit, psychologie et les filières de médecine), seuls les Parisiens étaient retenus.

La ministre de l'enseignement supérieur a préféré supprimer cette priorité académique et la remplacer par un taux d'acceptation maximal pour les bacheliers « hors secteur ». Du temps d'APB – Admission post-bac –, les lycéens de l'académie étaient favorisés.

Seulement, cette suppression ne devrait pas modifier la donne outre mesure, vu le peu de places offertes. Pire, la mesure regorge de dommages collatéraux.

Cette primauté parisienne ne ravit pas tout le monde. À Paris-VII Diderot, par exemple, rapporte Le Figaro, le directeur de l'UFR de chimie, très réputée, s'agace et confie au quotidien que « l'an dernier, sur les 110 places offertes en première année, environ 40 % étaient occupées par des lycéens venus de banlieue ou de province ». Mais cette année, le rectorat a concédé seulement 3 % de candidats non parisiens dans l'UFR. Ce qui aboutit à cette situation ubuesque : les jeunes de la banlieue parisienne les plus brillants passeront derrière des lycéens parisiens plus médiocres qu'eux. Le responsable du cursus, Benoît Piro, raconte ainsi :

« Les 13 premiers admis ont des résultats corrects sans plus. Mais dès la 14e place, nous avons un élève parisien qui plafonne à 8 de moyenne générale. Malgré ses 17,5 de moyenne, un candidat du Val-de-Marne, lui, est relégué en attente à la 1 010e place ! »

De fait, le rectorat justifie cette primauté parisienne par la nécessité de réserver cette filière aux Parisiens, car il s'agit de la « seule licence de chimie identifiée » et qu'il faut permettre aux bons éléments des universités de banlieue d'y rester pour que celles-ci ne soient pas des établissements de relégation. Tant pis si cela les prive d'intégrer un cursus prestigieux.

L'exécutif jure, depuis que la loi Orientation et réussite des étudiants a été présentée, que les lycéens d'établissements populaires ou ruraux ne seraient pas discriminés. Sur le terrain, les professeurssubodoraient que leurs élèves seraient désavantagés par la nouvelle plateforme à peine les premiers résultats tombés. Le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, a par exemple été bloqué le 31 mai en signe de protestation contre la discrimination dont les lycéens s'estiment victimes.

Il semblerait que certains jeunes, notamment issus des quartiers populaires, aient reçu particulièrement peu de réponses positives sur
#ParcoursSup
. J'ai écrit à
@VidalFrederique
pour avoir des données objectives permettant de confirmer ou d'infirmer cette inquiétante impression.
pic.twitter.com/JOKxR2HuUJ
— Stéphane Troussel (@StephanTroussel)
28 mai 2018

Stéphane Troussel, président socialiste du département de Seine-Saint-Denis, a choisi d'interpeller le 25 mai sur Twitter la ministre de l'enseignement supérieur. L'élu a résumé dans une lettre ouverte les interrogations qui taraudent parents, élèves et professeurs. Il réclame à la ministre des explications à propos des discriminations putatives des lycéens de banlieue dans une lettre ouverte.

L'élu écrit par exemple : « La première vague de réponses sur Parcoursup montre qu'une sélection s'opère en fonction du quartier et du lycée d'origine. Ce nouvel outil, opaque et inefficace, risque donc de creuser les inégalités et d'aggraver le sentiment d'injustice, notamment dans les quartiers populaires. » Il se demande également si « la localisation des lycées, et donc des quartiers, peut avoir été définie comme critère pondérant pour être accepté·e ou non dans certains établissement de l'enseignement supérieur ». La ministre lui a répondu, pour le détromper évidemment, par le même canal. Pour elle, Parcoursup est « non seulement un instrument de lutte contre les inégalités territoriales, mais également contre les inégalités sociales ».

Pas de quoi convaincre Meriem Derkaoui. La maire communiste d'Aubervilliers a ouvert une permanence quotidienne destinée aux lycéens et baptisée « SOS Parcoursup ». Les jeunes peuvent ainsi s'informer concernant leurs options d'orientation, être soutenus dans leurs démarches et surtout être recensés comme victimes d'un dysfonctionnement éventuel. Seulement, quelques chiffres permettent d'esquisser un début de réponse. À une semaine du bac, sur 810 000 candidats, 625 293 candidats ont reçu au moins une proposition, 318 340 ont définitivement accepté l'un de leurs vœux, 186 760 sont encore « en attente ».

Lors de la divulgation des premiers résultats, le 22 mai, plus de la moitié des candidats étaient « en attente », parmi lesquels des lycéens de quartiers populaires. SUD Éducation s'est chargé de répertorier les situations tendues çà et là, tout en sachant que ces résultats ne sont pas totalement représentatifs, même s'ils répercutent les pourcentages d'affectation de 11 500 lycéens, soit environ 370 classes.

Au premier jour de l'ouverture de Parcoursup, par exemple, 71 % des élèves de terminale du lycée professionnel de l'ENNA de Saint-Denis en Seine-Saint-Denis se sont retrouvés sans propositions, avec des non ou des « en attente ». En Seine-et-Marne, ce sont 74 % des élèves du lycée Henri-Becquerel qui attendaient une réponse. Le 1er juin, 54 % des candidats inscrits en Seine-Saint-Denis attendaient encore des résultats, comme 63 % de leurs camarades des Hauts-de-Seine. Plus de deux semaines plus tard, les différentes situations se sont décantées, mais le syndicat pointe une forte disproportion entre les élèves des différentes séries. 59,5 % des élèves en attente recensés sont en baccalauréat technologique, 60,9 % étant issus de la filière professionnelle, et environ 40 % relèvent des trois séries des filières générales (L, S, ES).

Sophie Vénétitay, professeure de sciences économiques et sociales dans l'Essonne et responsable du SNES-Versailles, rapporte encore que dans une classe de STMG de 34 élèves, 19 d'entre eux sont toujours sans proposition, soit 55,8 %. Dans l'autre classe de STMG, 46,8 % d'élèves sont eux aussi en attente. Par effet de contraste, au lycée Hoche, à Versailles, l'un des meilleurs lycées de l'académie, à la date du 4 juin, 94,8 % des élèves avaient au moins une proposition ferme. Il ne restait plus que 21 élèves avec uniquement des vœux « en attente ».

Ce qui lui fait dire que les élèves des filières technologiques semblent plus touchés que les élèves des filières générales par le phénomène de file d'attente, puisque d'autres établissements connaissent des taux similaires. La professeure explique son point de vue : « Il ne s'agit pas de défendre l'idée qu'il faudrait vider les facs de banlieue et de tout miser sur Paris au détriment des facs de proximité, mais bien de pointer le fait que les élèves de banlieue ont été encore plus mal traités par Parcoursup que par APB, car le lycée d'origine semble avoir pesé plus lourd que l'an dernier. »

Pour nombre d'enseignants, le doute demeure. Notamment parce que les critères utilisés pour sélectionner les étudiants sont flous et répondent aux problématiques et aux désirs de chaque commission de classement des dossiers installée dans chaque filière. Impossible d'être sûr que le lycée d'origine n'ait pas été pris en compte dans la répartition des futurs étudiants.

Des quotas de boursiers différenciés d'une filière à l'autre

La très prisée université de Paris-V Descartes a avoué pondérer les notes des élèves en fonction de leur lycée d'origine en Paces (première année commune aux études de santé) et en droit, deux des filières les plus demandées. Pratique déjà courante dans les filières sélectives.

Maîtresse de conférences en sociologie à l'université Paris-VIII Vincennes-Saint Denis, Marie-Paule Couto a étudié les discriminations induites par Parcoursup à l'aide des données disponibles sur la plateforme. Elle explique que l'hypothèse selon laquelle certains établissements auraient pris cette option est difficile à attester, puisque l'outil d'aide à la décision mis à disposition par le ministère pour effectuer les classements au sein des commissions ne la prévoyait pas. Mais « il est techniquement possible de le faire à la main », rappelle la chercheuse.

Julien Gossa, maître de conférences à l'université de Strasbourg, explique dans un article sur son blog qu'il est parfaitement possible d'attribuer un bonus ou un malus aux élèves en fonction de leur établissement d'origine. Ce en prenant simplement en compte le taux de mentions le plus élevé de tel ou tel lycée, des données rendues publiques par l'Éducation nationale.

D'où la demande insistante de plusieurs acteurs de la communauté éducative pour que le ministère exige des universités qu'elles dévoilent leurs critères de classement, ne serait-ce que pour dissiper les interrogations.

Afin de donner une coloration plus sociale au nouveau dispositif Parcoursup, il a été décidé que dans chaque filière, une proportion de boursiers de l'Éducation nationale soit édictée. Ces quotas, mis en place dans un élan assumé de discrimination positive, sont fixés par le recteur. Pour le ministère de l'enseignement supérieur, cela permettra aux universités d'accueillir « des publics divers ». Seulement, comme le souligne Marie-Paule Couto, les quotas d'étudiants boursiers sont variables d'un établissement à l'autre, ce qui annule une partie de l'effet recherché. « Cela ne lutte pas contre mais reproduit les inégalités voire les institutionnalise. Par exemple en droit à Paris-VIII, il y a un quota de 16 %, alors que le chiffre est de 2 % à Assas [l'une des universités les plus prestigieuses – ndlr]. Du coup, cette mesure ne corrige rien en définitive. »

De fait, l'exemple est significatif de cette différence perpétuelle entre Paris et sa banlieue. Catherine*, conseillère d'orientation psychologue de l'Éducation nationale depuis 20 ans, exerce dans un lycée de Seine-Saint-Denis et souhaite rester anonyme. Elle partage le même avis que Marie-Paule Couto. Lorsqu'elle a découvert les quotas de boursiers fixés dans chaque formation de licence, elle est restée stupéfaite. Elle a pu apprécier les écarts entre universités et entre filières. Pour elle, il est indéniable que le procédé est « scandaleux, car il conforte et entretient les discriminations scolaires ».

Elle a relevé par exemple les mêmes écarts entre les universités intra- et extra-muros. « Pourquoi en éco-gestion à Paris-II y a-t-il 3 % de boursiers, 7 % à Paris-I, et à Villetaneuse 21 % ? Si les quotas servent à perpétuer les discriminations, à quoi cela sert-il ? Il ne faut pas blâmer Parcoursup. C'est un outil qui traduit une politique d'accès aux paramétrages ahurissante. » Elle raconte qu'il lui est difficile au quotidien de voir des jeunes de son lycée désemparés car encore « en attente ».

