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Incertitudes et inquiétudes

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:44

Le nouveau ministre de l'Éducation nationale a assuré qu'il n'y aurait pas de loi qui porte son nom, et annoncé « des évolutions du système, qui ne seront pas verticales ». Mais ses premières mesures semblent plutôt se situer du côté de l'uniformité décidée « d'en haut » : généralisation des études après la classe pour faire les devoirs et systématisation des dédoublements en CP-CE1 en REP (réseau d'éducation prioritaire), qui risquent de prendre la place du dispositif « Plus de maitres que de classes ».

Le nouveau ministre dit aussi vouloir tenir compte des résultats de la recherche. On ne peut que s'en réjouir aux Cahiers pédagogiques, mais de quelle recherche s'agira-t-il ? Le retour de la semaine de quatre jours et l'affirmation qu'il n'existe pas d'études sur le sujet sont, en soi, une négation des travaux de recherche menés depuis des années qui, tous, condamnent cette organisation. On peut ainsi s'inquiéter de ce que tous les travaux de recherche pourraient ne pas être logés à la même enseigne.

Le nouveau ministre a encore dit qu'il souhaitait en finir avec le « pédagogisme ». Et nous qui espérions être débarrassés de cette rhétorique offensante pour les pédagogues qui œuvrent sur le terrain !

On en viendrait parfois presque à s'inquiéter du niveau de la réflexion pédagogique au ministère de l'Éducation nationale. Ainsi, le ministre veut que les devoirs soient « faits » avant de rentrer à la maison. Mais quand seront traitées les nombreuses questions que cela soulève ? À quoi servent les devoirs ? Qu'en fait-on en classe ? Que peut-on donner à faire aux élèves sans accentuer les inégalités ? Qui bénéficiera de cette aide, qui l'encadrera, comment sera-t-elle financée ?

Selon les uns, Jean-Michel Blanquer est un idéologue. Selon les autres, c'est un homme de dialogue. Partant du principe que le dialogue est toujours préférable à priori à l'affrontement, nous lui avons écrit [1], en espérant que nous ne soyons pas repartis dans la spirale infernale des retours en arrière au nom du « bon sens », des « bonnes vieilles méthodes qui marchent » et du « on a toujours fait comme ça ».

[1] En ligne : https://goo.gl/dzEsW7

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Sur la librairie

La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

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Bibliographie-sitographie

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:43

Jean-Pierre Bourreau, Michèle Sanchez, Rendre la parole aux élèves, éditions Chronique Sociale, 2013
Comment prendre en compte la parole des élèves en difficulté ?

Jean-Charles Chabanne, Dominique Bucheton (dir.), Parler, écrire, lire pour penser, apprendre et se construire : l'oral et l'écrit réflexifs, PUF, 2002
Les enjeux essentiels de la parole réflexive.

Sylvain Connac, La pédagogie coopérative, éditions Chronique Sociale, 2009
Une synthèse remarquable sur les pratiques et institutions des pédagogies coopératives.

Marie Gaussel, « Développer l'esprit critique par l'argumentation : de l'élève au citoyen », Dossier de veille de l'IFÉ n° 108, 2016
Une recension exhaustive des pratiques et recherches sur le développement de l'esprit critique et citoyen des élèves par l'apprentissage de l'argumentation et du débat.

Site Éduscol : http://eduscol.education.fr/cid91996/mobiliser-le-langage-dans-toutes-ses-dimensions.html : dossier « Langage oral ».

Yves Soulé, Michel Tozzi, Dominique Bucheton, La littérature en débats : Discussions à visées littéraire et philosophique à l'école primaire, CRDP Montpellier, 2008
Un ouvrage de fond sur les ressemblances et différences entre le débat interprétatif en français et la discussion philosophique.

Michel Tozzi, La morale, ça se discute, éditions Albin Michel, 2014
Des pistes pour animer des discussions sur la question de la morale, notamment en éducation morale et civique.

Michel Tozzi, Ateliers philo à la maison, éditions Eyrolles, 2016
Des fiches pour animer des discussions philo, en famille, dans et hors la classe.

Martine Wirthner, Daniel Martin, Philippe Perrenoud, Parole étouffée, parole libérée ; fondements et limites d'une pédagogie de l'oral, coll. Techniques, 1991.

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La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

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Paroles de lycéens engagés

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:43

La grande taille de ce lycée qui, avec le lycée professionnel, compte plus de 2 000 élèves, en zone périurbaine, est souvent un frein à la communication interne, à l'expression des jeunes. Pour répondre à ces difficultés, le conseil de la vie lycéenne est très engagé, avec un projet de tutorat des élèves.

Cahiers pédagogiques : « Qu'est-ce qui vous a poussés à être candidats ?

Clémentine : Personnellement, ce qui m'a poussée à être candidate, c'est de pouvoir créer des projets, réussir à les mettre en place et en voir l'aboutissement. Être dans la proposition. Évidemment, ma motivation était aussi tournée vers une évolution du lycée, avec l'objectif d'améliorer la vie des lycéens comme, par exemple, notre projet du tutorat entre élèves, pour que ceux-ci se sentent mieux et réussissent mieux en cours. Je pense également que nos mandats au CVL (conseil des délégués pour la vie lycéenne) nous permettent d'acquérir une certaine organisation, notamment grâce à cette autonomie.

Nolwenn : Les mandats permettent aussi de se projeter dans l'avenir, car on est confronté aux difficultés parfois financières ou de mise en place des projets, ce à quoi on a de grandes chances de se retrouver confronté plus tard.

CP : Qu'est-ce pour vous que l'autonomie dans le cadre du CVL ?

Jade : Selon moi, l'autonomie, c'est le fait de pouvoir interagir en grande partie seuls et de prendre des décisions sans adultes forcément.

Clémentine : Au niveau du CVL, notre autonomie nous permet entre autres d'organiser nous-mêmes des réunions pour parler des demandes et des projets, ou bien de faire la démarche d'avoir une réunion avec du personnel lycéen (administration, conseillers principaux d'éducation).

CP : Avez-vous suivi une formation sur l'animation des réunions, sur le rôle du CVL ? Est-ce que parfois des adultes vous guident et vous aident (lesquels), ou bien est-ce que vous agissez seuls ?

Clémentine : Nous n'avons pas eu réellement de formation de ce genre. Le CVL, pour ma part, m'a été présenté par d'autres membres du CVL l'année de ma candidature, et je pense que c'est le cas pour la plupart d'entre nous. Ils nous donnent envie de nous engager en présentant les projets en cours, en nous faisant part de leur autonomie et en nous parlant de l'ambiance au sein du CVL.
Par contre, les adultes nous accompagnent, notamment les CPE ; une d'entre elles est souvent la première personne avec qui on discute de nos envies et on peut aller la voir dès qu'on le souhaite pour échanger. Les membres de l'administration sont aussi très présents, car c'est à eux que reviennent les décisions importantes. Par exemple, pour le projet du tutorat entre pairs, on l'a d'abord présenté à l'administration avant d'entamer les choses concrètes. Il nous arrive aussi régulièrement d'avoir des rencontres avec le proviseur adjoint. En effet les projets, ce ne sont au début que des idées, il faut ensuite se mettre d'accord sur la manière de les mettre en place. C'est pour cela que le proviseur adjoint nous aide assez régulièrement : lors du lancement du tutorat par exemple, nous avons discuté avec lui de ce que l'on pensait faire concrètement ; au début, nous voulions rédiger des fiches papier pour savoir qui était intéressé(e) et dans quelle(s) matière(s), mais il nous a proposé de le faire via l'espace numérique de travail, avec un formulaire à remplir informatiquement par les élèves, ce qui est beaucoup plus simple et efficace pour le traitement des données par la suite.
Nous travaillons aussi à diversifier les espaces de travail et de détente au sein du lycée.

Jade : On pourrait avoir plus d'autonomie (selon moi), plus de prises de décisions seuls. Par exemple, lorsqu'on veut organiser un café-concert, si nous n'avions pas besoin de passer par l'administration au préalable, ce serait plus simple et plus rapide. Là, pour ce genre de projets, ce n'est pas facile, car les adultes ne les considèrent pas comme des priorités et c'est compliqué d'avoir un rendez-vous. Et aussi, il nous faudrait un budget qui nous permette de mettre en place nos projets.

CP : Vous feriez quoi avec un budget ? D'ailleurs, vous n'avez rien du tout !

Clémentine : On pourrait par exemple faire plus simplement les choses, comme les cendriers de poche. Élaborer également des affiches plus importantes pour communiquer sur un point. En fait, normalement, nous avons un budget, mais il est utilisé pour la formation des délégués. Lors du dernier conseil d'administration (CA), nous avons posé la question et ils nous ont répondu que le fonds de vie lycéenne était pour la vie du lycée et pas uniquement le CVL. De plus, avant ce dernier CA, personne ne savait nous dire de combien on disposait, et on ne nous a jamais proposé de pouvoir l'utiliser.
Notre action est souvent limitée à cause du temps : nos projets sont souvent à long terme et difficiles à conduire dans un temps court. Nous, les membres du CVL, n'avons pas toujours un temps illimité à y consacrer, avec nos cours et notre vie personnelle. Pas toujours facile de programmer des réunions très régulières, même si on essaie de faire de notre mieux.
La communication est aussi un point compliqué, car dans un lycée de cette taille (2 000 élèves), c'est difficile de communiquer efficacement : les affiches ne sont lues que par une minorité, et nous n'avons pas le temps de nous rendre dans toutes les classes pour diffuser les infos. On essaie donc, quand on le peut, de passer par les délégués ; récemment, des écrans ont été installés, et nous allons surement pouvoir les utiliser.

CP : L'autonomie dont vous disposez est-elle suffisante ?

Jade : Oui, on en a lors des réunions entre nous, non supervisées. Et aussi quand on envoie des courriels à des entreprises ou des associations extérieures ou quand on s'occupe de prévenir les délégués de classe ; on peut aussi aller à leur rencontre, et on peut imaginer des projets à leur présenter. Il y a quelques semaines, j'ai envoyé un courriel à l'association Action contre la faim pour savoir s'ils étaient intéressés par un de nos projets solidaires (“Le bol de riz”, projet consistant à ne manger que du riz accompagné de sauce et d'un fruit pour reverser les bénéfices à l'association). Nous sommes aussi présents lors des assemblées générales des délégués pour leur présenter nos projets.

Clémentine : Il y a bien sûr pas mal de limites, parce qu'ils doivent tous être soumis à l'accord de la direction. Nous ne l'avons pas toujours obtenu cet accord, notamment sur un de nos projets, le coin fumeur pour lequel nous avons fait plusieurs demandes. La proviseure étant obligée d'appliquer les lois, nous n'avons pas réussi à le maintenir à l'intérieur du lycée. Les fumeurs sont donc sur le trottoir, c'est dangereux et cela gêne l'entrée.

