Canadá: Les étudiants refusent d'«être les dindons de la farce»

Le vice-président aux Affaires externes, Alexandre Gauthier, habillé en dindon. (Photo: Stéphane Lessard)Canadá: Les étudiants refusent d'«être les dindons de la farce»

Habillé de pied en cap en dindon et flanqué de l'attaché politique de l'Association générale des étudiants de l'UQTR, le vice-président aux Affaires externes, Alexandre Gauthier a arpenté, hier, dans son costume jaune éclatant, le corridor menant à la salle du conseil d'administration de l'université.

Chacun des membres qui se rendait à la réunion, incluant le recteur, a donc reçu du dindon un exemplaire de la position de l'AGÉ sur la façon de dépenser et de gérer les surplus budgétaires.

C'est qu'un des éléments à l'ordre du jour de la réunion était justement les prévisions budgétaires pour la prochaine année.

À l'instar des professeurs qui prévoient tenir une grève de cinq jours à partir de janvier pour qu'une part des surplus budgétaires de 7,8 millions de l'UQTR serve à hausser les salaires et à embaucher de nouveaux professeurs, les étudiants veulent leur part du gâteau.

Ce qu'ils veulent aussi, c'est de savoir exactement à quoi servira la somme de 1,4 million $ que récoltera annuellement l'université avec la hausse des frais afférents.

Jusqu'à présent, explique l'AGÉ, l'université n'a accepté de ventiler que du tiers de cette somme. Or, ce mutisme face au destin des deux autres tiers soulève des inquiétudes.

Selon l'AGÉ, l'UQTR anticipe en effet un nouveau surplus 1,5 million $ pour l'année 2007-2008.

"Curieusement, la hausse des frais afférents représente un revenu de 1,4 million $ tandis que la hausse des frais de scolarité des étudiants étrangers sera de 16 % en 2008 et générera 100 000 $ de revenus. Au total, on arrive donc à 1,5 million $, soit le même montant que le surplus anticipé de l'université", explique Alexandre Gauthier.

"Les étudiants ne veulent pas être les dindons de la farce", dit-il.

L'AGÉ conteste toujours la hausse des frais afférents qu'elle juge non légitimes.

Consciente que l'université doit payer sa dette et qu'il existe d'autres demandes que les siennes au sein de l'université, l'AGÉ croit que le problème de fond est celui du désengagement de l'État dans l'éducation, plaide Alexandre Gauthier.

"Nous avions 355 professeurs en 2000 et nous étions 7000 étudiants. Nous avons actuellement 341 professeurs et nous sommes 11 000 étudiants", dit-il.

Le Nouvelliste, 19/12/07

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