La ministre s'échine à affirmer que le nouveau dispositif est plus juste, plus humain et fonctionne bien mieux que les années précédentes. Elle a tenté de mesurer ce qu'elle considère comme une violence symbolique et c'est sans appel : « Avec APB, à la même époque, 18 % des élèves en première phase n'avaient rien. Cette année, le 23 mai, 54 % des élèves de terminale étaient en attente ou avaient leurs vœux refusés. »

Ce sentiment de discrimination ancré chez les élèves et leurs professeurs n'a rien de neuf. Mais le précédent système parvenait à le masquer plus subtilement. Dorénavant, un système élitiste et hautement sélectif est institué au vu et au su de tous. Les meilleurs sont les premiers retenus. Les autres doivent patienter de longues semaines. Les lycéens de filières professionnelles, plus nombreuses en banlieue, reçoivent eux aussi moins de réponses selon Sud Éducation. Autant d'alertes formulées dès le départ par les opposants à la loi.

Leïla Frouillou, sociologue et maîtresse de conférences à l'université Paris-Nanterre, a étudié les phénomènes de ségrégations géographiques et scolaires dans le cadre de sa thèse. Elle considère qu'instaurer des quotas de boursiers a été le seul moyen pour le ministère de désamorcer la critique qui lui est faite d'accroître, ou du moins de ne pas endiguer, les inégalités sociales et territoriales. « Ces taux de boursiers ont été négociés avec chaque recteur, ce n'est pas uniforme d'une université et d'une filière à l'autre, donc, forcément, cela va créer des segmentations sociales. Accepter des élèves boursiers ne va pas remettre en cause les classements effectués en amont pour classer les dossiers. Les formations vont aspirer les meilleurs éléments, les exceptions du système. Il va y avoir avec ce procédé une sursélection, qui va de pair avec la hiérarchisation entre les filières. »

Sophie Vénétitay déplore que l'opacité sur la fixation des quotas de boursiers demeure. La professeure a réclamé ces données au rectorat de Versailles, sans succès. « Cela renforce notre incompréhension », dit-elle. Contactées par Mediapart, ni l'académie de Versailles ni l'académie de Paris ne nous ont répondu sur ce point précis.

Dans un spectre plus large, Leïla Frouillou craint que désormais, « avec tous ces critères, on [n'homogénéise] le recrutement des filières, qui visent un certain public, sans compter que ces critères favorisent les processus d'autocensure. La hiérarchisation scolaire des formations va s'accentuer et, de fait, le cadre national du diplôme ne sera plus garanti ».

Sans compter que les nouvelles modalités d'accès au supérieur, qui prévoient par exemple de fournir une lettre de motivation et un C.V. pour chaque filière demandée, peuvent pénaliser les élèves les moins favorisés, qui ne fréquentent pas les établissements les plus cotés. Le poids du milieu d'origine a de fortes implications dans la réussite scolaire, comme le démontrent à longueur d'études les sciences de l'éducation. Au vu des cafouillages de Parcoursup, les jeunes risquent de se brider lors de la formulation de leurs vœux d'affectation dans les prochaines années, avertissent des sociologues. Les filles issues des quartiers populaires seront de plus victimes de la double peine.

À terme, les inégalités filles-garçons seront elles aussi accrues, selon Marie-Paule Couto. Elle a développé cet argumentaire dans un article publié sur le site La Vie des idées, coécrit avec sa consœur Fanny Bugeja-Bloch. Les jeunes femmes seront exclues de l'enseignement supérieur, alors qu'elles composent la majorité des élèves de l'université. Mais elles ont tendance, et pléthore d'études le prouvent, à se censurer dans leurs choix.

Pour la simple raison que lorsqu'il y a des processus en amont d'une procédure, les mécanismes d'autosélection s'accroissent et les femmes se les appliquent beaucoup plus. « Les filles ont de meilleurs résultats scolaires que les garçons, rappelle Marie-Paule Couto, et elles aspirent plus que leurs homologues masculins à intégrer l'université. Mécaniquement, cette réforme les concerne en premier lieu, d'autant plus que dans les quartiers populaires les inégalités sociales se jouent plus tôt. Les garçons sont très vite orientés plutôt vers les filières courtes. »

Ces risques induits par une sélection accrue à l'entrée de l'université ont été mis en évidence dès l'annonce de ce nouveau dispositif par des enseignants et les syndicats, lesquels n'ont jamais été écoutés par le gouvernement. Ce dernier n'a même jamais prononcé le terme ou sinon pour se défendre d'en instaurer une. Peu importe, le résultat est aujourd'hui évident.

Pour lire l'article sur le site de Médiapart

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ENFUMAGE, Parcoursup : quand le reportage tourne à la conférence de presse - Libération, Noémie Rousseau, 10 juin 2018

Lun, 11/06/2018 - 10:47

A Strasbourg, le rectorat a rondement verrouillé ce qui était censé être un aperçu concret du travail fait par la commission qui travaille sur les dossiers qui n'ont récolté que des « non ».

À lire ici dans Libération

Le ministère de l'Enseignement supérieur semblait jouer enfin la transparence sur Parcoursup. En fait, il jouait la comédie. La demande de reportage maintes fois formulée pour avoir accès aux coulisses avait abouti : oui, il serait possible d'assister à une commission d'accès à l'enseignement supérieur. Et là, on verrait le sort réservé à ces lycéens ou étudiants dans l'impasse, à ceux dont la machine n'a opposé que des « non » aux vœux de formation. Formidable. Le service presse à Paris avait indiqué la porte qu'il était permis de pousser : celle du rectorat de Strasbourg où une commission, rendez-vous hebdomadaire, avait lieu vendredi matin.
8h20 sur le perron. Mais qui est ce groupe ? Salut les confrères ! Ils sont tous là, et rient jaune. Car chacun pensait être seul, et on est une dizaine. Direction une salle de réunion toute en boiseries. Instant logistique, les télés ici, les radios là, les membres de la commission en face, en demi-cercle c'est mieux. Faudrait pas tout gâcher, que les images soient mauvaises. Mais attention, ce n'est pas une conférence de presse, il s'agit bien d'un reportage. On aura le privilège d'observer discrètement une tranche de réel, un moment confidentiel de l'administration où des acteurs de l'éducation, proviseurs, directeurs de formations universitaires, spécialistes de l'enseignement vont statuer sur des cas individuels. Des dossiers de presse ont néanmoins été préparés. Juste au cas où, sans doute.
Les membres de la commission s'installent silencieusement devant leurs beaux chevalets nominatifs. Ils ont sûrement le trac. La rectrice, Sophie Béjean, entre en scène, fait le tour pour serrer la main des journalistes. Avec elle, tout est toujours sous contrôle. Elle a cette réputation. Trois coups, lever de rideau. Elle explique d'un ton pédagogue le fonctionnement du dispositif. Juste histoire de rappeler les règles du jeu aux participants. Des fois qu'ils les aient oubliées. L'occasion aussi de nous faire bien comprendre que c'est un travail de fond remarquable qui est conduit, de l'accompagnement individualisé, minutieux, du cousu main qui rassemble largement sur le terrain. Un monde merveilleux où aucun jeune ne sera oublié.

Cinq cas ce matin, sur un total de 221 saisies pour l'académie de Strasbourg. Des jeunes sans solution qui ont cliqué sur le site pour saisir cette commission. L'histoire ne dit pas ce qu'il advient des autres. Des décrocheurs de Parcoursup qui n'ont essuyé que des refus et n'ont pas cliqué pour demander de l'aide, un plan B. Voilà qu'on nous distribue des fiches anonymisées, avec vœux, résultats scolaires, motivation. Le chef de l'information et de l'orientation résume chacun. Ton monocorde, la rectrice conduit la séance, se tourne vers les uns, les autres, en fonction des « pistes » envisagées. En gros, on corrige les vœux. Et curieusement, il y en a pour tout le monde : une fois elle se renseigne auprès de l'IUT ou l'université sur les formations en tension, une autre auprès du Crous pour trouver un logement à une jeune fille qui aura une place mais en Lorraine, ou encore vers le conseiller d'orientation parce qu'il faudra affiner un projet professionnel. C'est vraiment super quand le hasard fait bien les choses.

Tous ces cas d'école, bien différents, bien complémentaires donnent l'opportunité à chacun, autour de la table, de faire de la retape pour sa formation ou son dispositif. Pas de débat. Ont-ils assez répété leur texte ? L'ensemble, ronronnant, manque un peu de naturel. Et voilà que l'audiovisuel veut faire des interviews. Ce n'était pas prévu dans la séquence. Faudrait pas qu'on croit que c'est un point presse. Minauderies de circonstances. Puisque c'est une demande des journalistes… Après, il faut partir. La commission poursuit son travail hors presse indique la rectrice. Pauvre Sophie Béjean, elle doit y passer un temps fou, à éplucher les bulletins scolaires de ces ados qui, s'ils n'avaient pas rempli Parcoursup avec leurs pieds, n'en seraient pas là.

Par curiosité, courrez lire le récit de la même matinée sur 20minutes (toutefois, ça en dit plus long sur la presse que sur parcoursup…)

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Parcoursup : le bêtisier - mai-juin 2018

Lun, 11/06/2018 - 09:00

Et un chapitre spécial réservé au "mensongier''.

Parcoursup, c'est comme le jeu des osselets

Billet de Nicole Ferroni, France-Inter, 6 juin

Où Nicole Ferroni explique tout à son neveu Julien.

Trottoir parisien, 6 juin

Répertoire de bugs (oups, couacs, malfonctionnements ?)
  • Ne pas utiliser l'app. pour valider un vœu : tous les autres vœux se font écraser !

« On l'a déjà répété plusieurs fois et on continue de le dire, s'agace-t-on à l'académie de Versailles, jointe par l'hebdomadaire [1]. Il ne faut surtout pas valider les vœux sur l'application mobile ! Les consignes ont été communiquées et serinées par tous les professeurs principaux depuis plusieurs semaines. »

Le ministère de l'Enseignement supérieur, lui, reste droit dans ses bottes et défend l'appli qu'il a mise au point : "Il n'y a pas de bug avec Parcoursup. Il n'y a pas de problème avec l'application mobile, nous assure-ton, un brin tendu. Lorsqu'il y a des bugs, le plus souvent, se sont des élèves qui font les erreurs". "Tout va bien, insiste-t-on. [2]

Parcoursup : les bugs, c'est « normal » selon le recteur [3]

Le site internet parcoursup.fr était saturé hier soir, alors que tombaient les premières réponses aux vœux formulés par les candidats aux études supérieures. Pas de quoi inquiéter Vêlayoudom Marimoutou, recteur de l'académie de La Réunion.

  • Une anomalie pénalise les élèves d'une section internationale [4]
  • "Pas de réponse tout de suite" pour les 29 000 recalés des filières sélectives [5]

    Un couac sur le chemin de parcoursup apparaît pour les lycéens qui n'ont essuyé que des refus, en filières sélectives. Les commissions dans les rectorats chargées de les aiguiller ne sont pas en mesure de leur donner rapidement une réponse.