Jade : C'est agréable de savoir que dès notre âge, on possède une certaine autonomie. Cela nous responsabilise et nous apprend à réfléchir sur des sujets dont nous n'avons pas l'habitude (comme le tutorat, qui nous a permis de penser toute l'organisation nécessaire).

CP : Ce n'est pas angoissant l'autonomie ?

Clémentine : Au début d'un mandat au CVL, c'est vrai que cette autonomie peut paraitre angoissante, mais en réalité, cela ne l'est pas (pour ma part en tout cas). Notamment grâce au fait qu'un mandat dure deux ans : lorsqu'on arrive au CVL, les membres de l'année précédente sont avec nous, peuvent nous guider. Nous sommes aidés durant les premières réunions, ils nous expliquent de quoi nous allons parler, nous accompagnent pendant des rendez-vous avec l'administration. Au début, on fait les choses à plusieurs.

Nolwenn : Pour ma part, je dirais que c'est angoissant, car pour ceux qui prennent un mandat lors de leur 2de, ce qui est mon cas, on est non seulement projeté dans le nouvel univers qu'est le lycée, mais en plus, dans un nouveau fonctionnement et une autonomie tout aussi nouvelle au sein du CVL. Heureusement que les vétérans du CVL sont là pour expliquer et rassurer les derniers arrivés. Ils se mettent à notre place, car souvent ils l'ont déjà vécu, et décrivent certains rendez-vous qui ont déjà pu avoir lieu les années précédentes pour que nous puissions plus facilement nous imaginer les choses sans avoir peur. »

Clémentine Malo
Jade Crespin
Nolwenn Yziquel

Propos recueillis par Soizic Guérin

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La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

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À Malika

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:43

Une expérience de vie de classe en CM2 au cours de laquelle deux élèves, qui dérangent, bousculent aussi les certitudes de l'enseignante.

C'est un bout de l'expérience de l'année qui vient de s'écouler que je vais décrire. Une expérience de classe qui a changé mon regard sur ce que je croyais maitriser, en avançant sur un chemin relativement linéaire. La certitude sur laquelle je me reposais, c'est que l'un des critères de réussite du conseil d'élèves, c'était que je pouvais ne plus y être. Quand les élèves pouvaient se saisir avec sérieux des règles de fonctionnement du conseil et, grâce à elles, parler, se parler, échanger leurs désaccords, décider et expérimenter leur pouvoir sur leur lieu de vie qu'est la classe. Je m'asseyais dans un coin, au fond de la pièce, parfois je pouvais ne plus être là, dans la pièce à côté seulement. J'étais fière, d'eux et surtout de moi, soyons honnête !

Cette année a fait rupture. C'est une classe de CM2, dans un quartier de centre-ville encore un peu mixé socialement, mais en voie de gentrification. Cette classe de CM2 est précédée d'une réputation formidable, vingt-quatre élèves sympathiques, solidaires, autonomes, avec un bon esprit, une classe de rêve. Il y a cependant cinq élèves qui arrivent d'ailleurs, mais le groupe classe est tellement cohérent et solide ! Comme d'habitude, j'installe les institutions, encadrées par leurs règles et leur régularité, les maitres mots et leur dispositif. Le conseil, le « quelque chose à dire » du matin, la discussion philo, les ceintures, etc. Sauf que deux élèves ne vont pas trouver leur place dans la classe. Je ne vais parler que de Malika. Un jour, dans mon bureau, Malika s'est effondrée, suffocant sous ses larmes : « Frédéric, lui, tout le monde l'accepte comme il est, moi je suis rejetée, je ne vais pas changer quand même ! Je ne suis pas comme il faut ? Pourquoi on ne m'accepte pas comme je suis ? »

Malika parle

Malika arrive dans le quartier, où ses parents commencent à tenir un emploi de concierges. Elle a envie de faire partie de l'histoire, elle parle au « quelque chose à dire », raconte le quotidien, les scènes de famille, les jeux avec ses copines, les frasques des uns et des autres. Quand elle dit « la sœur à ma copine », j'entends murmurer ici et là « de ma copine ». Elle parle, elle parle, et prend tout son temps, personne ne réagit, elle fait ça souvent et les regards en disent long de la lassitude et de l'ennui. Tous les élèves respectent la règle, regardent et écoutent, ne se moquent pas, mais ils bâillent, ils lèvent les yeux au ciel, se lancent quelques regards connivents, ne disent rien. Ils sont polis. De toute l'année, personne n'a jamais soulevé la question du temps de parole au conseil, ne s'est offusqué ou révolté. Comme s'il fallait, en gosses bien élevés et condescendants, supporter Malika sans rien dire, on avait bien compris qu'elle ne venait pas du même milieu, il n'y avait qu'à accepter, c'est l'incontournable droit à la différence, instance morale bien enregistrée.

Curieusement, au troisième trimestre, plusieurs autres élèves ont fait de même : confisquer les dix minutes pour eux seuls. Parmi eux, celle qui corrigeait systématiquement les « sœur à ma mère » de Malika, et l'autre qui portait haut et fort le « car » en lieu du « parce que ». Ce n'est qu'à la fin de l'année, quand Sonia prit deux « quelque chose à dire » pour elle toute seule, en respectant parfaitement les décisions du conseil, que s'est exprimée, hors conseil, la déception de voir qu'un seul pouvait confisquer la parole des autres.

Au conseil, Malika intervient, critique, parle et se défend. Elle est souvent isolée, tente de parler d'elle, de sa difficulté à se faire entendre dans la cour, de son respect scrupuleux des règles et des décisions du conseil, de son étonnement quand l'entente tacite des autres enfants est plus forte que ce qui est décidé en conseil. Le contournement des décisions du conseil se fait dans la cour, nous sommes tous d'accord, on a voté, alors on change la décision. Entre gens de bien, on s'arrange. Quelque chose qui ressemble à ces comportements de groupes dominants qui arrangent la loi à leur convenance, dans une totale bonne conscience de savoir ce qui est bien.

Puis Malika se tait

Malika n'a pas les mots comme les autres, elle n'est pas écoutée comme les autres, peut-être un peu trop agressive. Intervention d'un sage : « Bon, on va pas passer tout le conseil sur une histoire un peu ridicule quand même, dites-vous pardon et on passe à autre chose. » Sauf que c'est du changement des décisions du conseil dont parle Malika. Au conseil, il avait été décidé que le ballon serait dévolu au foot les mardis, et que le mercredi, ce serait pour les filles. Sauf que le mercredi, les filles ne jouaient pas au ballon. Deux semaines plus tard, dans la cour, il a été décidé à la majorité, que ce serait foot de nouveau. Malika trouvait cela anormal que la décision du conseil ne soit pas respectée. C'est pourtant une règle de la classe : « Je respecte les décisions du conseil. » Mais elle est minoritaire, elle bataille, le ton est vindicatif, le registre de langue n'est pas le bon, il y a de la passion dans sa parole, de la colère et de l'incompréhension aussi. Elle a tout le monde contre elle, paroles de sages et de raisonnables. Reda : « Faut que tu te calmes, parce que là, tu es dans une fureur ! » Alors, de plus en plus, elle se tait.

Le bon langage

Sa mère avait dit, en réunion de parents, à quel point le conseil était un moment difficile pour sa fille. Je n'avais pas bien mesuré la force de la conformité du groupe, de ce que l'école avait validé comme étant « la bonne attitude ». Je donnais trop de pouvoir à la parole ou pas assez. Je suis rentrée dans le conseil, j'ai repris une place d'adulte régulateur. Pour épauler Malika, sans me montrer non plus partisane. Me revenait cette question, « qui a le pouvoir ? », interrogation silencieuse mentionnée dans le livre fondateur de Fernand Oury et Aïda Vasquez, Qui c'est l'conseil ?. Qui a le pouvoir, donc ? Le laisser au conseil et l'abandonner à la majorité démocratique de ceux qui ont la bonne parole, le bon langage, ou en reprendre une part, quelle part ? Pour en faire quoi ? Est-ce que disparaitre, ou presque, pendant le conseil, fut, à une époque, nécessaire pour que le maitre ne soit plus vertical ? Au maitre, sans doute, de recréer, par sa place d'adulte, l'espace de liberté et d'expression pour tous sans jugement social, jugement que les enfants ont intériorisé grâce à ce droit à la différence qui les oblige à se taire et à accepter. L'enjeu devient un enjeu social de tout premier plan, sortir du bon langage pour entendre la parole, puis apprendre à user de la langue avec toutes ses variantes, ses accents, ses mots et expressions, efficacement. Ce qui s'est passé, c'est que ces enfants de dix ans, grandis dans la tranquille certitude d'être bons, gentils, bien élevés, se savent avoir le bon regard sur le monde, et posséder ce bon langage qui leur garantit l'écoute bienveillante des adultes.

Je prendrai donc ma place dans le conseil, je modifierai le « quelque chose à dire », je serai garde-fou moi aussi. Changer les hiérarchies de valeurs, installées et valorisées depuis le début de la scolarité de ces enfants, ce n'est pas spontané. Trouver un moyen pour rétablir l'égalité du regard, complexifier le rapport à la langue, apprendre sa richesse et son fonctionnement en l'observant, sortir du jugement et du bon langage, intervenir plus clairement, trouver un endroit où le rapport de classe puisse être senti, abordé, éclairci.

Catherine Hollard
Professeure des écoles, école André-Philip, Lyon 3

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La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

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Paroles d'élèves et coconstruction des savoirs

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:42

Quatre classes de lycée agricole ont testé plusieurs types de pédagogies pour tenter de trouver des alternatives à la démotivation scolaire. Comment la parole a-t-elle contribué à cette démarche réflexive ?

Pour construire les séquences, plusieurs choix articulant français, philosophie et parfois spécialité technique, étaient soumis à discussion, puis au vote. À partir d'un questionnaire de fin de séquence, la classe pouvait mesurer le degré d'intérêt et l'efficience des choix effectués pour construire la séquence suivante. Régulée et constructive, la parole, qu'elle évoque des lectures partagées, des impressions quant à des questions socialement vives ou des motifs qui ont fondé les choix d'orientation professionnelle, permet en premier lieu d'ouvrir la classe vers des apprentissages mutualisés : « On n'apprend pas seulement les trucs pour l'école, on voit aussi le comportement des autres. On fait appel à c'qu'on sait », confirme une élève.