  • Les premiers seront les derniers ?

    Mon fils a eu plusieurs réponses positives et en attente...
    Je lui ai conseillé de valider la réponse positive la plus proche de ses attentes [6]. et de conserver les réponses en attente les plus proches de ce qu'il veut...
    Forcément une des deux réponses en attente correspond à ce qu'il désire "le plus"... Il était 40ème.. au bout de 2 jours il passe 35 et puis stagnation jusqu'à ce matin...
    Et là... il est 89ème...

  • "l'année de césure" dévoilée par erreur aux formations. [7]
  • 1ers résultats mardi 22 mai, à 18 h. Ou presque. Face à l'afflux de connexions, la plateforme d'admission post-bac a crashé. Un site de débordement, mis en place par le ministère, a permis aux candidats de consulter les propositions des établissements.Des mensonges ? non, juste des vérités alternatives

Artifice, baiser de Judas, bateau, bidon, blague, bobard, boniment, bourde, bourrage, calomnie, canular, carotte, comédie, conte, contrevérité, craque, duplicité, erreur, euphémisme, fable, fabulation, fanfaronnade, farce, fard, fausseté, faux, feinte, fiction, flatterie, fourberie, frime, fumée, galéjade, gausse, hâblerie, histoire, hypocrisie, illusion, imagination, imposture, inexactitude, invention, menterie, mirage, momerie, mystification, mythe, mythomanie, néant, postiche, rodomontade, roman, salade, simulacre, simulation, sournoiserie, tartuferie, tromperie, vanité, vanterie…

Commission Potemkine d'examens des "non"

Libération,10 juin, dénonce l'enfumage.

Le ministère de l'Enseignement supérieur semblait jouer enfin la transparence sur Parcoursup. En fait, il jouait la comédie.[…]
L'occasion aussi de nous faire bien comprendre que c'est un travail de fond remarquable qui est conduit, de l'accompagnement individualisé, minutieux, du cousu main qui rassemble largement sur le terrain. Un monde merveilleux où aucun jeune ne sera oublié.
[…]C'est vraiment super quand le hasard fait bien les choses.[…] Sophie Béjean [la rectrice] doit y passer un temps fou, à éplucher les bulletins scolaires de ces ados qui, s'ils n'avaient pas rempli Parcoursup avec leurs pieds, n'en seraient pas là.

Mon ministre ne manque pas de poumons

Parcoursup : « Vous avez des gens qui mentent pour créer de l'angoisse », dénonce Jean-Michel Blanquer sur BFM TV (28 mai 2018).

Il avait dû écouter Frédérique Vidal ou Benjamin Griveau ! (voir ci-après).

Détourner le sens des mots, est-ce mentir ? Je ramasse les copies dans 3 heures.

« Il n'existe pas d'algorithmes locaux », affirme Gilles Roussel, à la tête de la conférence des présidents d'université (CPU) [8]. […]. Même son de cloche du côté du président de la commission juridique de la CPU, Emmanuel Roux, pour qui on ne peut pas parler d'algorithme mais d'« outil d'aide à la décision ».

Mon autre ministre non plus, d'ailleurs, ne manque pas de souffle [9]

À ce jour, 73.5% des candidats ont eu une proposition, soit environ 589.000 candidats. A cette époque l'année dernière, aucun candidat n'avait encore de réponse sur APB.


F. Vidal dans #LaMatinaleLCI, 08:21 - 4 juin 2018.
APB n'avait pas encore ouvert le 4 juin l'an dernier, alors forcément…

Plus c'est gros, plus ça passe ?

Elle a dit aussi [10] que 65.000 étudiants ont été tirés au sort l'an dernier sur APB… aucun journaliste pour reprendre ses chiffres (3500 en réalité, soit moins d'1% des candidats dans les 169 filières en tension en 2017 —sur plus de 10.000 tout de même)

Le gazouillis de la ministre [11]. (4 avril)


Voir la réponse de SLU « La ministre et le milliard ».

« "Oui si" ? oui si quoi ? finis ta phrase mon frère ! »

Le ministère assure que 135 000 filières de remise à niveau sont mises en place dans le cadre de cette réforme [12]

Le flyer de pinocchio


Celui-là, il est vraiment splendide : il condense tous les mensonges repassés en boucle depuis 6 mois (tirage au sort, échec en licence, remédiation…)

Mon porte-parole dit n'importe nawak

France-Culture (citant Europe 1), au journal de 12H30 du 24 mai (à 3'10)
Benjamin Griveau, porte-parole du gouvernement :

Ça suffit de jouer avec les peurs et des lycéens et de leurs parents…

Journaliste : « qui joue avec les peurs ? »
Griveau : …

Les oppositions, plutôt celle(s) de gauche. La différence avec APB c'est que la sélection, elle se faisait par l'échec. On avait 2/3 des étudiants qui à la fin de la licence se retrouvaient sans rien, et là on offre le choix à des étudiants de se déterminer AUSSI en fonction des filières et des taux d'insertion dans l'emploi des jobs qu'ils trouveront à la sortie et pas uniquement heu… d'autres éléments.


Question d'une élève à sa ministre

(en visite le 23 mai au lycée Buffon, Paris XVe, pas Maurice Utrillo à Stains, hein !)

Une copine n'a eu que des réponses « en attente », elle est très loin dans les classements des listes d'attente, est-ce qu'il vaudrait mieux qu'elle redouble [et qu'elle rate le bac] pour avoir un meilleur dossier l'année prochaine ?


« Mauvaise idée, ma grande : tu les connais, toi, les coefficients négatifs affectés aux dossiers de redoublants dans les algorithmes locaux ? » [13]

Palme d'or du syndicalisme engagé

Loi ORE : des revendications entendues pour les personnels, 21 mai

  • Une indemnité spécifique pour les personnels investis dans la mise en œuvre de la réforme ⇒ obtenue
  • La création de postes ⇒ obtenue
  • Une hausse du budget de l'enseignement supérieur et de la recherche ⇒ obtenue Les premières annonces vont dans le bon sens. Mais le Sgen-CFDT attend un chiffrage précis pour se prononcer définitivement [14].
Mon algorithme est devenu fou

En Histoire à Strasbourg, le test de l'algorithme de tri à partir d'un fichier excel fait apparaître les bacs S, public inhabituel dans la formation, en haut du classement. En physique à Lyon, ce sont les bacs L qui se retrouvaient trop bien classés grâce aux lettres de motivation (trop) bien rédigées ! En STAPS à Grenoble, après 5 essais, avec le 6ème algorithme, le niveau des étudiants ne correspond toujours pas "aux attendus" [15].

Tu veux la voir mon année de césure ?

Début avril 2018, quelque 3.000 formations ont eu accès à une information censée demeurer secrète jusqu'aux inscriptions administratives : l'éventuelle demande d'année de césure par les candidats lors de la saisie de leurs vœux sur Parcoursup. Un bug informatique corrigé dans les trois jours, mais qui pose la question de l'équité du traitement des candidats. [16]

Excellents membres de commission d'examens des vœux. Aix-Marseille-Université

La fac de Sciences a complètement cessé de communiquer sur le traitement des dossiers ; elle n'a pas révélé la composition des commissions aux personnels. Et dans ces commissions, certains membres ont poussé le délire paranoïaque au point de penser que leurs critères de classement relevaient uniquement de leur expertise et que non seulement ils n'avaient pas à les communiquer aux étudiants, mais que même les personnels enseignant dans les formations concernées n'avaient pas à les connaître.


À Paris 7 en biologie, idem : refus de communiquer l'algo maison aux enseignants du département.

Étudiants en réorientation

Ils ont dû s'inscrire sur Parcoursup, comme leurs petits frères. Mais, contrairement aux bacheliers de l'année, leurs notes de 1ère, terminale et bac n'ont pas été transmises par les lycées, ils les ont remplies eux-mêmes !
À Lyon, un étudiant [trop couillon, mais très motivé] s'est mis 19 partout !
Ça s'est vu… il a été écarté.
Mais de plus malins qui ont panaché des 14, 12, 17 sont passés sans problème dans la moulinette de l'algorithme. Il faut reprendre "à la main" tous ces dossiers…

Proposition d'un EC de PACES pour la définition de l'algorithme :

Mettre comme note de dossier dans l'algorithme : 01 aux bacs pros, 20 aux bacs S [17].
C'est pas gentil, ça ?

Sectorisation :

L'autonomie des universités mise en avant est très relative, les éléments les plus importants nous ont échappé. Par exemple, Nous avons appris le taux de sectorisation seulement le 14 mai [18] : ce qui veut dire que beaucoup de dossiers que nous avons épluchés et pris soin de classer seront écartés automatiquement car ils sont hors secteur… Les élèves ignoraient ce critère au moment de faire leurs vœux. C'est honteux !

LLCE : Algorithme maison avec bonus pour les notes de 1ère langue

Problème : la 1ère langue n'est pas prise en compte automatiquement, il faut ouvrir le dossier.

Vous avez demandé le comité d'éthique ? Ne quittez pas…

Le comité d'éthique et scientifique sous patronage du MESR prévu par la loi n'a pu être contacté…

Et la privacy ?

Un élève de terminale est sélectionné pour passer les entretiens d'admission au collège de droit de Paris I, filière très sélective qui ne retient que 60 étudiant.e.s chaque année.
Parmi les 120 candidat.e.s croisés ce jour là, aucun noir et aucun arabe ; la plupart des candidat.e.s semblent venir de Louis Le Grand et Henri IV. Jusque là rien d'inhabituel.…
Mais, pendant l'entretien, les deux directeurs de la formation ont évoqué avec lui de façon très précise et renseignée ses 9 autres vœux de parcourSup.
Il semblerait aussi que la lettre destinée au Rectorat en cas de non satisfaction des vœux, qui indique la « préférence » du candidat, soit aussi connue des établissements. [19]
C'est normal docteur ?

La gruge du côté enseignant ? Impossible !

On peut changer le rang en changeant la note globale du dossier des candidats, qui ne sont pas anonymes ! on peut très bien décider de remonter un candidat au vu de tel ou tel élément (son lieu de formation ou... son nom...). La commission est (ou paraît, du moins) souveraine sur le classement indépendamment des paramètres modélisés. Elle pourrait très bien changer le classement des candidats une fois ceux-ci classés selon les critères entrés dans la machine. C'est sans doute cela le fameux "retour de l'humain", qui ressemble furieusement à la possibilité d'introduire un total arbitraire (sinon du favoritisme) !