Prendre la parole individuellement, puis en responsabilité partagée, c'est donc s'approprier plus spontanément les compétences, sans être inquiété par la peur d'être jugé, puisque les travaux sont mutualisés. « On discute, on réfléchit un peu autrement. Quand on nous propose des choix pour le trimestre qui vient, on argumente, on se demande ce qui marchera mieux pour nous, on voit mieux ce qui nous manque, ce qui nous reste à faire, etc. On sait qu'on a choisi, ensemble. » La parole, fil rouge d'une identité qui se construit, privilégie des passerelles de sens aidant à surmonter les sentiments de malaise identitaire : c'est l'expérience d'un sens que les élèves évoquent à travers des univers de fiction auxquels ils peuvent s'identifier.

Des œuvres artistiques à la discussion

Les séances régulières de partage d'impressions de lecture sont perçues comme facteur d'ouverture, d'expériences diversifiées et comme mode de différenciation : « Ça évite d'être enfermé, de pas se poser de questions, c'est ne pas bouger, on serait tous pareils, ce serait horrible. » Construire sa pensée avec les autres suppose ainsi une certaine décentration : grâce aux fictions littéraires, il peut y avoir mise à distance puis reconstruction où l'élève peut se découvrir, malgré une apparente dispersion du moi. Ainsi, Magnus ou Babel, personnages de Sylvie Germain, touchent beaucoup certains élèves par leur dimension marginale, et les amènent à interroger leurs dispositions personnelles et la propension du groupe social à désigner un paria. Prendre conscience que chaque individu construit, consciemment ou non, des représentations successives de la réalité, de sa propre trajectoire, conduit de nombreux élèves à penser qu'ils peuvent choisir de se projeter parfois dans une autre histoire que la leur.

Ainsi, mobiliser du temps pour discuter les apports des œuvres choisies par chacun, c'est aussi sortir du jugement de valeur évaluant la seule pertinence des analyses stylistiques pour découvrir l'appropriation singulière de la fiction par l'élève. L'échange concernant les choix de lectures cursives s'inscrit parfois en contournement : quand une élève dit qu'elle ne lit jamais, la parole partagée peut atténuer le refus. En lui demandant malgré tout ce dont elle se souvient, à savoir Tintin au Tibet, on parle de la fonction des lieux imaginaires, puis du Shangri-La, du film de Capra, Horizons perdus [1] ; d'autres élèves pensent aux robinsonnades, certains au bouddhisme, à la vision colonialiste parfois reprochée à Hergé. Un autre élève choisira le roman d'Irvin Yalom, Le Problème Spinoza, ce qui crée une attente pour l'année suivante, moment où ces élèves découvriront réellement la philosophie. La spontanéité générée par une parole qui peu à peu fait sens stimule la curiosité, aide à se situer dans le monde actuel, tout en évitant un cours totalement préconstruit.

Valorisées, les connaissances de l'élève activent sa motivation par le plaisir de décrire ce qui fait le gout du métier à venir, la particularité d'une émotion, d'une sensation. En veillant à préciser régulièrement la finalité des séances, le lien avec l'examen, avec le monde professionnel (argumenter un point de vue, défendre ses choix, contourner et affronter le rapport de force), avec le rapport intime que nous pouvons tous entretenir avec le texte, on évite parfois le décrochage des plus faibles.

Pratiquer la discussion philosophique

L'écoute et la reformulation active aident chacun à percevoir intérieurement les atouts et les manques pour trouver son chemin. Comparée à un débat où l'on apprend à comprendre, la discussion à visée philosophique (DVP) est plébiscitée pour la diversité des points de vue qui peuvent s'y déployer (« c'est plutôt des questions sur soi, j'ai l'impression qu'il n'y a pas de limites ») et l'esprit critique que ces échanges construisent. Quand la parole fait sens, elle est appréciée dans tous les discours comme contrepoids au ressenti du caractère pesant de l'écrit scolaire.

En 1re professionnelle, l'initiation à la philosophie permet de concrétiser le rapport entre soi et le monde (« on apprend à connaitre un peu plus les gens »). Quand on peut s'exprimer ouvertement, le droit à l'erreur permet d'apprendre. Ainsi, l'enseignant répond à ce qu'on ne comprend pas. Bien qu'il apprécie surtout la dimension logique de la philosophie, un élève de terminale constate qu'on y prend plus le temps de choisir, on arrive à mieux penser le métier. Le discours de F., en terminale technologique, montre qu'elle a compris le rôle de la verbalisation dans la construction d'un raisonnement et la mise au jour des paradoxes : « Si on se pose les bonnes questions, celles qui nous font voir autre chose, on a envie de participer, on discute sur ce qui fait que c'est intéressant, notre choix, ou pas. » La question de l'identité apparait quand on peut apprendre à choisir : « Ça se fait au fur et à mesure, c'est l'identité qui se fabrique. » Elle précise que cela fonctionne « quand il y a de la méthode avec le cours ». La DVP permet alors d'acquérir « une ouverture d'esprit pour ne pas se cacher derrière les choses ».

Le doute constructif

Le raisonnement personnel se forge par tâtonnements successifs, dans le souci de cohérence logique. Outre le fait que sont valorisés l'ouverture d'esprit, la capacité à penser par soi-même et le libre arbitre, c'est aussi la possibilité d'un doute constructif qui plait aux élèves. Pratiquer régulièrement la DVP-DVDPDiscussion à visée démocratique et philosophique., c'est donc être auteur de sa pensée. Outil d'accès privilégié à l'autonomie, « à partir de questions que les élèves ont eux-mêmes posées, […] l'enjeu de la discussion est d'avancer ensemble sur une question importante (rapport de sens), et non d'avoir raison (de l'autre : rapport de force) » [2]. L'habitude de la DVP ancre le besoin d'une verbalisation constructive, fruit de la coopération.

L'étude de la nouvelle de Sylvain Tesson, Les Porcs,Sylvain Tesson, Les Porcs dans Une vie à coucher dehors, éditions Gallimard, 2009. en 1re technologique, emmène la classe vers la DVP, puisque la nouvelle dénonce l'élevage intensif à travers la lettre d'un fermier qui ne supporte plus la torture de l'animal. Le débat s'inscrit dans le cadre d'une séance mutualisée entre les deux classes terminales. S'échangent alors des conceptions opposées du bienêtre animal, des représentations que les élèves se font de la nature, pour certains au service des besoins de l'homme, pour d'autres ressources à préserver. Il y a émergence et prise de conscience des stéréotypes grâce aux compétences de problématisation.

La parole, en donnant sens, semble renforcer le désir d'entrer dans le jeu pédagogique : « On voit mieux ce qui nous manque, ce qui nous reste à faire, on peut sentir sa logique, ça permet de s'affirmer devant les autres, en sécurité. » Les verbes traduisent l'implication, la réflexion, le mouvement : « Il faut changer ; on vous a expliqué ; on fait des p'tits oraux ; s'affirmer devant les autres ; sentir sa logique. » Les temps réflexifs ont donc affiné les positionnements personnels, relativisé la passivité et l'ennui. Les élèves disent mieux comprendre ce qui leur est utile parce qu'ils ont la possibilité de verbaliser leurs besoins pédagogiques. La compétition se voit parfois atténuée par le sentiment de construire une communauté de travail et de responsabilité.

Danielle Arnoux-Lang
Professeure de français et de philosophie au Legta de Metz

[1] Franck Capra, Horizons perdus, 1937, adaptation du roman éponyme de James Hilton, 1933.

[2] Michel Tozzi, « Une nouvelle pratique scolaire du débat philosophique », Cahiers pédagogiques n° 513.

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Des mots et des murs

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 09:42

Un enseignant a pris l'initiative, depuis de nombreuses années, de développer des échanges épistolaires entre ses élèves et des détenus dans le cadre de son enseignement, voici comme une parole écrite et entendue, un exemple de correspondance.

Bonjour,

Je m'appelle Maxime et je suis en 1re économique et sociale. Cette année scolaire est particulière, car il y a l'enjeu du bac de français à la fin de l'année.
J'ai la chance d'avoir un superprofesseur de français cette année : il s'investit trop dans son travail, ce qui fait que je participe avec envie à ses cours et à ses projets.
Actuellement, il me propose de travailler sur le thème de la justice et de la vie carcérale. Je peux dire que ce sujet me passionne, car j'envisage dans l'avenir de poursuivre des études de droit.

Maintenant, je suis complètement immergé dans cette réflexion « justice-prison ». Cela fait un mois que j'ai commencé à travailler sur ce thème et j'ai déjà appris beaucoup de choses. J'ai effectué deux sorties au tribunal et dernièrement, avec ma classe, j'ai eu l'honneur de rencontrer Odile Marécaux. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de cette personne mais en fait, elle a été victime d'une énorme erreur judiciaire qui lui a gâché trois ans de sa vie. Elle était poursuivie (à tort) dans l'affaire d'Outreau, une affaire de pédophilie. Son témoignage m'a bouleversé. Personnellement, j'en ai tiré beaucoup d'interrogations sur la justice rendue dans notre pays.

Pour revenir aux travaux effectués, mon professeur m'a demandé de rendre une critique littéraire sur le livre de mon choix, mais en correspondance avec le thème initial. J'ai ainsi lu le livre d'Omar Raddad, Pourquoi moi ?, aux éditions du Seuil. Il m'a énormément touché et je vous le conseille vivement. À travers son entourage, Omar Raddad raconte, du début à la fin, la terrible erreur judiciaire qui l'a envoyé sept ans en prison pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Je n'ai pas encore rendu ma critique, mais j'espère qu'elle sera à la hauteur de son livre […].

À travers l'étude menée en classe, j'ai été amené à me poser pas mal de questions sur les conditions de vie en prison. Par exemple, que faites-vous au quotidien ? Pouvez-vous me raconter cette vie inconnue que l'on mène entre les murs ? Pensez-vous que la prison est bénéfique pour réfléchir sur ses actes et s'amender ? […]

J'aime le monde de l'ovalie pour son esprit de compétition et pour la convivialité, l'esprit de camaraderie que j'y trouve. Sinon, le surf est un sport merveilleux, il y a une interaction avec la nature et il procure des sentiments forts. Et vous, avez-vous des passions ?

Merci encore d'avoir pris connaissance de cette lettre. En espérant qu'elle vous ait fait plaisir. Mes salutations, dans l'attente de votre réponse.

Maxime

Une vraie réponse

Centre de détention de Nantes

Bonjour Maxime,

Entrons dans le vif du sujet : il y aurait beaucoup à dire sur le système juridique français et sur la détention. Et pour alimenter le sujet, les erreurs judiciaires ne manquent pas, telles l'affaire d'Outreau, Omar Raddad, Patrick Dils, etc.

Tout d'abord, Maxime, sache que dès que tu es arrêté, d'un seul coup, tu deviens coupable, tu n'es plus rien, ton humanité est niée. Du commissariat à la prison, le citoyen que tu étais est piétiné. On te fouille, on te malmène, on te tutoie, on t'insulte, on te crie des ordres comme si tu savais comment le système fonctionne. Tu n'as plus d'intimité, tes besoins élémentaires se font à la vue de tous, les gardiens par l'œilleton, les codétenus par leur présence.

La promiscuité est terrible. Il y a des gens qui ne sortent jamais dehors, qui fument à longueur de journée, qui regardent la télévision, ou, plutôt, c'est la télévision qui les regarde.

Pour couronner le tout, les docteurs et les infirmiers sont incompétents, surchargés de travail et peu impliqués. Les médicaments qui te sont nécessaires ne te sont pas prescrits. Tout est fait en dépit du bon sens. On te propose des placébos là où il faudrait un médicament efficace et on te ment en te disant que l'on a téléphoné à un spécialiste.
Et puis, lorsque tu as une expertise psychiatrique, on te demande de raconter toute ta vie en une heure trente. On ne prend pas le temps de rester une minute sur les faits que l'on te reproche. Tu es à disposition de tout ce monde : médecin, directeur, surveillants, infirmiers, etc. Tu es comme un pantin que l'on déplace comme on veut. Le quotidien se résume à attendre que l'on t'appelle.

Entre les murs, les conditions de vie sont déplorables : tout est sale, cassé, en mauvais état. Les matelas et les oreillers ne sont jamais désinfectés. Les serpillières sont innommables. La nourriture est à peine mangeable : c'est scandaleux, les gens doivent « cantiner », c'est-à-dire acheter auprès de la prison des produits pour manger à peu près correctement.

La vie est très dure. Personne ne te fait de cadeau.

Fais attention à toi, évite les ennuis, et que ta route ne croise pas celle des forces de l'ordre.

Alex

Pascal Le Bert
Professeur de français, lycée Charles-de-Gaulle de Vannes

En complément

Correspondances

« La correspondance avec un détenu m'a amenée à être beaucoup plus sensible aux questions portant sur le milieu carcéral. » (Élodie)

« La correspondance avec les détenus m'a particulièrement marquée, mais j'ai beaucoup aimé aussi rédiger des articles et composer une critique littéraire. »
(Laurène)

« Je trouve cette façon de travailler (qui mêle écriture, lecture, rencontres, déplacement, sujet de société intéressante et captivante). Pour les élèves qui n'aiment pas trop le français, c'est une façon d'accrocher davantage avec la matière. » (Élodie)

Pour en savoir plus

Vers la fiche Expérithèque « Des mots et des murs » sur Éduscol : http://eduscol.education.fr/experitheque/fiches/fiche11298.pdf

Le sommaire et les articles en ligne

Sur la librairie

La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

Categorías: Educación, Universidade

A. Knüfer, Intervention et libération d’Edmund Burke à John Stuart Mill

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:16
AurélieKnüfer Intervention et libération d’Edmund Burke à John Stuart Mill Paris, Classiques Garnier, coll. Les Anciens et les Modernes - Études de philosophie, 2017 EAN : 9782406058601 478 pages Prix : 58 € Un peuple a-t-il le droit de libérer un autre de son tyran ? Si cette intervention est légitime, est-elle opportune ? En montrant comment ces questions travaillèrent la philosophie libérale de 1789 à la fin duxix e siècle, ce livre exhume les origines du problème philosophique du droit d’ingérence. Table des matières
Categorías: Universidade

A. Jurga, S. Van Wesemael (dir.), Lectures croisées de l’œuvre de Michel Houellebecq

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:15
Lectures croisées de l’œuvre de Michel Houellebecq Sous la direction d'AntoineJurga etSabineVan Wesemael Paris, Classiques Garnier, coll. Rencontres, 2017 EAN : 9782406059080 301 pages Prix : 39 € L’ambition de cet ouvrage est de mieux lire Michel Houellebecq. Ce recueil collecte les recherches les plus diverses autour de la réception critique de l’œuvre et du phénomène Houellebecq afin de confirmer la pertinence de la proposition littéraire. Table des matières
Categorías: Universidade

Fixxion , n° 14 : "Époque épique"

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:14
Fixxion, n° 14 (2017) ÉPOQUE ÉPIQUE dirigé par Dominique Combe et Thomas Conrad Le manifeste Pour une littérature monde , publié en 2007, qui accusait le roman français de se complaire dans l’entre-soi et le narcissisme, paraît avoir fait long feu. Mais, si partial et injuste soit-il, le jugement de Jean Rouaud et Michel Le Bris aura du moins fait entendre la voix épique à travers “la rumeur de ces métropoles exponentielles où se heurtaient, se brassaient, se mêlaient les cultures de tous les continents”. C’est sous le signe de la phrase de Kipling: Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants , reprise par Mathias Énard, que peut être placé un large pan de la production romanesque de ces dernières années. Au cinéma, la sortie du Réveil de la force confirme, si besoin était, l’actualité de l’épique. Le fameux “retour au récit” des écritures contemporaines ne s’accompagnerait-il pas d’un “retour à l’épique”? En 1981, déjà, la revue Critique plaçait l’ensemble de l’œuvre de Claude Simon sous le double signe, éminemment politique, de “la terre” et de “la guerre”. Les archétypes hérités de l’Iliade, de l’Odyssée et de l’Énéide, aussi bien que des grands récits historiques ou religieux, continuent à hanter les romanciers contemporains. C’est encore de pays et de territoires à parcourir, à conquérir ou à administrer, que rêvent les aventuriers ou voyageurs d’Olivier Rolin, Patrick Deville, Sylvain Tesson ou Maylis de Kerangal, dans Naissance d’un pont. Ces auteurs, “amoureux de cartes et d’estampes”, partagent la lecture de Jules Verne, Jack London, Blaise Cendrars ou Joseph Conrad, aussi bien que la mémoire des grands westerns. Antoine Volodine, Tierno Monénembo ou Laurent Gaudé mettent en scène des combattants épuisés, des souverains de royaumes lézardés ou d’empires menacés. Pour les exilés, les migrants et les populations déplacées d’une rive à l’autre de la Méditerranée ou de l’Atlantique, dans les romans de Dany Laferrière ou Fatou Diomé, se pose “l’énigme du retour”. Car la traversée conduit souvent à une plongée dans le “ventre de l’Atlantique”, à une Odyssée sans retour. L’épopée des “vaincus” évoquée par Édouard Glissant dans Poétique de la Relation est ainsi au cœur de nombreux romans, qui font puissamment résonner l’actualité. La guerre et la révolution, bien sûr, reviennent de manière obsessionnelle - qu’il s’agisse des deux guerres mondiales, de l’Algérie ou du Viet-Nam, de Che Guevara, de mai 68, du Rwanda, de la Bosnie ou, depuis 2001, de la “guerre contre la terreur”. Voir le sommaire…
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M. Clément, E. Keller-Rahbé (éd.), Privilèges d’auteurs et d'autrices en France (XVIe-XVIIe s.). Anthologie critique

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:10
Privilèges d’auteurs et d'autrices en France (XVIe-XVIIe siècles) - Anthologie critique Édition deMichèleClément etEdwigeKeller-Rahbé Paris, Classiques Garnier, coll. Textes de la Renaissance, 2017 EAN : 9782406059868 568 pages Prix : 58 € Cette anthologie a pour ambition de faire exister un corpus méconnu, celui des privilèges d’impression accordés aux auteurs et aux autrices dans la France desxvi e etxvii e siècles. Contrairement aux idées reçues, ils existent en grand nombre et sont porteurs d’informations littéraires essentielles. Table des matières
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Poétique historique de la posésie de circonstance XVIe-XXIe s. (Paris Nanterre)