Prise en compte du lycée d'origine ?
  • « Oh ! ben non… ça serait discriminant socialement » (Paris6, Sciences)
  • « Oh que oui ! Y'a des lycées qui notent plus "dur" que d'autres » (Médecine ParisV —cité par Le Monde)
Capacités d'accueil

Décidées par le rectorat [20], elles augmentent généralement de 10% par rapport à celles de l'année dernière —au doigt mouillé ?
Celles qui sont affichées sur la plateforme Parcoursup ne reflètent que peu la réalité : exemple à Sorbonne-Université (Paris 6) : les capacités réelles sont inférieures de 12 à 20% à celles annoncées —il faut garder la place aux réorientation de PACES (ah ! l'échec en 1ère année de médecine, elle connaît notre bonne ministre !), et surtout aux élèves de CPGE qui ont maintenant l'obligation de s'inscrire à l'université.

À la question « Comment font les départements/UFR lorsque le millième ne suffit pas pour départager les ex-æquo ? », voici quelques réponses [21]
  • « en cas d'ex-æquo, il faut départager les dossiers "à la main" et là on peut faire ce qu'on veut, comme changer le rang en changeant la note globale du dossier, etc… cela ouvre tout de même un espace d'arbitraire énorme. »
  • « les parents procéduriers ne pourront pas 1) demander à voir l'algorithme 2) faire des recours car le jury est souverain donc vous l'avez dans l'os. Donc on ne s'emmerde pas avec des histoires de millième »
  • « Les notes d'hist-géo ont servi à départager les ex-æquo. »
  • « beaucoup de candidats ont la même note c'est le retour de la fonction aléatoire pour classer ou du "au pif". »
  • « On départage à la main les dossiers. »
  • « Au pifomètre [22] »
  • « départagés par les fiches avenir »
Rustines

Les étudiants qui postulent aussi à des formations hors ParcourSup ne sont pas obligés de renoncer à leur vœux sur Parcoursup.
Ils peuvent donc rester inscrits dans une formation qui découvrira au mois de septembre qu'elle a des "places" vacantes... une aubaine tardive pour les étudiants les moins bien classés, un cauchemar pour les universités d'excellence qui voulaient concurrencer les écoles.
Le ministère a donc créé une nouvelle obligation, sans base légale (oder ?), en demandant aux écoles privées de subordonner l'inscription à la production d'un "certificat de désinscription de Parcoursup".
Le problème n'est que partiellement réglé, il faut compter avec le calendrier des admissions : fin juin pour Sciences Po, début ou mi-juillet pour Écoles de commerce et BCE (selon les écoles). Avec Parcoursup les filières universitaires d'excellence vont jouer les voitures balais…
[merci Yann Bisiou]

[1] Le Point, 2 juin

[2] Pour une définition du déni, lire Marianne, 1er juin.

[3] France-Info

[4] Libération, 1er juin 2018

[5] France-Info, 3 juin

[6] En CPGE, source ici

[7] Educpros

[8] Le Monde, 31 mai

[9] C'est peut-être à ça qu'on les reconnaît ?

[10] Ici à 19'15

[11] On lui pardonne le français approximatif, elle avait l'air vénère

[12] Tweet retiré de la circulation

[13] Réponse de SLU qui n'a pas mis la main sur celle de la ministre… Notons aussi que ce n'est pas la question qui est à classer dans les « bêtises », mais bien la possibilité qu'elle se pose !

[14] Et toc !

[15] Le classement des candidats sous forme de points (150 points max) révèle qu'aucun candidat ne semble correspondre aux ATTENDUS !
• le meilleur candidat à la version 6 obtient en effet 60 points sur 150, soit 8/20 !
• 1138 candidats sur 2992 ont 0 pts en attendus scientifiques = 38 % des candidatures (car leurs notes en maths...<10/20)
• dans le fond du tableau : les 89 derniers candidats ont 0 pts dans TOUS les attendus (sauf 8 pts en compétences sportives). Surprise, ils sont bacheliers Pro ou techno

[16] À lire dans Educpros ici : Premier bug Parcoursup : "l'année de césure" dévoilée par erreur aux formations

[17] heureusement, les étudiants élus l'ont arrêté dans ses œuvres

[18] C'est-à-dire 2 jours avant la "remise des copies" du classement des dossiers (Libération)

[19] « Parcoursup précise que « cette information confidentielle, non transmise aux établissements, a pour seul objet d'éclairer la commission d'accès à l'enseignement supérieur, qui pourrait être amenée à vous faire des propositions si vous ne recevez aucune proposition sur l'un de vos vœux confirmés ». Une commission qui se réunira pendant la phase complémentaire »

[20] En dernier lieu, et complètement démocratiquement, bien sûr

[21] De membres de commissions d'examen des vœux — comme toutes les autres citations de cette page.

[22] C'est tout de même plus "humain" que le tirage au sort, non ?

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« Parcoursup ouvre la question de la démocratisation des études post-secondaire »- Jules Donzelot, Le Monde Campus, 8 juin 2018

Sáb, 09/06/2018 - 06:33

A l'occasion du colloque « Démocratiser la réussite dans l'enseignement supérieur », le 26 juin à Paris, le sociologue Jules Donzelot s'interroge sur « la capacité du système à satisfaire ou non les aspirations des élèves ».

Nombre de questions soulevées par Parcoursup seront au cœur du colloque organisé le 26 juin à Paris, au siège du Monde, sur le thème « Démocratiser la réussite dans l'enseignement supérieur ». Un événement porté par l'Observatoire de la responsabilité sociétale des universités (ORSU) et l'Afev (Association de la Fondation étudiante pour la ville) en partenariat avec « Le Monde » Campus. Le sociologue Jules Donzelot s'interroge, en particulier, sur « la capacité du système à satisfaire ou non les aspirations des élèves », un « système » moins démocratique, selon lui, que celui des Anglo-Saxons.

Tribune. Alors que les réponses aux candidatures des lycéens sont publiées sur Parcoursup, on s'interroge – à juste titre – pour savoir si chacun se voit ou non proposer une place dans une filière correspondant au moins en partie à ses aspirations. Soit la question de la capacité du système à satisfaire ou non les aspirations des élèves.

Mais Parcoursup ne pose-t-il pas aussi la question de la capacité du système à aider les élèves au moment où se forment leurs aspirations, soit bien avant le processus d'admission postbac ? N'y va-t-il pas, en la matière, d'une responsabilité des établissements d'enseignement supérieur, seuls capables d'informer adéquatement les collégiens et les lycéens afin de maximiser leurs chances, une fois engagés dans Parcoursup, d'être acceptés puis de réussir dans les études de leur choix ?

Le succès de Parcoursup dépend aussi de ce qui sera mis en œuvre en termes de sensibilisation aux études supérieures et à leurs débouchés, d'aide à l'orientation, ou encore de tutorat. Des inégalités sociales, de genre, de handicap, de territoire, etc., existent en matière d'aspirations, contre lesquelles il est possible d'agir. D'autres pays se sont lancés dans cette bataille. Certains expérimentent déjà depuis plusieurs décennies des actions visant à diversifier la participation. La plupart convergent vers un continuum d'interventions, de l'école primaire jusqu'à l'accès aux études supérieures, afin de sécuriser par le bas la construction d'aspirations ambitieuses mais aussi réalistes chez tous les élèves.

En Grande-Bretagne, par exemple, on ne parle pas d'« égalité des chances d'accès » mais d'« étendre et de diversifier la participation » (widening participation to Higher Education) en « élevant les aspirations » (raising aspirations). Cet objectif s'inscrit dans un système dont l'organisation repose sur la demande d'études supérieures (demand-led system) et dans une philosophie d'action mêlant utilitarisme et justice sociale.

Pour que la demande soit à la fois plus massive et plus diversifiée à tous niveaux (social, ethnique, de genre, etc.), les universités interviennent dès le collège – parfois dès l'école primaire – et accompagnent des dizaines de milliers d'élèves en ayant besoin dans l'élaboration de leur projet personnel, dans leur choix de matières à 13 et 15 ans et, enfin, dans les procédures d'accès aux universités. Elles ciblent, en particulier, ceux dont les parents n'ont pas fait d'études supérieures.

Ces interventions existent depuis bientôt deux décennies et le budget public s'y trouvant consacré n'a cessé de croître. Selon l'Agence des statistiques de l'enseignement supérieur (Higher Education Statistics Agency – HESA), les résultats sont bons dans la mesure où, depuis 1999, la participation des jeunes d'origine défavorisée a augmenté plus rapidement que celle des plus favorisés, contribuant à une réduction de quelques points de pourcentage du « fossé de participation ». Ils sont remarquables aussi en Australie où, depuis une dizaine d'années, des actions similaires ont contribué à une réduction rapide des écarts sociaux. Si les inégalités socio-éducatives sont très résistantes, des programmes ambitieux d'élévation des aspirations et d'accompagnement éducatif peuvent donc les infléchir.

Cette politique d'élévation des aspirations se retrouve aujourd'hui dans les programmes de nombreux pays : Aimhigher au Royaume-Uni (rebaptisé NNCO en 2014, National Networks for Collaborative Outreach), Prometheus à Barcelone, Pathways to Education au Canada, le HEPPP en Australie (Higher Education Participation Partnership Program), Upward Bound aux Etats-Unis, etc. Elle diffère de l'approche qui domine en France avec les Cordées de la réussite et les Parcours d'Excellence, et qui privilégie la reconnaissance du mérite des très bons élèves au détriment de la construction du projet d'études et de vie des autres – une étape pourtant nécessaire à certains pour s'engager sur le plan scolaire et entrer dans un cercle vertueux de réussite – au lieu, comme le font les autres pays, d'aborder simultanément ces deux enjeux.

Les établissements d'enseignement supérieur, aux côtés de ceux du secondaire, se trouvent au cœur de ce « modèle aspirationnel » et se chargent eux-mêmes de la majeure partie des actions d'élévation des aspirations et d'aide à l'orientation. Les choix émis par les élèves entrent dans le champ de la responsabilité sociétale des universités dans la mesure où, pour prendre des décisions en toute connaissance de causes déjà jusqu'à la fin du secondaire, ils ont besoin d'informations ne pouvant être mises à disposition que par elles (sur les conditions d'accès, de réussite, de vie sociale ou encore d'insertion professionnelle). Leurs interventions s'appuient sur les services d'orientation et de communication des universités, ainsi que sur des milliers d'étudiants volontaires intervenant dans les écoles et proposant un accompagnement régulier à ceux en ayant le plus besoin.

Pourlire la suite

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Communiqué de membres élus de la CFVU de l'université de Paris 3 - 8 juin 2018

Ven, 08/06/2018 - 20:50

Ce 8 juin 2018 était prévue une séance de la CFVU au centre Censier en salle Las Vergnas à 8h30.