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:08
Poétique historique de la poésie de circonstance (16 e -21 e siècles) Colloque international 14-16 novembre 2018 Centre des sciences des littératures en langue française (Université Paris Nanterre, CSLF, EA 1586) L’histoire littéraire a depuis longtemps tendance à voir émerger la «vraie» poésie en fonction de deux phénomènes: d’une part, la consécration d’un lyrisme impersonnel et autotélique d’autre part, ensuite, un processus de remise en question de plus en plus radicale de la versification classique, qui conduirait à l’apparition du vers libre, du poème en prose, etc. La poésie aurait heureusement, depuis le XIXe siècle, tourné le dos à la pratique mondaine des vers de circonstance où se serait enlisé l’Ancien Régime, où elle aurait été soumise aux exigences de cérémonies, célébrations de personnes et d’événements, voire de pratiques mondaines et ludiques. Elle se serait aussi défaite de la versification syllabique traditionnelle pour s’inventer des formes réputées plus pures ou plus authentiques, comme si la métrique classique avait été le révélateur de cette écriture de commande, le symptôme de sa dépendance exclusive à une circonstance. Or cette représentation est doublement fausse. D’une part, tout poème, dès lors qu’il n’obéit plus à la vocation mimétique que lui assigne Aristote et qui se réduit, de fait, à l’imitation d’événements fictionnels, est par nature circonstanciel: qu’il évoque une émotion intime ou collective, une perception ou une expérience quelconque, aussi intériorisées et transfigurées soient-elles par le processus de poétisation, il part toujours d’une «circonstance» particulière. On peut même soutenir la thèse, paradoxale seulement en apparence, que, par nature, toute poésie lyrique est la version, sublimée ou masquée, de la poésie de circonstance: il faudrait seulement distinguer, au sein de cette dernière, une production qui assumerait sa nature anecdotique, particulière ou circonstancielle, et une autre, qui effacerait au contraire les traces de son origine. D’autre part, même en s’en tenant à la conception habituelle de la poésie de circonstance, le simple examen des faits montre que l’entrée dans l’âge démocratique, elle-même favorisée par le progrès de l’instruction, démultiplie presque à l’infini la masse des vers de circonstance. Héritage de l’Ancien Régime, les concours de poésie, organisés à l’initiative des sociétés savantes ou d’institutions publiques, prolifèrent dans la France post-révolutionnaire. Les innombrables accidents de l’existence privée, vécus de façon de plus en plus individualiste, entretiennent une pulsion de confidence dont la poésie semble être la première bénéficiaire. Parallèlement, les crises majeures de l’histoire (révolutions, guerres, événements spectaculaires ou tragiques) cristallisent et accentuent une volonté de témoignage, accentuée encore par le désir qu’a l’homme moderne d’être l’acteur de son propre destin. Depuis l’Antiquité, la poésie de circonstance peut donc à bon droit apparaître comme la catégorie poétique la plus constante: le premier objectif de ce colloque, dans une perspective de poétique historique, est d’en préciser les contours et d’en interroger la définition, de manière résolument trans-séculaire. Portant sur la période moderne et contemporaine (du XVI e siècle au XXI e siècle), il confronte la production d’Ancien Régime, non pas à la lyrique antique comme l’avait fait un colloque organisé par les universités de Bourgogne et de Paris-Sorbonne ( La Muse de l’éphémère, Aurélie Delattre et Adeline Lionetto-Hesters [dir.], Paris, classiques Garnier, 2014), mais au contraire, en aval, aux évolutions poétiques postérieures à l’âge classique. Il s’agit de réfléchir et de contribuer à une histoire du fait poétique (poésie écriture littéraire et poésie orale, voire chanson) compris comme un mode de communication pour lequel le lien à la circonstance est une donnée essentielle et constitutive. * À partir de cette problématique, six axes seront explorés dans ce colloque: 1) Les formes écrites de la communication poétique. La poésie de circonstance est naturellement amenée à favoriser les modes de circulation les plus rapides et les plus souples: le manuscrit, la brochure, le journal, l’affichage, le tract, etc. Adoptées pour accélérer sa diffusion et sa pénétration dans l’espace public, ces pratiques de communication influent en retour sur les choix formels des poètes. 2) Oralité et poésie de circonstance . Étroitement liée à la vie sociale, la poésie de circonstance se prête à tous les modes d’oralisation (la déclamation, la lecture publique ou la mise en chanson), en fonction de l’effet pragmatique recherché. Cette oralité fondamentale, par ses conséquences formelles, constitue l’une des différences essentielles entre la poésie de circonstance et la poésie intransitive du canon littéraire moderne, prioritairement destinée à la lecture. 3) La publication en livre. Cette poésie en principe fugitive est souvent publiée dans des livres, qui non seulement en transforment alors la nature et la fonction (la poésie cessant même d’être perçue comme circonstancielle), mais aussi potentiellement, la forme (du fait des processus de réécriture propres à ce type de réemploi). 4) Circonstance privée/circonstance publique . La notion de circonstance recouvre en fait deux catégories très différentes: la première regroupe toutes les circonstances de la vie privée (mondaine ou intime), la deuxième concerne les actes et les événements de la vie publique. Cette catégorisation invite à mieux cerner la notion même de circonstance, à en marquer les limites et à en cartographier les territoires – avec les implications formelles qu’elle engage. 5) Poésie de circonstance et pragmatique . Si la poésie est si étroitement associée aux circonstances de la vie privée ou publique, c’est que, bien plus directement que la prose du roman, elle est un discours adressé , manifestant à la fois un jugement sur le réel et la volonté d’y agir par le langage. Alors que modèle narratif vise à raconter le monde, fictionnellement ou non, la poésie de circonstance réinscrit la littérature dans la sphère de l’action immédiate (notamment sur le terrain politique), au risque de perdre en légitimité culturelle et en reconnaissance institutionnelle. 6) Poétique et versification. Indépendamment de son efficacité sociale, la poésie, par ses formes mêmes, a-t-elle une capacité particulière à signifier le circonstanciel? Que lui apporte la versification syllabique? Certaines formes poétiques (vers, strophes, formes fixes) sont-elles plus aptes que d’autres? La poésie de circonstance se distingue-t-elle esthétiquement des autres domaines poétiques? Comment les «révolutions» formelles des XX e et des XXI e siècles ont-elles influé sur elle, et réciproquement? * Les communications devront dépasser un cadre strictement monographique et prendre appui sur un questionnement théorique ou historique plus général. Les propositions sont à adresser avant le 15 octobre 2017 à Guillaume Peureux ( gpeureux@hotmail.com ) ou à Alain Vaillant ( alaingp.vaillant@gmail.com ).
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E. Keller-Rahbé (dir.), Privilèges de librairie en France et en Europe - XVIe-XVIIe s.

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:06
Privilèges de librairie en France et en Europe - XVIe-XVIIe siècles Sous la direction d'EdwigeKeller-Rahbé Paris, Classiques Garnier, coll. Études et essais sur la Renaissance, 2017 EAN : 9782406059837 539 pages Prix : 58 € À l’intersection de plusieurs disciplines – histoire du livre, histoire du droit, histoire de la littérature et histoire de l’art –, les contributions réunies dans cet ouvrage proposent des chemins de lecture pour aborder les privilèges de librairie, en France et en Europe auxxvi e etxvii e siècles. Table des matières
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Poste de lecteur d’échange en Italie (Univ. de Bari)

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:05
Poste de lecteur d’échange en Italie (Université de Bari) Rentrée année universitaire 2017-2018 L’Institut français Italia (IFI) annonce la vacance d’un poste de lecteur d'échange en Italie à la rentrée 2017 à l’université de Bari. Ce poste s’adresse à des professeurs titulaires du Ministère de l'Education Nationale français (agrégés ou certifiés). Le lecteur effectuera sa mission en position de détachement direct par le MEN auprès de l'université de Bari pour un emploi sur la base d’un contrat d’un an susceptible d'être renouvelé. Il lui sera proposé également un contrat sur projet avec l’IFI pour la mise en œuvre d’activités de coopération avec son université d’accueil. Fonctions: Le lecteur d’échange assure un service d'enseignement à l’université dans un département de langues et/ou de lettres ainsi que les tâches pédagogiques et administratives qui accompagnent cette activité (jurys, commissions, corrections, tutorat). Il est également associé à des projets de coopération linguistique et universitaire en réseau, au soutien aux manifestations et échanges scientifiques organisés entre son université d’accueil et des partenaires français et, dans le cadre du contrat sur projet qui lui sera proposé par l’IFI, à la promotion de l’enseignement supérieur français, en liaison avec Campus France. Il pourra, le cas échéant, participer à la promotion de l’activité de l’IFI dans son ensemble. Profil: Agrégé ou certifié, formation en lettres modernes ou SHS, compétences en FLE et en littérature française, bonne connaissance de l'italien, doctorat en cours ou soutenu bienvenu, connaissance du système universitaire, aptitude à travailler en équipe dans une optique pluridisciplinaire. Candidatures : CV détaillé, lettre de motivation, photo. Copie d’une publication, photocopies des diplômes. Les demandes d’informations générales et les dossiers de candidature doivent parvenir par mail avant le 27/06/2017 à ces deux adresses (l’une et l’autre impérativement): Benoît Tadié: benoit.tadie@institutfrancais.it Fiona Balduzzi: fiona.balduzzi@institutfrancais.it Pour toute information sur les obligations de service, contacterBenoît Monginot : benoit.monginot@institutfrancais.it RESPONSABLE: Benoît Tadié, attaché de coopération scientifique et universitaire Institut français Italia/Ambassade de France en Italie
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M.-P. Berranger, P.-M. Héron, C. Leroy (dir.), Périples & parages. L’œuvre de Frédéric Jacques Temple

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 09:03
Référence bibliographique : Marie-Paule Berranger, Pierre-Marie Héron, Claude Leroy (dir.), Périples & parages. L’œuvre de Frédéric Jacques Temple , Hermann éditeurs, collection "Colloque de Cerisy", 2017. EAN13 : 9782705692797. 505 p., 221 illustrations, 41 € Depuis longtemps, l’univers poétique de Frédéric Jacques Temple n’est plus terra incognita . Il est riche d’une trentaine de livres de poèmes, de Seul à bord (1945) à Profonds Pays (2011) en passant par l’ Anthologie personnelle (1989), La Chasse infinie (1995) ou Phares, balises & feux brefs (2005), d’une quarantaine de livres d’artiste, d’essais biographiques (sur D.H. Lawrence, sur Henry Miller), de récits ou carnets de bordparmi lesquels Les Eaux mortes (1975), Un cimetière indien (1981), La Route de San Romano (1996), Beaucoup de jours (2009) et Une longue vague porteuse (2016). Jalonné de nombreux hommages, ce parcours a reçu le prestigieux Prix Apollinaire en 2013. Et la recherche universitaire lui a déjà dédié trois colloques, le premier à Nanterre en 1999, puis au monastère de Saorge, près de Nice, en 2007, et à Montpellier, en 2011. Autant de traversées qui invitaient à aller à la rencontre du poète, à découvrir son aventure de vivre et à explorer ses univers. Le présent ouvrage, issu du colloque international de Cerisy-la-Salle qui lui a été consacré en août 2015, propose à la fois une somme sur sa vie et sonœuvre et un panorama des recherches littéraires les plus récentes. Au cours du voyage, le lecteur découvrira un grand nombre de documents inédits comprenant des correspondances et des textes jamais recueillis: de larges extraits des lettres envoyées par Temple à ses parents et surtout à sa mère pendant les années de guerre; une anthologie des tapuscrits préparés pour son émission Carnet de poche; l’ensemble des lettres adressées par Blaise Cendrars à un jeune poète qui deviendra son ami; un ensemble de textes presque tous inédits, écrits par Temple pour la plupart l’année même du colloque, en 2015. L’iconographie dont s’enrichit ce volume comprend environ deux cents illustrations sous la forme de fac-similés (lettres, documents, reproductions de pagesde livres et de couvertures) et de photographies, le plus souvent inconnues. La plupart de ces illustrations proviennent de la collection personnelle du poète et de sa femme, ainsi que du Fonds Frédéric Jacques Temple, conservé à la Médiathèque centrale Émile Zola de Montpellier Méditerranée Métropole. Table des matières Voyager avec Frédéric Jacques Temple par Marie-Paule Berranger, Pierre-Marie-Héron et Claude Leroy EMBARCADÈRES De périples en parages, au cœur du monde par Claude Leroy Le déploiement d’une œuvre par Pierre-Marie Héron Latitudes et longitudes par Marie-Paule Berranger I. DÉPARTS «F. J. jusqu’à la fin des siècles». Lettres à ses parents par Gilles Gudin de Vallerin Temple sur le seuil: l'époque de la Licorne par Pierre-Marie Héron Carnet de poche (extraits) par Frédéric Jacques Temple La rencontre avec Cendrars ou Sept oncles en un par Claude Leroy «Mon cher poète». 33 lettres à Frédéric Jacques Temple par Blaise Cendrars II. PARAGES Temple dans les parages par Pierre-Alain Tâche Vendanges tardives: le «vrai fauxjournal» par Jean-Carlo Flückiger Les gens bizarres qu’on croise un jour… par Michel Collomb Portrait de l'artiste en ami lecteur par Gérard Lieber Temple et Max Rouquette, une amitié au fildutemps et des mots par Philippe Gardy Dans les courants de la poésie par Marie-Paule Berranger III. PÉRIPLES Le lait des livres par Pierre Loubier Profonds pays: géo-graphies de la mémoire par Marie Joqueviel-Bourjea Portrait du poète en Ulysse par Béatrice Bonhomme «La voix sirène de la mer» par Jacqueline Assaël Voyage et rituels de l’écriture par Ana Maria Gîrleanu-Guichard IV. LA CHASSE INFINIE Éclats et retenues: des gestes lyriques dans les livres de Temple par James Sacré Les thyrses d’Éros par Marie-France Borot Des exhalaisons de la nature aux formes de l’oraison par Émilie Frémond Écrire l’infini, écriture de l’infini par Silke Schauder Traduire la poésie Entretien de Frédéric Jacques Temple et Rino Cortiana avec Rennie Yotova V. MOI, KALÉIDOSCOPE La Route de San Romano , peinture d’une aventure par Pierre-Louis Rey Écrire en peintre par Rennie Yotova Le scénariste au béret rouge par François Amy de la Bretèque Strates de la mémoire par Birgit Wagner TEXTES INÉDITS En permission Dix-huit poèmes par Frédéric Jacques Temple Index Bibliographie Liste des auteurs Table des cahiers iconographiques Remerciements * Marie-Paule Berranger est professeur de littérature française du XX e siècle à l’université Sorbonne Nouvelle ‒ Paris 3. Pierre-Marie Héron est professeur de littérature française du XX e siècle à l’université Paul-Valéry Montpellier 3 et membre de l’Institut universitaire de France. Claude Leroy est professeur émérite à l’université Paris Nanterre.
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L'école face à la violence : décrire, expliquer, agir

Cahiers Pédagogiques - Ven, 16/06/2017 - 08:30

Cet ouvrage est un point d'étape de la recherche universitaire sur la violence scolaire en France et à l'étranger, mais c'est aussi « une œuvre de combat, d'intellectuels engagés contre tous les simplismes et les manipulations interminablement présentes avec le thème de l'insécurité ». Éric Debarbieux et les autres contributeurs font le point sur les avancées scientifiques, sur les évolutions idéologiques, en particulier la mise en évidence du lien entre apprentissages et violences.

La première partie s'intitule « Mesurer et décrire ». On y fait l'historique des enquêtes sur la violence depuis vingt ans, puis Éric Debarbieux et Benjamin Moignard rassemblent les points de vue des élèves et des personnels sur les questions de climat scolaire. Où l'on voit l'importance des conflits d'équipe et le rôle de la justice scolaire. La cyberviolence est évoquée par Catherine Blaya : ses manifestations, ses causes, les liens avec la violence traditionnelle.

Dans la deuxième partie « Expliquer et interpréter », Rami Benbenishty et Ron Avi Astor suggèrent « une approche synthétique qui conçoit la violence à l'école, le harcèlement et la sécurité à l'intersection de contextes et de niveaux écologiques multiples », les caractéristiques des élèves et des familles (variables ethniques et socioculturelles) jouant un rôle majeur.

De même, les recherches sur la violence à l'école montrent que le genre est l'un des invariants les plus pérennes et les plus robustes. Être un garçon accroit le fait d'être victime ou auteur. Plusieurs catégories de violences y dérogent : les violences à caractère sexuel (filles premières victimes), les situations de cyberviolence, etc.

Dans le chapitre « De l'ethnicisation en milieu scolaire à la radicalisation violente ? Un lien problématique », Hélène Bazex et Jean-François Bruneaud croisent leur regard de sociologue et de psychologue en expliquant comment l'école stigmatise et discrimine les populations issues des immigrations et en exposent les conséquences sur les perceptions des élèves et sur le phénomène de radicalisation.

La troisième partie est tournée vers l'action, avec l'analyse d'expériences étrangères. On y montre combien les mesures de répression abusant des exclusions temporaires et définitives sont inefficaces. Contre l'illusion de la tolérance zéro, il s'agit de porter plus d'attention à aider les élèves à régler leurs conflits, à lutter contre les disparités raciales ou ethniques et à améliorer plus généralement le climat scolaire.

Anne Wuilleumier étudie le rôle accru de la police. Entre 1986 et 2011, seize séries de mesures proposées sous la forme d'un plan national de violence à l'école ont mis la gendarmerie et la police nationale au centre du dispositif. L'auteure, à partir de la littérature évaluative internationale, met en évidence les limites des programmes policiers pour faire diminuer la violence en milieu scolaire.

Un chapitre s'adresse aux enseignants et directions d'établissements et traite d'interventions précoces pour favoriser la persévérance et la réussite des jeunes en difficulté de comportement, avec des références à la situation québécoise.

Le dernier chapitre est consacré à la formation des enseignants contre la violence à l'école. On y note la difficulté à transmettre les acquis scientifiques sur la question aux enseignants.

L'ouvrage se termine par une bibliographie de vingt-huit pages.

Cet ouvrage très dense est à lire par tous les éducateurs (enseignants, personnels de direction, conseillers principaux d'éducation, parents, animateurs, etc.) et donne une base solide sur la question à tous les étudiants en ESPÉ (école supérieure du professorat et de l'éducation).

Sylvie Fromentelle

Questions à Éric Debarbieux

Comment avez-vous sélectionné les chercheurs présents dans l'ouvrage ? Y a-t-il finalement consensus entre eux ?

Il y a d'abord un véritable réseau scientifique international qui s'est créé avec l'Observatoire international de la violence à l'école, avec six conférences mondiales depuis 2001. La bibliographie de l'ouvrage montre la productivité de ce réseau. Beaucoup de ces chercheurs ont été membres du Comité scientifique de la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire que j'ai tenté de conduire pendant trois ans. C'est une sorte de testament politique de ce comité, qui a, depuis, été remplacé par un comité d'experts. En outre, j'ai tenu à ce qu'une place soit faite à des thèmes spécifiques et à d'autres chercheurs, par exemple l'éventuel lien avec la radicalisation, d'où l'article corédigé par une psychopathologiste, qui travaille sur l'accueil des jeunes revenus de Syrie. Ce livre insiste beaucoup sur une approche préventive (avec une place centrale faite au climat scolaire), mais il ne recule pas non plus devant les questions de sécurité : gestion de la menace, science du danger et gestion des crises par exemple, mais aussi rôle de la police à l'école. Il y a un très grand consensus qui se dégage de ce livre : la nécessité d'une approche fortement intégrée où la pédagogie et la sécurité sont complémentaires, sans céder aux simplismes répressifs qui augmentent les difficultés plutôt que d'y répondre.

L'introduction a pour titre « Violences à l'école : la science contre les populismes ? ». Quelle place doivent avoir les recherches mais quelles limites aussi, face aux idées reçues et à l'idéologie sécuritaire ?

Il y a de quoi être effaré par une pensée sécuritaire simplette qui oublie que l'essentiel de la violence à l'école n'est pas d'intrusion, et que si l'on veut aider à la résolution de ce problème, il est plus important de développer un sentiment d'appartenance que de le régler par l'exclusion ou par les mirages des détecteurs de métaux et autres solutions couteuses et inefficaces. Bien sûr, il y a dans la science une part de déconstruction de ces simplismes : ainsi du chapitre sur les effets de la tolérance zéro, écrit par le chercheur qui avait exposé ses résultats lors des états généraux de la sécurité à l'école. Ou encore, il est toujours important de montrer que traiter des microviolences répétées et du harcèlement, ce n'est pas Bisounours : les cas de school shootings y sont majoritairement liés. Mais l'important est aussi que les scientifiques aident à reconstruire, à donner des pistes plus sures que ces simplismes, fussent-ils ceux de l'antipédagogie.

Quel public pensez-vous toucher avec cet ouvrage ? En quoi peut-il être utile à la formation des enseignants ?

Le public visé est celui des chercheurs et des décideurs, mais effectivement, il est aussi celui des personnels de l'Éducation nationale, en poste ou en formation : le message envoyé est très clairement l'importance du collectif, de l'équipe, et du refus du repli sur soi. J'envisage un ouvrage, en janvier prochain, qui traitera cette fois des actions dans la classe elle-même.

Depuis vingt ans, percevez-vous des évolutions positives dans la perception des acteurs et des pouvoirs publics ?

Oui, il y a des évolutions nettes. Avoir découvert la question du harcèlement à l'école a été un véritable changement de paradigme, nécessitant une approche pédagogique. Il convient de se rappeler que jusqu'en 2011-2012, il n'y avait aucune politique publique sur ce thème. Pour les crises graves, la mise en place de cellules de crise et maintenant de formations spécifiques est importante. De même, l'approche par le climat scolaire se répand, mais cela reste fragile et il y reste tant à faire, en particulier sur la formation ! Après ma démission du ministère, j'ai repris un fort travail de terrain (c'est ce qui me passionne), et le décalage est immense entre le ou les sommets de la pyramide et la réalité.

Les collègues sont lassés de la réforme « par le haut ». Il ne s'agit pas d'une « résistance au changement », cela c'est le point de vue des dirigeants, mais d'une résistance à la manière de changer. Le terrain a besoin d'une écoute véritable. Travailler sur le climat scolaire, c'est tout autant travailler sur la bienveillance pour les personnels que pour les élèves.

Un souhait pour le futur président de la République sur ce qu'il doit faire sur le sujet ?

Qu'il ne se laisse pas dévorer par les effets d'annonce suite aux faits divers. Qu'il se rappelle qu'à un problème complexe, il y a toujours une solution simple : la mauvaise. Et qu'une véritable révolution de la formation des enseignants est la priorité des priorités en éducation.

Propos recueillis par Sylvie Fromentelle

La parole des élèves

Sur la librairie

La parole des élèves
Un dossier sur la parole de l'élève à l'école : pour se construire une identité personnelle et collective ; pour penser, argumenter, apprendre, dans les disciplines, la vie de classe et d'établissement ; et pour l'intervention dans l'espace public et la représentation démocratique (délégués, conseil d'élèves, coopératif, CVC, CVL).

Categorías: Educación, Universidade

NextCloud publica a súa versión 12 con moitas novidades

Mancomun.org - Ven, 16/06/2017 - 08:00

NextCloud, a solución de almacenamento na nube de software libre que naceu como alternativa a ownCloud, vén de anunciar a súa versión 12, que inclúe moitas e importantes novidades.

Aproveitando o lanzamento preséntase a arquitectura Global Scale, que introduce un modelo máis descentralizado e eficiente o que traerá maiores posibilidades de escalado. Esta nova arquitectura foi desenvolta en colaboración con varias universidades europeas.

No apartado de comunicación en tempo real e colaboración inclúense varias melloras no sistema de chat por vídeo, no escritorio compartido ou nas notificacións, así como a posibilidade de procesar documentos de xeito compartido con Collabora Online.

Esta nova versión pon ademais o foco na seguridade, incluíndo entre outras melloras novos sistemas de autenticación, protección contra ataques de forza bruta ou limitacións de solicitudes por IP.

Por último, tamén no apartado visual hai melloras, cunha nova interface web que incorpora novas funcionalidades, así como novas aplicacións que se poden engadir de xeito opcional.

O elemento NextCloud publica a súa versión 12 con moitas novidades aparece primeiro en Mancomún.