Nous avions réclamé le mercredi 6 juin, par envoi à la mailing list de la CFVU, une modification de l'ordre du jour, estimant que l'ordre du jour proposé n'était pas pertinent au regard des urgences et de la situation actuelle, tant au niveau local que national.
Nous avons proposé à la Commission, dès l'ouverture de la séance, que l'ordre du jour soit entièrement remplacé par un point unique, selon les modalités prévues à l'article 11 du règlement intérieur :

Fonctionnement de ParcourSup et conséquences de son application à Paris 3 :
Critères adoptés par les Commissions d'examen des vœux
Résultats des classements
Fonctionnement des Commissions
Classement par le rectorat des vœux de trois portails
Premiers retours de ParcourSup
Mise sous surveillance de Censier
Gestion des résultats de la première session
Organisation de la seconde session à distance

Ce changement d'ordre du jour a été voté par 10 voix contre 5 et une abstention, mais le règlement prévoyant une majorité des deux tiers pour un ajout à l'ordre du jour (soit 10,66 voix pour 16 votants), la proposition de nouvel ordre du jour n'a pas été adoptée.

En conséquence, nous avons décidé de quitter la séance, levant de fait le quorum. La séance prévue n'a donc pas pu se tenir.

Dans une université sous contrôle policier, où les devoirs sur table de première puis de seconde session ont été annulés (sans même que notre Commission ait été consultée), où les opérations de sélection de ParcourSup se sont déroulées dans la plus totale opacité, contribuant à un dispositif dont la faillite est aujourd'hui publique, où de nombreux enseignants, dont certain•e•s en grève, opèrent une rétention des notes et empêchent la tenue des jurys, il nous semble urgent de débattre et de délibérer en CFVU de ces questions.

En l'absence d'une délibération de la CFVU, il nous apparaît que les modalités de contrôle des connaissances et la charte de l'évaluation, qui ont été votées et n'ont pas été modifiées par la CFVU, sont censées s'appliquer aux épreuves de rattrapage.

Nos institutions n'ont de sens que si elles fonctionnent démocratiquement, dans un accès le plus complet et le plus transparent aux informations. La période actuelle inquiète par son autoritarisme et son absence de concertation.

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Motion de l'AG des personnels de l'UFR Arts de l'Université Paris 8 - 7 juin 2018

Ven, 08/06/2018 - 12:04

1. L'AG des personnels de l'UFR Arts, Philosophie, Esthétique de
l'Université Paris 8, réunie le 7 juin 2018, réaffirme son opposition à Parcoursup et à la loi O.R.E. Les résultats actuels témoignent du bienfondé de nos craintes quant aux effets de ce dispositif pervers de mise en concurrence des universités. L'AG demande à connaître la nature du paramétrage de l'outil d'aide à la décision et les critères qui ont été appliqués par la direction de l'Université pour procéder au classement des candidatures dans les formations qui ont affirmé leur volonté de boycotter le dispositif (Arts Plastiques, Cinéma et Philosophie).

2. L'AG des personnels de l'UFR exige la levée de toute procédure disciplinaire à l'encontre d'une représentante du personnel suite à des propos tenus en contexte de mobilisation.

3. L'AG des personnels de l'UFR décide d'accueillir lors de la rentrée les étudiants de L1 de tous les départements par une réunion d'information et de discussion sur la logique et les effets de Parcoursup et de la loi O.R.E et appelle les autres UFR à faire de même.

4. L'AG des personnels de l'UFR appelle à organiser dès la rentrée un rassemblement interuniversitaire de tous les personnels des universités, des étudiants et des lycéens, citoyens et citoyennes qui veulent que les universités restent des universités.

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« Le recteur, le taux de boursiers et la concertation » : une fable moderne - Mariannick Dagois pour SLU !, 7 juin 2018

Xov, 07/06/2018 - 14:50

La loi ORE [1] énonce ceci :
« V.-Pour l'accès aux formations autres que celles mentionnées au VI, lorsque le nombre de candidatures excède les capacités d'accueil d'une formation, l'autorité académique fixe un pourcentage minimal de bacheliers retenus bénéficiaires d'une bourse nationale de lycée, en fonction du rapport entre le nombre de ces bacheliers boursiers candidats à l'accès à cette formation et le nombre total de demandes d'inscription dans cette formation enregistrées dans le cadre de la procédure de préinscription prévue au deuxième alinéa du I. […]
« Les pourcentages prévus aux premier et deuxième alinéas du présent V sont fixés en concertation avec les présidents d'université concernés.

En français facile, ça signifie que le recteur [2] ne fixe rien du tout, il se borne en réalité à faire une division : il calcule son pourcentage minimal de boursiers en comparant le nombre total de dossiers déposés — s'il y a plus de dossiers que de places — et le nombre total de lycéens boursiers ayant demandé cette formation !
En principe.
Par exemple, s'il y a 1000 dossiers déposés dont 100 dossiers de boursiers, il « fixera » le taux de boursiers à 10%, et la « concertation » avec les présidents d'université concernés se bornera à vérifier si le compte est bon. Et à faire un dernier tour de moulinette à l'algorithme pour intégrer ce pourcentage au classement déjà opéré sur les dossiers par les commissions d'examens [3].

Et c'est là que l'autocensure joue à plein : le tableau ci-dessous dressé par une collègue [4] pour l'accès en Droit en Île-de-France, ne montre pas des recteurs élitistes mettant le centre de Paris à l'abri de hordes de boursiers descendues du 9-3, mais des lycéens qui ont bien compris où est leur place sociale !
Chacun chez soi, et les vaches sont bien gardées.

Droit IdF

Cliquez pour agrandir la vignette

Le seul soupçon de mixité sociale pourrait venir, par exemple, de l'obligation faite à Paris 5 (au hasard) d'inscrire en Droit 5% de boursiers même si son classement initial n'en prévoyait aucun.

Le « classement » des universités franciliennes du tableau ci-après est en fait un reflet du nombre de demandes des boursiers.

Affirmer partout dans les médias [5] qu'on favorise la mixité sociale en « privilégiant » les boursiers —par un retour du national centralisateur par la voix des recteurs après l'« autonomie » des algorithmes locaux— , alors que les lycéens ne sont que des pions dans le grand jeu de la concurrence entre universités n'est pas la moindre des hypocrisies que les thuriféraires de Parcoursup nous ont infligées.

Mariannick DAGOIS pour SLU !
7 juin 2018 [6]

[1] LOI n° 2018-166 du 8 mars 2018 relative à l'orientation et à la réussite des étudiants

[2] L'autorité académique, c'est lui.

[3] Les commissions d'examens des vœux ont vu arriver ces pourcentages obligatoires deux jours avant la remise des résultats de Parcoursup.

[4] Marie-Paule Coutot, INED

[5] Comme Frédérique Vidal sur Twitter : « La loi #ORE permet aux étudiants boursiers d'avoir accès à toutes les filières, sélectives comme non sélectives. Ceci est une nécessité pour remettre en route l'ascenseur social de notre pays »

[6] Merci à Léonard Moulin pour sa relecture et la mise à disposition de son graphique.

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À qui profite Parcoursup ? Saison 1, épisodes ⑤, ⑥ et ⑦ - 7 juin 2018

Xov, 07/06/2018 - 14:00

Face à Parcoursup Pôle emploi anticipe.

Le dauphiné.com, 1er juin.
Pôle Emploi anticipe auprès de ses agents une augmentation importante d'inscriptions d'étudiants en septembre pour tenir compte des difficultés à proposer aux lycéens une inscription dans l'enseignement supérieur.

Contactée, la direction de Pôle emploi Grand-Est a répondu de façon un peu contradictoire. « Il n'y a pas de sujet. En tout cas, nous ne sommes pas en capacité de le chiffrer comme cela […] Oui, il y aura probablement un surcroît d'inscription et nous allons nous y adapter. » Avant de renvoyer, embarrassé, vers le ministère du Travail puis vers… celui de l'Éducation nationale.

Cet afflux exceptionnel a aussi été évoqué lors du comité d'établissement de Pôle emploi, réuni jeudi à Strasbourg (Bas-Rhin), par des représentants du personnel. La direction régionale a banalisé la question, selon nos informations. « On va demander des explications. Une telle anticipation n'est pas anodine. Cela veut dire que le gouvernement s'attend à ce que de nombreux étudiants restent sur le carreau », s'inquiète un représentant syndical.

Comment lutter contre le stress ? vous êtes passé de 3200e en liste d'attente à 2768e ? Partez en vacances tranquille !


Ils sont trop forts à l'ESGCI : leurs conseillers Parcoursup vous proposent des formations hors Parcoursup.
Bon débarras Parcoursup !

On vous l'avait dit dès le mois de mars : « achetez des actions d'écoles privées » !


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Chili : « On parlera de cette "révolution féministe" dans les livres d'histoire » - Libération, Justine Fontaine (Correspondante à Santiago), 5 juin 2018

Mér, 06/06/2018 - 11:47

« No es no, qu'est-ce que t'as pas compris, le N ou le O ? »

Né à l'université de Valdivia au milieu du mois d'avril, le mouvement des étudiantes contre le harcèlement et les agressions sexuelles a pris une ampleur inédite dans ce pays très catholique. Une vingtaine d'établissements sont aujourd'hui bloqués et une nouvelle manifestation est prévue ce mercredi.

À lire ici dans Libération

« On nous tue, on nous viole, et personne ne fait rien ! » « No es no ["non c'est non"], qu'est-ce que t'as pas compris, le n ou le o ? » Dans les rues chiliennes, depuis près d'un mois, ce sont les voix féminines qui portent le plus. Malgré le froid perçant de cette fin d'automne austral, quelques étudiantes s'affichent seins nus, des messages féministes peints sur le corps. « Il y a des dizaines de cas d'agressions, de harcèlement sexuel à l'université, mais on n'a pas de texte satisfaisant pour protéger les victimes et sanctionner les agresseurs. On est tellement en colère qu'on n'avait pas d'autre choix que de se mobiliser », lâche Constanza Quinteros, étudiante en gestion à l'Université du Chili. Le 16 mai, la manifestation à l'appel de la Confédération étudiante chilienne (Confech) a réuni 25 000 personnes à Santiago selon la police, 150 000 selon les organisatrices. Une mobilisation pour les droits des femmes d'une ampleur inédite depuis la dictature de Pinochet (1973-1990). Une nouvelle manif est prévue ce mercredi.