Estados Unidos abandona el barco por un mejor planeta

ATTAC España - Ven, 16/06/2017 - 08:00

Xavier Caño Tamayo – ATTAC Madrid

Donald Trump, Presidente de Estados Unidos, ha comunicado urbi et orbe que retira a su país del Acuerdo de París contra el cambio climático. Ese Acuerdo es un pacto de 195 Estados, en el marco de Naciones Unidas, con medidas para reducir la emisión de gases de efecto invernadero y frenar al calentamiento global. El objetivo es que, para fin del siglo XXI, la temperatura global de la Tierra no supere los 2º C respecto a la de la época preindustrial.

Aunque ese Acuerdo no es el mejor, ni siquiera bastante bueno, abandonarlo es peor. Sobre todo si lo abandona el segundo país más contaminante del mundo. Porque Estados Unidos es responsable del 15% de emisión de gases de efecto invernadero, aunque su población solo sea un 4% del total.

¿Por qué el de París no es buen Acuerdo? Es muy general, con muchos agujeros. Y propone medidas que tienen demasiado en cuenta a las grandes empresas. Propuestas similares se aplicaron tras la conferencia del clima de Río en 1992 y sabemos que nada resolvieron. Kevin Anderson, especialista del clima de la Universidad de Manchester, nos ha explicado que “tras veinte años de engaños en la lucha contra el cambio climático, no rebasar los 2°C de aumento de temperatura global exige una actuación política decidida y clara”. Que no es el caso. Aún.

Si la seguridad de la gente y la protección del planeta no son prioritarios, el cambio climático no se frenará. Mientras las ganancias de empresas y corporaciones pasen por delante de evitar catástrofes, inundaciones y sequías inacabables, ese acuerdo sirve poco. Pero abandonar el acuerdo, como hace Trump, es peor. Aunque ese abandono no sorprenda cuando Trump ha osado nombrar director de la Agencia de Protección del Medio Ambiente de Estados Unidos a Scott Pruitt, un político ultraconservador ignorante en esas cuestiones que tiene la desfachatez de decir que los científicos no se han puesto de acuerdo sobre el cambio climático. Absolutamente falso. Desde los ochenta, la inmensa mayoría de meteorólogos, climatólogos, físicos y otros estudiosos del calentamiento global están de acuerdo en el diagnóstico y gravedad del ya innegable cambio climático.

Mortandad, más problemas de salud, desaparición de medios de sustento en zonas costeras y en pequeños Estados insulares por tempestades, inundaciones y subida del nivel del mar. Sequías severas e incendios muy difíciles de apagar, desbordamientos de ríos e inundaciones. Además, los expertos de la ONU advierten que aumentará el riesgo de muerte y enfermedad en los cada vez más abundantes períodos de calor extremo. Lo sabemos; en verano de 2003, una ola de calor causó en Europa la muerte de veinte mil personas más de las normales en verano. Y los fenómenos meteorológicos extremos destruirán infraestructuras vitales de suministro de agua y electricidad. Otro riesgo grave es la voluminosa reducción de la producción de alimentos. Más la dificultad progresiva de disponer de agua potable y de riego, lo que supondrá menor producción agraria y más campesinos pobres. Todo eso es lo que nos amenaza.

Frenar el cambio climático significa reducir en serio la emisión de gases de efecto invernadero. Los que producen la gasolina, diésel, carbón, gas… Ardua tarea, cierto, pero imprescindible. Y posible.

Los expertos en cambio climático de Naciones Unidas han publicado desde 1988 cinco informes sobre el calentamiento global y como afrontarlo. Los informes demuestran la gravedad del problema. No será como una película de desastres de Hollywood, en la que de repente desaparece una isla en medio de grandes efectos especiales. Los efectos nocivos del aumento de temperatura global serán más lentos, pero no menos implacables. En realidad, muchas islas del Pacífico ya han perdido terreno por elevación del nivel del mar.

Reducir de verdad las emisiones de gases de efecto invernadero exige una actuación política decidida y valiente. No hay otra. Y conseguir una conciencia colectiva de que nos va la vida de no frenar el calentamiento. Con medidas donde no prime el beneficio ni el crecimiento sin límite como motores. Donde lo que interese sea la gente, las personas, su vida, salud y bienestar. Y proteger el planeta. Porque no tenemos otro. Eso o la catástrofe está asegurada. La barbarie. La alternativa es el acuerdo global que en verdad frene el calentamiento. Y, para empezar, convencer al pueblo de EEUU que se incorpore a la batalla. O no lo contamos.

Periodista

Twitter: @xcanotamayo
¡Por razones!

Publicado en CCS, Centro de Colaboraciones Solidarias

Categorías: Alterglobalización

Figures marionnettiques, figures plastiques :Dispositifs, corps, objets (Arras)

Fabula - Ven, 16/06/2017 - 07:36
APPEL À COMMUNICATIONS Figures marionnettiques, figures plastiques : Dispositifs, corps, objets UNIVERSITÉ D’ARTOIS Laboratoire Textes et Cultures EA 4028 – Équipe interne Praxis et Esthétique des Arts Journée d’étude organisée par Julie POSTEL, Marie GARRÉ NICOARA et Amos FERGOMBÉ 17 octobre 2017 La journée d’étude s’inscrit dans les axes de recherche privilégiés de l'équipe Praxis et esthétique des arts, que sont les enjeux du corps, de la figure et de la représentation. L'objectif est d'examiner, aussi bien dans les œuvres littéraires et artistiques, les modalités de la figuration, ceux de l’incarnation du vivant – ou de ses avatars dans les arts scéniques et visuels. Ces approches portent sur l’échafaudage du vivant et questionnent des protocoles d'écriture, de simulacre ou de reconfiguration du vivant dans les expériences scéniques et artistiques contemporaines. L’art de la marionnette constitue le lieu par excellence d'un tel dess(e)in de la figure. La présence de la figure dans les arts de la marionnette met, en effet, en crise l’approche de la visibilité. La figure, au sens physique et concret, n’a cessé d’être remise en cause dans sa matérialité dans les expériences et les démarches artistiques contemporaines porteuses de nouvelles approches de corporéité. Le mode d’instauration de la figure par des artistes contemporains ouvre la voie à une reconsidération du principe d’incarnation, que la philosophe Marie-José Mondzain définit comme le « devenir image de l’infigurable». Si la marionnette est incarnation, c’est précisément parce qu’elle opère comme lieu de dépassement de la figure, mettant en lumière cette autre définition de Jean-Marie Pradier, à savoir, « les façons dont les individus donnent vie aux immatériaux mentaux par une action physique volontaire, organisée, souvent codifiée. » Cette journée s’intéressera à la manière dont se façonne et se dessine la figure. Comment une telle figure définie par sa plasticité et sa matérialité opère comme présence du vivant et se révèle porteuse d’une certaine transcendance? Interroger la marionnette impose de de s’intéresser aux dispositifs instaurateurs de présence, à la relation entre corps, objets et figures. Inscrite dans le processus de création et de représentation, la figure plastique apparaît comme corps opaque ou translucide, labile ou flottant, matière brute, livrant des états ou des effets de présence, une inscription dans le rituel de la représentation, trace des figures marionnettiques, un dessein humain. Corps, objets, dispositifs Il s’agira d’examiner la matérialité de ces formes, dans les cas d’expériences centrées sur une interaction entre le vivant et la matière , (dans les performances où le corps de l’artiste est aux prises avec l’objet, chez Johann Le Guillerm, Claude Cattelain, ou Pierre Meunier, notamment) ou de penser la matérialité même du dispositif (que l’espace soit animé, ou que les corps mis en scène soient plastiquement indissociables des dispositifs dans lesquels ils s’instaurent comme chez Philippe Genty ou les Anges au plafond). Conçus souvent comme des e spaces relationnels, ces dispositifs mettent en jeu plusieurs modalités de la relation et posent l’interaction comme fondamentale, qu’elle soit d’un corps à un autre, d’un corps à un objet, à une matière, à une image. Enfin, pour penser ces dispositifs, il sera pertinent d’analyser la manipulation du regard spectateur, les troubles des frontières entre corps, objet, et matière. Le corps de l’interprète ou du performer peut, lui-même, être envisagé dans sa matérialité (mise à l’épreuve de l’élasticité chez Alexander Vantournhout, recherches sur des états de corps proches de la pierre chez Nathalie Pernette pour La figure du gisant (2015)), posé comme désincarné comme chez Gisèle Vienne, dans une tension entre opacité et béance de l’enveloppe corporelle, ou envisagé comme une figure d’art au sens d’Oskar Schlemmer ( Dragging the bone , Miet Warlop (2014)). Il peut aussi se faire dispositif, surface à partir de laquelle émergent les figures. On pense à la performance Transfiguration (1999) d’Olivier de Sagazan. Dans Maniacs (2015) d’Ulrike Quade, mettant en scène un interprète et une love doll japonaise, il s’agit de faire porter le regard non sur l’objet poupée mais sur la relation qui lie l’humain à cet objet au statut trouble. Ces formes au croisement de la représentation et du geste plastique s’élaborent selon des modalités relationnelles multiples, labiles, faisant intervenir gestes de monstration, d’exposition, gestes techniques de déplacement des poupées ( Danse macabre (2004), Michel Nedjar et Allen Weiss) et gestes de création. Cette interaction pose aussi ces espaces comme ceux d’une circulation : qu’elle soit de la présence, de l’adresse, d’un mouvement, de la parole, comment est-elle rendue possible ? A cette circulation, s’oppose parfois un travail sur la fixité des figures : techniques d'animation immobile qui reposent sur une manipulation du regard spectateur lui permettant de s'imaginer des figures vivantes à l'endroit où des acteurs circulent simplement aux côtés de sculptures inertes, sans contact avec elles et prononçant parfois des textes dans un geste de “délégation” (François Lazaro) de la voix (voir par exemple, la création 54x13 (2014) du Morbus Théâtre) sans jamais que l'animation marionnettique ne passe par une forme de manipulation traditionnelle. Aussi conviendra-t-il de questionner comment les dispositifs de l'installation viennent renouveler les formes de présentation de marionnettes. Comment penser les notions de frontalité, de parcours du spectateur dans ces formes ? Traces de présence Il sera intéressant de questionner la façon dont certains plasticiens attentifs à l'articulation entre corps, objets et dispositifs, travaillent à l'émergence de figures à partir de leurs sculptures (ou leurs mobiles), c'est-à-dire comment leurs œuvres, lieu de frictions entre corps humains et objets, mettent le spectateur face à des présences, palpables et captivantes quoique fragiles et illusoires. L'évanescence d'une apparition, telle que celles construites par les jeux de reflets des sculptures de Markus Raetz ou par les ombres des sculptures de Mac Adams ou de Boltanski (Ombres , 1986) n'est pas sans rappeler certaines propositions de la compagnie Amoros et Augustin ou des Rémouleurs, qui travaillent avec des images en perpétuelle évolution. Outre ces apparitions de figures immatérielles, une forme de « vie lancinante » – pour reprendre l'expression de Didier Plassard - naît également de la discontinuité et de la fragmentation dans le temps : discontinuité d'un mouvement, d'un clignotement de lumière, d'une vibration sonore. Que l'on pense aux jeux de lumière dans Des Hurlements montaient le long des saules pleureurs (Clastic Théâtre, 2014) qui donnent au spectateur l'illusion d'être face à des machines de forge en activité ou, dans le champ des arts plastiques, à l'installation de Wendy Jacob, qui par un simple mouvement de dilatation et dégonflement d'un ballon d'air fait croire à une présence humaine, échouée sous un drap posé au sol. Même lorsque l'on s'éloigne de tout anthropomorphisme, comme c'est le cas par exemple avec les installations de Zimoun, Mécaniques remontées (exposées au Centquatre en 2017) , le mouvement perpétuel et aléatoire de formes géométriques parvient à provoquer une forme d'émerveillement ou d'empathie qui tient à l'identification d'humain dans du non-humain. Cette reconnaissance d'une trace d'humain peut reposer sur une illusion sensorielle ou sur une imitation du vivant – comme c'est le cas avec le courant des marionnettes hyperréalistes – mais elle peut également être de l'ordre du mémoriel, d'une esthétique de la trace . Les fragments de corps (cils, poils ou membres sculptés) intégrés aux œuvres de Giuseppe Penone travaillent à la fois sur la mise en scène du fragment (comme ruine d'un corps intègre et entier disparu ou comme germe pour un corps à inventer) et sur l'empreinte comme mise en évidence d'un corps (qui serait) passé. Si cette présence en puissance n'acquiert une dimension spectaculaire que si elle intègre une part d'imprévisibilité, qu'il s'agit parfois de faire entrer en tension avec la part de mécanique ou de programmation d'une installation d'automates comme c'est le cas dans les œuvres de Gilbert Peyre, une autre temporalité est à définir : la révélation de cette trace à l'observateur / spectateur requiert la mise en place d'un rituel. Comment l’entrée même du spectateur dans les dispositifs est-elle pensée pour permettre ce rituel ? De manière non exhaustive, quelques interrogations pourront être soulevées au cours de cette journée: Comment caractériser le type de présences émergeant de dispositifs plastiques qui ne convoquent pas directement d'humains ? Par ailleurs, quel peut être le rôle de l'humain dans des dispositifs explorant des formes d'animation immobile ? Dans ce travail, quelle place et quelle fonction occupe le corps humain aux côtés des objets et de matériaux ? Comment interagit-il avec eux ? Quid de l'adresse au spectateur dans ce type de dispositif ? Quel est le rôle du regardeur dans l'émergence – voire la détection – de ces traces de présence ? Les propositions de communication, accompagnées d’un résumé de 250-350 mots et d’une bio-bliographie, sont à envoyer avant le 31 juillet 2017 à : praxisartois@gmail.com Les communications seront d’une durée de 20 mn.
Categorías: Universidade