Le mouvement a commencé mi-avril dans le sud du pays, à l'université de Valdivia. Accusé de harcèlement sexuel envers une employée de l'université, un prof a simplement été changé de poste. Pour protester contre cette décision, les étudiants ont décidé d'occuper leur établissement. Dix jours plus tard, c'était au tour de la prestigieuse fac de droit de l'Université du Chili, à Santiago. Là, l'ex-président du tribunal constitutionnel, qui est aussi professeur, est accusé d'avoir harcelé sexuellement une étudiante. A l'issue d'une enquête interne, il a été suspendu pour trois mois pour « atteinte à la probité ». A ce jour, le règlement de l'université ne permet pas de sanctionner un cas de harcèlement entre un professeur et un élève, assure le doyen. « Nous avons décidé de nous emparer de ce cas, qui illustre bien ce qui nous arrive en tant que femmes depuis des années, raconte Danae Borax, l'une des porte-parole des étudiants de la faculté. On s'est dit qu'on devait montrer que ce genre de situation n'est plus acceptable. Et on a décidé d'occuper la fac », poursuit-elle, assise dans la cour de la faculté de droit, à côté des banderoles de la dernière manifestation.

« Solidarité et confiance »

Dans les jours et les semaines qui suivent, plus de 20 universités et lycées du pays ont suivi le mouvement. Même la très conservatrice Université catholique de Santiago a été occupée pendant quelques jours, une première depuis plus de trente ans. En 2016, dans 10 universités (sur 43), 228 cas de violences sexuelles ont été dénoncés auprès des représentants étudiants chargés du suivi des questions de genre et de sexualité. Des chiffres parcellaires, selon les militantes. A l'Université de Santiago, « nous avons déjà reçu 80 plaintes cette année », assure Amanda Mitrovich, étudiante et porte-parole de la Coordination féministe étudiante (Cofeu), créée il y a deux ans. « Dans chacune dans nos universités, nous avions de nombreux cas et nous cherchions à gérer ça, poursuit la militante de 20 ans, assise sur un banc du campus - quasi désert - de l'université en grève depuis plusieurs semaines. On s'est vite rendu compte que les règlements intérieurs ne fonctionnent pas, et qu'au Chili, le harcèlement sexuel n'est puni par la loi que dans le cadre de relations de travail », pas s'il a lieu entre un prof et son étudiant(e), ni en dehors de l'université.
Au début du mouvement, les étudiantes ont organisé des assemblées réservées aux femmes. « Elles ont servi d'exutoire à beaucoup d'étudiantes. Certaines ont raconté les violences qu'elles avaient subies, témoigne Tamara Catalan, entrée cette année à l'Université de Santiago. Ça a été un moment de solidarité et de confiance entre femmes. » Dans cet établissement, qui participe à presque toutes les mobilisations, les messages féministes se sont fait une place sur les murs : « Non au harcèlement », lit-on ici ; « Marre de porter le fardeau machiste », un peu plus loin.

La suite, ainsi que le portfolio ici

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« Parcoursup constitue un retour en arrière de deux siècles » - Pierre Merle, Le Monde, 5 juin 2018

Mér, 06/06/2018 - 10:58

La sélection opérée par la plate-forme est fondamentalement porteuse d'injustices, explique le sociologue Pierre Merle dans une tribune au « Monde ».

A l'occasion de la publication des premiers résultats de la plate-forme Parcoursup, le 23 mai, à peine plus d'un candidat sur deux avait reçu une affectation, plus de 300 000 étaient en attente, et 29 000 avaient tous leurs souhaits refusés (des propositions leur seront ultérieurement présentées par la commission rectorale de leur académie).

Au 1er juin, 575 000 candidats ont au moins une proposition, mais 16 000 d'entre eux ont cependant quitté la plateforme, 199 000 sont encore en attente, 24 000 sont toujours sans proposition, plus de 5 000 ont sollicité l'aide de la commission rectorale ad hoc et presque 7 000 se sont désinscrits.

Parcoursup ne règle pas le problème de l'affectation de candidats dans des filières qui n'ont pas été conçues pour eux

La ministre Frédérique Vidal s'est réjouie de l'augmentation rapide de la proportion de candidats ayant obtenu au moins une proposition. Outre le nombre croissant d'abandons, Parcoursup soulève de nombreux problèmes. Parmi les candidats encore en attente, déçus et inquiets, les bacheliers des filières professionnelles et technologiques sont surreprésentés. Pourquoi ?

Anticipant un refus d'inscription dans les filières universitaires, ces étudiants ont adapté leur stratégie d'orientation et ont plus souvent choisi les filières professionnalisantes courtes, BTS et IUT, qui correspondent mieux à leurs parcours. Or ces filières sont également très demandées par les bacheliers généraux, et la sélection favorise davantage ces derniers, jugés plus aptes à réussir des études supérieures. Parcoursup ne règle donc pas un problème essentiel de l'enseignement supérieur : une affectation de candidats dans des filières qui n'ont pas été conçues pour eux.

L'augmentation de l'offre de ces filières courtes serait bienvenue. La ministre de l'enseignement supérieur y est favorable, mais les choix financiers du gouvernement ne permettront que des ajustements marginaux. Ce qui est dommage tant pour les jeunes que pour la nation.

Une autre limite de Parcoursup est de ne pas assurer une sélection juste des candidats. Les conseils de classe, qui évaluent chaque lycéen selon les critères définis par Parcoursup (autonomie, méthode de travail, esprit d'initiative, capacité à s'investir), ont des pratiques divergentes. Certains conseils ont essayé de répondre le mieux possible à ces critères. D'autres, considérant qu'il n'était pas possible de réaliser une évaluation objective sur des critères jugés subjectifs et/ou souhaitant donner le plus de chances possible à leurs élèves, ont décidé de mettre les appréciations " très satisfaisante " ou " satisfaisante " à la quasi-totalité d'entre eux. La tentation d'aider les élèves de l'établissement, voire le favoritisme, est inévitable. Une sélection juste ne peut pas émerger de telles pratiques.

La prise en compte des notes de chaque candidat est tout aussi problématique. Même si les évaluations des lycéens -seront, à l'avenir, organisées sous forme de partiels avec des sujets communs à tous les établissements, les pratiques de notation des professeurs demeureront différenciées selon le niveau scolaire des élèves et les lycées. Les comparaisons des notes dans le cadre de Parcoursup sont donc non pertinentes. Un 15/20 d'un élève de Louis-le-Grand n'est pas comparable à un 15/20 d'un élève scolarisé dans la majorité des lycées de banlieue.

Évaluation nationale impossible

Pour prendre en compte ces différences, certaines universités pondèrent les notes des candidats, notamment en accordant des bonus à certains lycées, compte tenu du classement des établissements. Cette démarche d'équité, séduisante, est pourtant inappropriée. Outre un classement des établissements discutable, ce classement est ordinal (il définit un ordre du premier au dernier), mais il n'est pas cardinal. Il ne définit pas des niveaux de compétences moyens des établissements. Ainsi, à une différence importante dans le classement des lycées peut correspondre une différence faible en termes de niveau moyen des élèves.

Pour sélectionner des candidats, inférer du classement des établissements des différences de compétences entre les élèves est statistiquement aberrant. C'est pourtant la démarche de Parcoursup lorsque les notes des candidats sont pondérées. Il en est de même lorsque les notes ne sont pas pondérées, alors même que les notes ne sont pas comparables d'un établissement à l'autre, voire d'une classe à l'autre. Au fondement de la justice scolaire, le principe de l'égalité de traitement est clairement bafoué.

Pour lire la suite.

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Comment nous avons enquêté sur une affaire d'intégrité scientifique - Le Monde, Hervé Morin (Responsable du supplément Science&Médecine), 5 juin 2108

Mar, 05/06/2018 - 19:29

Notre récent article sur la gestion d'une affaire de soupçon de méconduite scientifique a suscité de vives réactions, exprimées dans une lettre ouverte signée par 503 chercheurs.

À lire ici.

Décryptage. Une lettre ouverte mise en ligne le 28 mai, intitulée « Ethique journalistique, éthique scientifique », a été signée par 503 chercheurs, dont de grands noms de la recherche française. Son objet ? Répondre à une enquête que Le Monde a publiée dans le supplément « Science & médecine » daté du 23 mai, titrée « Intégrité scientifique à géométrie variable ».

Son sous-titre explicitait le propos : « En février, la patronne de la biologie au CNRS avait été absoute d'accusations de méconduite scientifique. Des chercheurs anonymes remettent en cause ces conclusions. »

L'article du Monde expliquait donc que le travail d'une commission d'enquête anonyme dédouanant Catherine Jessus, directrice des sciences de la vie au CNRS, d'accusations sur son intégrité scientifique, n'avait pas convaincu des biologistes eux aussi restés anonymes, par crainte de « représailles ». Ceux-ci, dans quarante-cinq pages d'un argumentaire serré, jugeaient invalides les conclusions des experts, rendues publiques en février, mettant en question leur compétence et les accusant d'encourager de « mauvaises pratiques » de laboratoire.

Indépendamment de ces critiques, ­notre article mentionnait des points troublants : la commission d'enquête mise sur pied par Sorbonne-Université, tutelle du laboratoire de Catherine Jessus, était ­présidée par un chercheur – que nous ne nommions pas – ayant un lien de sujétion avec celle-ci et l'université. Nous mentionnions que cette situation constituait un conflit d'intérêts manifeste. Nous rappelions en outre que, contrairement à ce qu'affirmait le rapport, trois des articles incriminés qui devaient être corrigés ne l'avaient toujours pas été par les revues scientifiques les ayant publiées – les éditeurs contactés indiquant des « discussions en cours ».

Enfin, nous concluions que les inconduites scientifiques avérées – des manipulations d'images correspondant à des identifications de protéines – appartenaient à une « zone grise » : « Si elles ne constituent pas une fraude au sens de la fabrication ou de la falsi­fication de résultats, elles ne ­représentent certainement pas une bonne pratique de laboratoire », écrivions-nous, regrettant que le constat de cette forme d'atteinte à l'intégrité scientifique n'ait pas été simplement acté par les tutelles et la commission.
Les reproches des signataires

Les signataires de la lettre ouverte (https://scienceactive.net) font une tout autre lecture de l'affaire. Ils estiment que la commission d'enquête constituée d'« experts indépendants » n'était pas en conflit d'intérêts – ce qui suppose qu'ils connaissent leur identité, leur nombre et leurs institutions de rattachement, éléments qui n'ont pourtant pas été rendus publics.

Ils assurent que les corrections proposées ont été acceptées par les revues – ce qui n'est toujours pas le cas pour certaines d'entre elles. Ils qualifient de « dénaturés en étant abusivement présentés hors de leur contexte » les propos non anonymes d'un de leurs collègues.

Précisons que l'intéressé, Pere Puigdoménech, membre du comité scientifique du CNRS et chercheur au CSIC (équivalent espagnol du CNRS), nous a, depuis, confirmé « assumer et défendre » sa position sur la nécessité de confier l'enquête à des personnes « externes aux institutions concernées ».

Surtout, les auteurs de la lettre ouverte contestent la crédibilité des auteurs du contre-rapport, en raison de leur anonymat, et condamnent, dans le fait de relayer leurs conclusions, « un article offensant autant pour la commission d'enquête et la communauté scientifique que pour la pratique journalistique, tant il est dénué d'analyse, de vérification de la fiabilité des sources et nourri d'anonymat et de dénonciation ».

Au total, un « mépris de la déontologie » journalistique rappelant « les ­dénonciations et les lettres anonymes d'un autre âge », alimentant un climat de « chasse aux sorcières ». L'accusation, visant nominativement l'auteur de l'article David Larousserie, est lourde. Il convient d'y répondre, en explicitant la façon dont nous avons travaillé.
Chronologie de l'affaire

Elle a pour origine un blogueur scientifique allemand, Leonid Schneider, ancien biologiste, qui, début septembre 2017, ­relaie des accusations de manipulations d'images dans plusieurs articles cosignés par Catherine Jessus et publiés entre 1998 et 2017. Il met ensuite en ligne, sous son nom, les images incriminées sur PubPeer, un site qui recueille des critiques de résultats scientifiques, de façon anonyme ou non, dans le but de les corriger. PubPeer, animé notamment par deux chercheurs du CNRS, Boris Barbour et Brandon Stell, fait souvent figure d'épouvantail dans la communauté scientifique française.

Le 13 septembre, Catherine Jessus nous reçoit longuement au siège du CNRS, à ­notre demande, pour nous éclairer sur ces accusations. Elle reconnaît alors « des ­erreurs, mais pas de fraude » et assure que des corrections ont été demandées et qu'elle recherche encore les originaux pour plusieurs cas.

Au sortir de son ­bureau, Francis-André Wollman, chercheur à Sorbonne-Université et membre du comité scientifique du CNRS, souhaite nous faire part de sa vision de l'affaire : les accusations sont « complètement débiles », la « rigueur et l'intégrité de Catherine Jessus ont frappé toute la communauté », assure-t-il.

Il juge en revanche qu'au-delà de la « bonne foi totale de ses animateurs » PubPeer est devenu, « dans la pratique, une plate-forme anonyme de dénonciation » qui rappelle « des temps épouvantables ». Après un nouvel échange téléphonique avec Catherine Jessus, le 19 septembre, nous décidons, avant de publier quoi que ce soit, d'attendre le verdict des journaux scientifiques, qui peuvent décider de ­corrections, de rétractations des articles, ou de ne rien faire.

Fin novembre, lors d'une réunion des ­directeurs d'unités du CNRS, Catherine Jessus annonce qu'elle a été mise hors de cause par une commission d'enquête, apprend-on dans un Tweet d'un des participants à cette rencontre, Philippe Froguel.

Le 21 février, le rapport de cette commission d'enquête, jusqu'alors secret, est rendu public à la demande du nouveau président du CNRS, Antoine Petit. Sa prédécesseure par intérim, Anne Peyroche, a dû lui laisser la place précipitamment, en raison d'accusations assez similaires à ­celles portées contre Catherine Jessus.
sur le même sujet :Enquête sur l'ex-présidente du CNRS Anne Peyroche

Nous évoquons les conclusions du rapport dans un article du daté 28 février ­intitulé « L'honneur sauvegardé de ­Catherine Jessus », qui souligne à la fois cet effort de transparence inédit et les points d'interrogation qui subsistent : comment Catherine Jessus a-t-elle pu ­annoncer sa mise hors de cause en ­novembre, alors que la commission est censée avoir enquêté jusqu'au début de l'année 2018 ? En outre, certains biologistes s'interrogent déjà sur la qualité du travail de la commission d'enquête, jugeant ses conclusions trop lénifiantes.

L'étape suivante sera donc la mise en ­ligne, le 16 mai, du rapport de contre-expertise, anonyme et très critique envers les « enquêteurs », dont nous avons rendu compte.

Les usages de l'anonymat

Pourquoi avoir choisi de le faire, alors que ce rapport était anonyme – reproche ­central de la lettre ouverte ? Rappelons que, dans la mesure du possible, les ­journalistes aspirent à citer des sources non anonymes. D'abord pour éviter d'être instrumentalisés. On ne parvient pas à un poste de responsabilité comme celui de Catherine Jessus sans s'attirer de solides inimitiés, et de telles motivations ne sont en l'espèce pas à écarter. Mais l'anonymat vise aussi à protéger des sources : à tort ou à raison, les auteurs du contre-rapport s'estiment vulnérables face au poids de la hiérarchie.

Nous avons bien évidemment pesé ces éléments lors de notre enquête. De fait, nous connaissons l'identité d'une grande partie des « contre-experts » : ils ne sont pas « anonymes » pour nous, et nous avons pu nous assurer de leurs compétences. Ce sont bien des biologistes confirmés et non des « experts autoproclamés » comme l'affirme la lettre ouverte. Nous avons eu tort de ne pas le préciser explicitement, pour la bonne compréhension de nos lecteurs.

Ce qui importait avant tout, à notre sens, ce n'était pas le messager, anonyme ou non, eût-il des griefs sous-jacents ou non, mais le message : l'enquête sur les travaux de Mme Jessus et ses coauteurs a-t-elle été correctement menée ?

Là encore, nous n'avons pas donné foi sans vérifications aux contre-experts : nous avons soumis leur analyse à la critique d'autres biologistes sans lien avec la querelle, qui, dans leur très grande majorité, ont validé leurs ­conclusions – même s'ils notaient parfois une conception radicale de l'intégrité scientifique. Eux aussi ont requis l'anonymat, également pour se protéger.

De plus, le texte des contre-experts relate des faits vérifiables, et non de simples opinions. Il n'y avait donc aucune raison de passer sous silence un document public. A l'inverse, nos lecteurs ont pu se demander pourquoi nous ne donnions pas la parole à Catherine Jessus : celle-ci n'avait cette fois pas souhaité répondre à nos questions, ce que nous aurions dû préciser.

Il est intéressant de peser le « deux poids, deux mesures » concernant l'anonymat, chez les signataires de la lettre ouverte : les auteurs du rapport dédouanant Catherine Jessus sont eux aussi anonymes. Une courte « enquête » sur les identifiants ­informatiques du rapport, les initiales FAW, nous a mis sur la piste de son président, dont l'identité nous a depuis été ­confirmée par plusieurs sources indépendantes, mais pas formellement par l'intéressé. Il s'agit de Francis-André Wollman, qui était encore, en 2017, vice-président de l'association Citoyenseneurope.org dont le site héberge la lettre ouverte (qu'il n'a pas signée).

L'identité des rapporteurs reste protégée par Sorbonne-Université, celle-ci expliquant, dans un communiqué commun avec le CNRS, que c'est précisément « pour les protéger » d'attaques comme celles portées par la contre-expertise. Difficile donc d'apprécier leur « indépendance ». La Suisse a récemment fait le choix inverse : donner leur nom pour couper court à toute suspicion.

D'autant qu'un autre point déconcertant est récemment apparu. Le 21 janvier, avons-nous appris, Catherine Jessus a écrit à l'éditeur d'une des revues scientifiques concernées, Developmental Biology, que la commission d'enquête avait travaillé « de septembre à novembre » 2017. Alors que, dans le rapport, les dates indiquent « du 18 octobre au 15 février [2018] ». Qui croire ? Dans ce courrier en anglais, les justifications sont mot à mot les ­mêmes, à la traduction près, que dans le rapport des experts. Laquelle des versions a inspiré l'autre ?

Pourquoi parler d'une affaire d'apparence mineure ?

Au-delà du cas de Catherine Jessus et de ses cosignataires, il nous a semblé important d'éclairer nos lecteurs sur ces faits – comme sur d'autres, passés ou toujours en cours – pour des raisons plus fondamentales. Certes, nous avons vocation à chroniquer les résultats scientifiques. Mais nous tenons aussi pour important d'expliquer dans quelles conditions ces ­résultats sont obtenus, comment la science se construit. Or, il se trouve qu'elle traverse, notamment pour les disciplines biomédicales, une crise profonde qui ­l'atteint dans ses fondements mêmes.

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Dans les classes de terminale : Parcoursup, l'épreuve anticipée - Faïza Zerouala, Médiapart, 4 juin 2018

Lun, 04/06/2018 - 08:09

Près de quinze jours après la délivrance des premiers résultats, un tiers des candidats n'ont toujours pas d'affectation pour la rentrée prochaine. Dans les classes de terminale, à deux semaines du baccalauréat, les professeurs principaux deviennent les réceptacles de la colère et de l'inquiétude.

Tout a commencé par une incompréhension. Lors de la découverte des premiers résultats sur la plateforme Parcoursup, le soir du 22 mai, une bonne moitié des 810 000 candidats ont eu la mauvaise surprise de constater qu'ils étaient sur liste d'attente. Certains cultivent toutefois l'espoir d'un retournement de situation rapide et s'imaginent acceptés dans la filière convoitée. D'autres, placés à des rangs plus ou moins éloignés, commencent à échafauder des plans de secours et se demandent ce qui a pu pécher. Plus de 200 000 élèves, soit environ 30 % des candidats, ont confirmé un vœu définitif deux semaines après. 600 000 ont reçu au moins une réponse depuis l'ouverture de la plateforme.

À leur décharge, les élèves n'étaient pas préparés à cela. Depuis des mois, les voix officielles du gouvernement, les députés et ministres répétaient à l'envi que Parcoursup, le successeur d'APB, serait plus efficace et surtout plus « humain ». En théorie. La ministre Frédérique Vidal a beau avoir justifié d'avoir mené cette réforme tambour battant pour « sécuriser » la rentrée, difficile de voir un succès absolu dans la procédure. Plusieurs candidats ont eu de belles frayeurs lorsqu'ils ont vu leur vœu définitif s'évaporer après l'avoir bien confirmé. Ceux-ci avaient réalisé la manipulation sur l'application mobile, vantée par le ministère – mais à éviter à tout prix, conseille le rectorat de Versailles.

Sans compter que la révélation de cette attente, prévisible pour qui maîtrise la science des algorithmes, ne s'est faite que tardivement. Le matin même de la révélation des premiers résultats, la ministre a concédé que 400 000 futurs étudiants n'auraient pas de réponses à l'issue de la première phase. En effet, cette attente découle de la nouvelle architecture du système. Désormais, les vœux ne sont plus hiérarchisés. Au temps d'APB, les élèves classaient leurs demandes par ordre de préférence. L'algorithme se chargeait d'attribuer les affectations en fonction du classement établi par le candidat et les places disponibles. Bien entendu, tout le monde n'était pas satisfait, notamment à cause du manque de places endémique dont souffre l'université. Mais aujourd'hui, avec Parcoursup, le classement s'opère en amont, par les universités qui se chargent de sélectionner leurs futurs étudiants selon des critères opaques et locaux.