¿Cuál es la profundidad de la “alianza estratégica” de Rusia y China?

ATTAC España - Ven, 16/06/2017 - 06:00

Alfredo Jalife-Rahme – La Jornada  ( México 

Los presidentes de Rusia, Vladimir Putin, y de Kazajistán, Nursultan Nazarbayev, en la inauguración de la Expo 2017, el viernes pasado en Astaná, capital kazaja. Foto Afp

Los multimedia de Rusia y China suelen abundar sobre la alianza estratégica de Moscú y Pekín, que suena a metáfora, ya que se ignora el grado de su profundidad, que puede ser de carácter secreto.

La exitosa primera cumbre de la Nueva Ruta de la Seda en Pekín (B&R) refrendó la intimidad que han tejido el mandarín Xi y el zar Vlady Putin (https://goo.gl/3yyFH7).

Ya antes de la trascendental cumbre B&R de 29 mandatarios en Pekín (https://goo.gl/7icacL), Lyle J. Goldstein, profesor asociado en el Instituto de Estudios Marítimos de China en la Escuela de Guerra Naval de EU, explayó en The National In­terest que el “escenario que debe preocupar a los planificadores de defensa de EU por encima de otros (https://goo.gl/2hWHTb)” es la sombría, aunque todavía raramente discutida posibilidad de que China y Rusia pudieran de cierta manera estar comprometidos en un conflicto armado simultáneo con EU.

Han sido los dos axiomas geoestratégicos sustentados por Bajo la Lupa de que el máximo error de Obama fue haber arrojado a Rusia a los brazos de China y/o viceversa (https://goo.gl/7R36H6) y que uno de los objetivos de Trump consiste en resquebrajar la alianza estratégica de Moscú y Pekín, de la cual se ignora su verdadera profundidad (https://goo.gl/zMZ6Kz).

Goldstein aduce que ni Moscú ni China son suficientemente fuertes (sic) por ellos mismos para competir con Washington en una guerra de alta (sic) intensidad y de larga (sic) duración pero que un buen esfuerzo coordinado en conjunto pudiera sin duda causar mayores problemas a la superpotencia estadounidense a el largo plazo.

Goldstein comenta que en el nuevo mundo Moscú y Pekín se acercan cada vez más como sucedió con su convergencia geoestratégica: desde la participación de la magna delegación china de 70 personas a la reciente conferencia sobre el Ártico patrocinada por Rusia, pasando por el apoyo vocal (sic) de China a la intervención rusa en Siria, hasta la oposición de ambos al despliegue misilístico balístico de EU en Sudcorea (Thaad, por sus siglas en inglés).

Cita un artículo de un think tank chino, Hacer una Alianza con China: los Intereses Nacionales de Rusia y la Probabilidad de una Alianza de China y Rusia, lo cual constituiría una estrategia transformativa.

Cita a significativos estrategas chinos, como Zhang Wenmu, quienes pregonan que la contención de EU invita a una contracontención de China y Rusia cuando su alianza puede representar un instrumento efectivo para lidiar con la presión de EU, donde la base de los inmensos recursos naturales de Rusia es considerada por China.

Zhang Wenmu, considerado el primer “estratega marítimo ( navalist)” de China, dejó su marca en la estrategia con la construcción de un portaviones.

En su libro de 2009 Sobre el poder naval de China, Zhang aduce que su poder comercial global le obliga a detentar una poderosa armada, al estilo del estadounidense Alfred Thayer Mahan (https://goo.gl/my9AyL).

En 2014, Zhang publicó un ensayo de mucho impacto – El significado de los eventos de Ucrania para el mundo y su advertencia a China– cuando Rusia obtuvo una mayor victoria frente a Occidente debido a la maestría de Putin como gran estratega.

A juicio de Zhang, el triunfo de Rusia se debió a que Crimea es un asunto de vida o muerte, mientras que para Europa es uno más de sus varios temas importantes: por Crimea, Rusia colocaría todos sus recursos, mientras Occidente no lo haría. Juzga que la base del éxito de Putin yace en que frenó la expansión de la OTAN al Oriente.

Para Zhang el ex presidente George W. Bush o la ex secretaria de Estado Hillary Clinton sólo conocen una retórica hueca y carecen de sentido estratégico.

El pivote de Asia de EU para contener a China representa un ensayo de regresar al EU de 1950 para crear un anillo que cerque a China, por lo que la crisis de Ucrania proveyó un momento de claridad en la política mundial, donde Rusia con resolución usó su mayor recurso: su poder militar y no su softpower, por lo que China debe adoptar la misma resolución que Rusia ante EU.

La diplomacia china debe ser más muscular, ya que el comercio se encuentra profundamente impactado por la política en todos lados, por lo que China requiere ahora de un espacio de seguridad, sin el cual no podía estar seguro, y que protegería su cinturón dorado a lo largo de su costa oriental, donde Taiwán es el principal cuello de botella que impide el pleno desarrollo del poder marítimo chino, como Putin fue capaz de extender su zona de seguridad durante la crisis de Ucrania hasta el sur de Crimea cuando la OTAN no tuvo otro recurso porque Crimea se encontraba lejos del alcance de su poder.

Para el geoestratega marítimo Zhang, “el mayor error en la política exterior de EU en el nuevo siglo ha sido empujar a China en la dirección de Rusia (https://goo.gl/yrNnb4)”. ¡La misma tesis de Bajo la Lupa!

A juicio de Zhang la primera prioridad de Rusia es mejorar su economía, lo cual depende de la mejoría de sus relaciones con Europa y EU. Y predice que, debido a la fuerte presión de EU y sus aliados, China necesita un país con el que pueda tener una cooperación cercana que forme un flanco estratégico en la retaguardia que es Rusia y que será el objetivo más fundamental para la conformación de una alianza de China, que no necesariamente tiene que ser formalizada.

¿Existirá un pacto secreto entre Xi y Putin para confrontar la caduca hegemonía unipolar de EU?

Un punto clave radica en la percepción de Zhang, quien concluye que la asfixia estrategia de EU y su contención no han todavía alcanzado un nivel que sea imperativo para que China y Rusia estén listos a formar una alianza formal.

El aumento del transporte de petróleo y gas de Rusia mejorará la seguridad energética de China cuando destaca la coordinación de China y Rusia en asuntos diplomáticos delicados, como los temas de Irán y Norcorea, según Zhang, quien vaticina que el poder ascendente de Rusia le permitirá aumentar su posición dentro de una alianza, por lo que de aquí a 10 años, el potencial de una alianza de China y Rusia aumentará.

Reconoce que Rusia difícilmente requiere la ayuda de las fuerzas militares chinas, mientras que la conversión del poder económico de China en uno militar constituye un proceso lento relativamente que resulta en un retraso, cuando su ascendencia económica es más obvia.

Lyle J. Goldstein interpreta que Zhang implica que la persistente debilidad militar de China es un obstáculo (sic) para su alianza con Rusia, quizá debido a que China no se ha visto como un socio suficientemente capaz.

Russia Insider invita a la lectura del especialista Goldstein sobre la factibilidad de una alianza de China y Rusia y enfatiza cómo el pensamiento chino es sorprendentemente similar a la postura de Rusia.

Por ahora los chinos sienten que no existe necesidad ahora para una imbricada alianza formal, salvo que China y Rusia sufran mayor presión de EU (https://goo.gl/dZ9gOr).

¿Existirá una alianza estratégica secreta de Rusia y China para frenar el irredentismo de EU?

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Categorías: Alterglobalización

Numerosos muertos civiles en los ataques aéreos de EEUU sobre Raqqa

Rebelión - Xov, 15/06/2017 - 23:00
Traducido del inglés para Rebelión por Sinfo Fernández
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