Politiquement, le risque est élevé. La transformation impulsée doit réussir. Depuis des mois, Frédérique Vidal fait œuvre de « pédagogie » sur sa réforme, sillonnant les médias pour expliquer que cette loi relevait d'une nécessité impérieuse pour mettre fin au décrié tirage au sort. Lequel n'a jamais concerné guère plus qu'1 % des candidats mais a été un prétexte rêvé pour bouleverser de manière profonde l'accès à l'université. Une partie des enseignants et des étudiants ne s'en sont pas laissé conter. Ils ont protesté et la ministre ne les a jamais écoutés ni entendus, quitte à se les aliéner de manière durable. Mais au ministère, plusieurs explications sont avancées pour expliquer ce stress. D'abord, la nouveauté du système. Puis les opposants politiques que la ministre blâme.

Frédérique Vidal les accuse de multiplier les fausses informations pour nuire à la réforme et de fait instiller de l'angoisse chez les jeunes et leurs parents. Pour le ministère de l'enseignement supérieur, le précédent système en concentrant les échéances autour de trois dates était encore plus anxiogène que Parcoursup. On met en avant l'accompagnement mis en place, avec un numéro vert, pour éteindre inquiétudes et interrogations.

Mais dans le monde réel, les éléments de langage les mieux aiguisés ne parviennent pas à apaiser l'angoisse des jeunes qui rafraîchissent frénétiquement le site d'affectation pour mesurer leur avancée dans les files d'attente.

Aujourd'hui, des enseignants ont un goût amer. Ils ont dû, contre leurs principes souvent, devenir les adjuvants d'une réforme qu'ils rejettent. Ils ont aussi eu à guider les élèves dans le labyrinthe de l'orientation, souvent à l'aveugle car les informations dont ils disposaient n'arrivaient qu'au compte-gouttes et de manière parcellaires. Il a fallu endosser les doutes des jeunes. Les enseignants racontent s'être sentis encore plus concernés par ce processus mais aussi plus angoissés pour le devenir de leurs élèves.

Dans les classes, les situations sont disparates. Les têtes de classes ont souvent vu leurs souhaits exaucés. C'est le cas dans la terminale littéraire de Thibaut Poirot, professeur d'histoire-géographie et professeur principal dans un lycée de Champagne-Ardenne. Une semaine après le début de la procédure, trois de ses 36 élèves n'avaient aucune proposition. La proportion était plus élevée au départ. Avant le dévoilement des résultats, explique l'enseignant, ses élèves n'étaient pas particulièrement sujets au stress. « Ils ne l'ont pas extériorisé mais 24 heures avant ils se sont demandé s'ils n'avaient pas raté leur vie. Mais dans une certaine mesure, ils savent qu'ils se dirigent vers une société encore plus stressante que Parcoursup », raconte-t-il.

À Montgeron, dans l'Essonne, pour une partie des élèves de Sophie Vénétitay, enseignante en sciences économiques et sociales et elle aussi professeure principale, le bilan intermédiaire de Parcousup est « globalement négatif » jusqu'à maintenant. Le soir du 22 mai, sur 35 élèves, 21 étaient « en attente » partout ou avaient reçu des « non ».

Le lendemain, en cours, raconte-t-elle, il est difficile pour eux de faire bonne figure. Leur professeure a essayé de les rassurer tant bien que mal. « Mais il y avait une incompréhension forte. Certains ne comprenaient pas pourquoi ils étaient si loin sur liste d'attente. Je les ai écoutés et j'ai essayé de les réconforter mais ça n'a pas empêché un élève de me dire : “On nous a menti, ça ne fonctionne pas mieux qu'APB. Je suis en attente partout.” »

Maud Ehrhard, enseignante de sciences et techniques de la santé et du social en lycée technologique à Saint-Denis et professeur principale d'une classe de terminale ST2S, dresse peu ou prou le même constat que sa collègue de l'Essonne. Sur 28 élèves, huit ont reçu des oui fermes et les 20 autres étaient sur liste d'attente. Avant la communication des résultats, sa classe « ne savait pas trop à quoi s'attendre » mais ils pensaient qu'ils « auraient toujours quelque chose ». Notamment car leur professeur leur a enjoint de postuler dans des filières non sélectives en plus de leur IUT et BTS.

Dans ces moments-là, rapporte Maud Ehrhard, la professeure se mue en conseillère d'orientation et en stratégies scolaires. Et pour cause, ces élèves n'ont pour la plupart pas de support familial. Ils viennent de familles défavorisées et sont presque tous boursiers. À elle de pallier ce manque. Thibaut Poirot a lui aussi essayé de limiter les dégâts en incitant « avec fermeté » ses élèves à ne pas se contenter de solliciter des filières sélectives, comme les classes préparatoires, très demandées, où mathématiquement les élèves ont moins de chances de décrocher des places.

Il est difficile d'expliquer quelque chose qui n'est pas rationnel

Quand les résultats sont tombés, il y a eu un regain de stress, généré par Parcousup, mais aussi les conseils de classe. Maud Ehrhard a noté que ses élèves sont beaucoup plus déconcentrés que d'habitude, notamment parce qu'ils consultent de manière frénétique leur dossier sur Parcoursup afin de mesurer leur évolution dans les files d'attente.

« Entre le 22 et le 28, cela a bougé assez rapidement avant de stagner la deuxième semaine. C'est de fait difficile de leur expliquer quelque chose qui n'est pas rationnel, les rangs en file d'attente sont un peu anarchiques, on ne comprend pas comment sont opérés les choix. C'est nouveau, nous n'avons aucun recul. Il n'est pas évident de donner les bonnes réponses et leur conseiller d'abandonner ou de confirmer tel ou tel vœu », explique encore l'enseignante en lycée technologique.

La suite dans deux jours, ou sur le site de Médiapart.

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Tribune : « Parcoursup, c'est l'idéologie des premiers de cordée appliquée aux étudiants » - Les élus sur la liste "Alternative" de l'université de Strasbourg, Rue89 Strasbourg, 1er juin 2018

Dom, 03/06/2018 - 17:32

En réponse aux premiers chiffres d'admissions des futurs bacheliers à l'Université de Strasbourg, les élus d'opposition de la liste « Alternative » regrettent l'application des algorithmes de Parcoursup. Ils estiment que certains choix politiques locaux détournent l'argent de l'enseignement, qui permettrait d'éviter la sélection.

Grâce à la plateforme Parcoursup, l'affectation des bacheliers à l'Université de Strasbourg suit son cours. Les annonces chiffrées ne manqueront pas : tout va bien. Il y aura de la place pour tout le monde. Une solution sera trouvée pour chacun. En somme, Parcoursup n'est qu'un « outil ».

« Un outil pour sélectionner certains étudiants »

Mais un outil pour quoi faire ? En termes d'orientation, on le sait maintenant, APB était plus efficace, plus rapide, plus lisible et moins anxiogène pour les bacheliers. Le tirage au sort n'a jamais été employé à Strasbourg : de bonne foi, on ne pourra donc pas se féliciter d'y mettre fin. En termes de réussite, il faudra désormais attendre « quelques années ». Nous attendrons donc…

Mais en attendant, cet outil permet des changements immédiats. Et ce premier bilan, à tout le moins en demi-teinte, contraste avec l'engouement de la présidence de l'université pour Parcoursup et la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE).

Suivant ce qu'affirme le vice-président Formation de notre université, la sélection n'est pas « le droit de dire non ». La sélection, c'est le droit d'orienter les candidats de telle façon à ce que « certains étudiants n'aient pas l'affectation qu'ils souhaitent au terme du processus ». C'est ce nouveau droit qui est en réalité au cœur de la loi ORE, et Parcoursup est un outil formidable pour sélectionner « certains étudiants ».

« On les casera sur les chaises que personne n'a voulues »

Au 29 mai à 8h, les 3 975 candidats les mieux classés ont confirmé leur choix dans notre université. Les places qu'ils n'ont pas voulues sont maintenant proposées aux autres, mais en priorité, toujours, aux mieux classés. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il ne reste que les bacheliers dont l'université n'a pas besoin. On les casera sur les chaises que personne n'a voulues, pas même eux. Et s'ils ne viennent pas ou ne restent pas, personne ne se plaindra. Parcoursup est un outil pour les premiers de cordée, malheur aux autres.

« L'université n'a plus les moyens d'accueillir tout le monde, certains n'ont rien à y faire », a déclaré le président de l'Université de Strasbourg, Michel Deneken, lors du conseil d'administration du 19 décembre 2017.

Notre université n'aurait donc plus les moyens d'accueillir tout le monde… En conseil d'administration, c'est pourtant de l'affectation de millions d'euros que nous décidons à toutes les séances ou presque. Les moyens ne manquent pas… pour des chantiers prestigieux que l'on peut observer en se baladant sur le campus, ou encore pour créer de nouvelles primes.

Moyens limités pour l'enseignement

En revanche, ces moyens se font soudain limités lorsqu'on en vient à l'enseignement… En particulier l'enseignement de base, sans gloire pour ceux qui s'y consacrent et pourtant la raison d'être de nos universités d'État : l'accueil de tous les bacheliers, y compris ceux qui risquent d'échouer, y compris ceux ayant le besoin ou l'envie de se réorienter. Depuis 2010, tandis que le nombre d'étudiants augmentait de 13%, les effectifs enseignants titulaires baissaient de 6% (voir p. 88 du bilan social). La plus forte baisse de France. Sans miracle, l'Université de Strasbourg est maintenant avant-dernière en termes de réussite en Licence.

C'est une question élémentaire et hautement politique, discutée comme telle par son conseil d'administration : Quelle Université de Strasbourg voulons-nous ? À budget contraint, tout n'est pas possible. Pour chaque euro dont on dispose, il faut décider de le mettre dans une mission ou dans l'autre, dans la recherche de notoriété et la valorisation, ou dans les missions fondamentales, ordinaires pour nous, de recherche et enseignement.

Du « tout pour tous » au « tout pour certains »

Le magazine Savoir(s) de l'Université de Strasbourg apporte un éclairage indispensable au choix qui est fait : il faut sortir de « l'hypocrisie du ”tout pour tous” ». Le “tout pour tous”, en matière de savoir(s) est pourtant un idéal, partagé par bon nombre d'universitaires comme de concitoyens. Pour nous, c'est la définition même de l'Université. C'est une nécessité pour que vivent la démocratie et que garde son sens notre devise nationale : liberté, égalité, fraternité.

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